1.         Ensemble monumental de Hampi (Inde) (C 241bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (i)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1999

Nouvelles informations : Le 25 janvier 1999, un expert indépendant a informé le Secrétariat qu'une autoroute et un pont sur la Tungabhadra qui traverse l'aire protégée du site du patrimoine mondial de Hampi étaient en construction. Le 8 février 1999, au cours d'une brève mission à New Delhi, un membre du personnel du Centre du patrimoine mondial s'est adressé à l'Archaeological Survey of India (ASI) et à la Commission nationale indienne pour l’UNESCO. Des photos des travaux de construction ont été fournies et l'UNESCO a fait part de sa préoccupation quant aux impacts négatifs éventuels de ces travaux publics sur l'intégrité de ce site du patrimoine mondial. De plus, il a été suggéré que les autorités indiennes envisagent d'interrompre les travaux en cours jusqu'à ce que preuve soit faite qu'ils ne sont pas gênants et qu'un rapport soit présenté par l’Etat partie pour étude par le Bureau du patrimoine mondial à sa vingt-troisième session. A ce jour, le Secrétariat n'a pas reçu ce rapport.

Action requise

Le Bureau, ayant été informé des travaux publics et privés en cours dans le périmètre du site de l'Ensemble monumental de Hampi, se déclare profondément préoccupé de cette menace déclarée à l'intégrité du site. Le Bureau recommande au Secrétariat : (a) d'organiser d'urgence une mission de suivi réactif sur le site pour évaluer la situation en étroite concertation avec l’Etat partie et des experts indépendants ; et (b) de présenter un rapport avant le 15 septembre 1999, pour étude par le Bureau, en vue de recommander l'inscription éventuelle de ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril par le Comité à sa vingt-troisième session.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1999

Résumé des précédents débats :

Vingt-troisième session du Bureau – paragraphe IV.60.

 

Nouvelles informations : Suite à la décision du Bureau à sa vingt-troisième session, une mission de suivi réactif a été entreprise par un membre du personnel du Centre du patrimoine mondial en octobre 1999, en étroite coopération avec l’Etat partie. La mission a découvert que deux ponts suspendus modernes – et non pas un seul – avaient été partiellement construits à l’intérieur du secteur archéologique protégé de Hampi. Par ailleurs, la mission a été informée qu’une mandapa historique (maison de repos en pierre comportant des piliers) au bord de la Tungabhadra, dans le village d’Anegundi, sitié dans le site protégé du patrimoine mondial et administré par le gouvernement de l’Etat du Karnataka (conformément à la loi et aux règlements de Mysore de 1961 et 1962 sur les monuments anciens et historiques et les sites et vestiges archéologiques) avait été démontée et reconstruite pour faire place à la route conduisant à l’autopont en construction.

La mission a noté que les deux ponts avaient un impact négatif sur le site du patrimoine mondial, notamment pour les raisons suivantes :

(i)                  Le grand pont à double sens réservé aux véhicules relie les secteurs archéologiques et historiques des deux anciennes capitales d’Anegundi et d’Hampi. Le second pont, réservé aux piétons, relie les monuments et sites antiques de l’Ile de Virapapura Gada et de Hampi et conduit directement à proximité de l’important temple Virupaksha de Hampi. Les deux ponts dominent l’environnement naturel et le cadre rural extraordinaires et menacent l’intégrité du site du patrimoine mondial.

Le démontage et la reconstruction d’un important monument historique à l’intérieur de l’aire protégée dénotent de sérieux problèmes dans la mise en œuvre de la politique et de la réglementation en matière de patrimoine culturel qui appellent des mesures correctives pour assurer l'authenticité du site.

(ii)                La circulation des véhicules – en particulier celle des gros camions transportant des produits agricoles et des matériaux industriels entre onze villages et de grandes villes aux alentours du site, y compris d’importantes industries de traitement du minerai de fer – va augmenter énormément car le nouveau pont est plus large et va constituer un raccourci pour toute la circulation qui traverse la Tungabhadra. La route qui part du site de construction du grand pont passe déjà par la fameuse porte d’Harishanka à Hampi mais un nouvel accroissement de la circulation, notamment des camions à usage industriel, va augmenter le risque de collision dans des monuments historiques des XVe et XVIe siècles et des vestiges archéologiques situés le long de la route. De plus, l’augmentation de la circulation va gêner, sinon rendre impossible, la recherche et les fouilles archéologiques dans des zones importantes du site du patrimoine mondial et avoir des impacts négatifs sur les habitants de l’endroits, les touristes et les visiteurs qui se rendent sur le site.

(iii)               Le second pont suspendu, réservé aux piétons, va relier les monuments historiques et vestiges archéologiques de Hampi et de l’Ile de Virapapura Gada. Cette dernière est classée comme aire protégée aux termes de la législation de protection du gouvernement de l’Etat de Karnataka. La mission a été informée que la construction de ce second pont était réalisée dans le cadre d’un plan de développement touristique établi par un promoteur privé. Etant donné les vestiges d’un aqueduc du XVIe siècle et d’un ancien réseau de canaux partant de l’Ile de Virapapura Gada, les archéologues nationaux et internationaux craignent que la mise en œuvre de l’actuel plan de développement touristique n’endommage de manière irréversible les vestiges archéologiques, avec des conséquences à l’avenir pour la recherche scientifique et la documentation des sites de l’Ile de Virapapura Gada.

La mission a eu des entretiens avec le Secrétaire en Chef et son suppléant et avec des représentants des autorités compétentes du gouvernement de l’Etat du Karnataka. La mission a également débattu de l’état de conservation du site de Hampi avec le Directeur général suppléant de l’Archaeological Survey of India et les gestionnaires du site de Hampi. Il est évident qu’il n’y a pas eu d’évaluation générale des besoins des communautés locales, de la protection du patrimoine et du développement touristique durable étayée par une solide analyse des données avant la décision de construire les ponts. La mission a noté qu’il n’y avait pas eu d’études de faisabilité avant la mise en œuvre des travaux en cours pour déterminer d’autres emplacements et conceptions possibles des ponts, y compris la réhabilitation possible des ponts de pierre du XVIe siècle qui relient Hampi, Anegundi et l’Ile de Virapapura Gada.

La mission a été informée que la construction des ponts avait été temporairement interrompue en juillet 1999 à la suite de la décision du Bureau et on l’a assurée que des mesures immédiates seraient prises pour protéger la valeur de patrimoine mondial du site. La mission a aidé à la préparation d’une demande d’assistance d’urgence pour permettre une action d’urgence et mettre en route la préparation d’un plan général de conservation, de gestion et d’aménagement. Il faut noter que l’élaboration d’un plan de gestion avait été recommandée par les experts de l’UNESCO et de l’ICOMOS depuis l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en 1986. Des débats ont également eu lieu avec des représentants de l’Etat partie sur la proposition d’inscription de ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril, pour étude par le Comité à sa vingt-troisième session.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 23 BUR IV.B.60

Après avoir reçu des informations concernant la construction d'une autoroute et d'un pont sur la Tungabhadra qui traverse l'aire protégée du site du patrimoine mondial de Hampi le Centre du patrimoine mondial s'est déclaré extrêmement préoccupé par les impacts négatifs éventuels de ces travaux publics sur l'intégrité de ce site du patrimoine mondial. L'Archaeological Survey of India (ASI) a confirmé que le pont et la route menant au pont porteraient atteinte aux monuments protégés au niveau national figurant parmi l'ensemble de Hampi, notamment le temple et la porte de Talauargattaa où passe déjà la route. L'ASI a pris contact avec le Secrétaire en chef du Gouvernement de l'Etat du Karnataka, responsable de la construction du pont. Les représentants officiels de l'ASI ont suggéré qu'il soit demandé au Secrétaire en chef d'envisager le déplacement  de l'emplacement du pont et sinon, de détourner la route afin que l'ensemble du patrimoine mondial de Hampi ne soit pas touché par la pollution et les vibrations dues aux véhicules. Les autorités de l'ASI ont informé le Centre du patrimoine mondial qu'une mission internationale d'expert sur ce site serait la bienvenue.

Le Bureau, ayant été informé des travaux publics en cours dans le périmètre du site de l'Ensemble monumental de Hampi, s'est déclaré profondément préoccupé de cette menace déclarée à l'intégrité du site. Le Bureau a recommandé au Secrétariat : (a) d'organiser d'urgence une mission de suivi réactif sur le site pour évaluer la situation en étroite concertation avec l’Etat partie, les organismes consultatifs et des experts indépendants ; et (b) de présenter un rapport avant le 15 septembre 1999, pour étude par le Bureau, en vue de recommander l'inscription éventuelle de ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril par le Comité à sa vingt-troisième session.

Décision adoptée: 23 COM VIII.1-2

VIII. 1 Après l'examen des rapports sur l'état de conservation et sur recommandation du Bureau, le Comité a décidé d'inscrire les biens naturels et culturels suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

VIII.2 Le Comité n'a pas recommandé de retirer des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

Décision adoptée: 23 COM X.B.33

X.33 Ensemble monumental de Hampi (Inde)

Le Comité a rappelé les rapports de la vingt-troisième session ordinaire et de la vingt-troisième session extraordinaire du Bureau sur l'état de conservation de ce bien et a adopté la décision suivante :

« Le Comité a étudié les conclusions de la mission UNESCO de suivi réactif et s'est déclaré sérieusement préoccupé de la construction partielle de deux ponts suspendus à l'intérieur des zones archéologiques protégées de Hampi. Il a donc décidé d'inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Etant donné les dangers vérifiés et potentiels qui menacent l'intégrité et l'authenticité du site, le Comité a demandé aux autorités nationales compétentes de l'Etat partie d'élaborer d'urgence un plan de conservation, de gestion et d'aménagement d'ensemble, avec l'assistance de l'ICOMOS et du Centre du patrimoine mondial.

Le Comité a demandé au gouvernement indien de faire rapport sur l'avancement réalisé pour réduire les dangers qui menacent le site et sur l'élaboration du plan de gestion d'ensemble, pour examen par la vingt-quatrième session du Bureau. »

L'observateur de l'Inde a exprimé la reconnaissance de son gouvernement au Comité pour son intérêt pour l'état de conservation de Hampi. Il a déclaré que la protection du site extraordinaire de Hampi, résultat de siècles d'interaction entre l'homme et la nature, n'était pas une tâche facile. Cependant, l'observateur a souligné que l'intégrité de Hampi qui s'étend sur environ 40 kilomètres comprenant des villages, des champs de bananes, des rizières, la rivière, des rochers et des monuments, devait être préservée. L'observateur a informé que le problème de la préservation des vestiges archéologiques était un exemple classique du conflit entre conservation du patrimoine et développement, et que des solutions novatrices devaient être trouvées pour résoudre ce problème. Le Comité a été informé que la construction des deux ponts avait été stoppée, mais que des mesures correctives devaient être entreprises pour supprimer les menaces pesant sur le site.

L'observateur a déclaré que l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril renforcerait la capacité de l'Archaeological Survey of India et du gouvernement de l'état du Karnataka dans leurs efforts de sauvegarde de ce site exceptionnel et assurerait sa protection à long terme. Enfin, l'observateur a demandé l'aide du Comité et du Centre du patrimoine mondial pour assurer l'intégrité du site.

Le Comité a exprimé, par acclamation, ses remerciements au gouvernement indien.