1.         Angkor (Cambodge) (C 668)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-1998)
Montant total approuvé : 113 595 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

septembre 1997: mission d’un expert-juriste

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1998

Obligations découlant de l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial

Suite à la mission d’expertise en vue de la préparation des décrets d’application indispensables à la mise en œuvre de la loi sur la protection du patrimoine culturel, il est apparu indispensable d’assurer la formation des juristes au sein du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts. Un programme de formation a été proposé aux autorités cambodgiennes lors de la session plénière du CIC.

Le Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor (CIC), dont l’UNESCO assure le Secrétariat, a vu sa session plénière reportée au 19 mai 1998.  Une réunion quadripartite s’est tenue à Phnom Penh le 27 mars 1998.  Elle a été l’occasion de faire un bilan des activités de l’APSARA (Autorité pour la protection du site et l’Aménagement de la Région d’Angkor) et de présenter les conclusions des Experts du Groupe ad hoc mandaté pour réaliser un diagnostic des travaux de restauration achevés et en cours et analyser les nouvelles propositions d’intervention sur le site. L’APSARA S’est félicitée de la version khmère – qui s’ajoute aux versions française et anglaise – du rapport APSARA/UNESCO "Angkor, passé, présent, futur" basé sur les études menées dans le cadre du projet ZEMP (Zoning and environmental management Plan).

Assistance d’urgence

Les reliquats de l’assistance d’urgence pour le temple du Pré Rup accordée sur les fonds du patrimoine mondial ont été utilisés à la maintenance du monument et au suivi de ses déformations structurelles par une équipe composée de deux architectes cambodgiens.  Cette équipe a été formée au relevé des déformations enregistrées par le  "monitoring system" mis en place sur le temple par une équipe italienne.

Une requête d’assistance d’urgence pour les douves ouest d’Angkor Vat  qui se sont effondrées suite aux pluies diluviennes de la mousson a été déposée par les autorités cambodgiennes.

Projets opérationnels

Malgré les problèmes politiques, les projets opérationnels en cours financés par les fonds-en-dépôt auprès de l’UNESCO et menés par les différentes équipes internationales évoluent à rythme normal. Il s’agit pour l’Ecole française d’Extrême-Orient des projets de restauration du temple du Bapuon et du perron nord de la Terrasse des éléphants ; le JSA (Japanese Gouvernment Team for Safeguarding Angkor) travaille à l’étude et à la restauration des Prasat Suor Prat et des "bibliothèques" nord des temples du Bayon et d’Angkor Vat ainsi qu’à l’élaboration d’un schéma directeur pour le Bayon. La phase 2 du projet de restauration du temple du Pré Rup et la dernière phase d’intervention sur le temple du Preah Ko sont en cours de préparation. Au sein du laboratoire photographique de la Conservation d’Angkor, un département d’imagerie numérique est en cours d’installation. Le projet de formation à l’Université Royale des Beaux-Arts de Phnom Penh s’achèvera pour l’année académique 1997-98 en juin 1998.

A titre bilatéral, le World Monument Funds (Etats-Unis) continue son action sur le temple du Preah Khan et l’Université de Sophia (Japon) sur le temple de Banteay Kdei et sur la chaussée d’Angkor Vat. Un projet de conservation des Apsaras d’Angkor Vat est mené par la Facchochschule de Cologne (Allemagne). Un projet de restauration de la Porte est du Palais royal est actuellement mis en œuvre par l’équipe gouvernementale indonésienne. La JICA (Japan International Co-operation Agency) s’investit d’une part dans une étude sur les ressources en eau dans la région de Siem Reap et d’autre part, sur la préparation d’une carte topographique du parc archéologique d’Angkor.

Trafic illicite

L’UNESCO et le CIC restent très vigilants sur cette question et les efforts mis en œuvre pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels ont permis d’obtenir des résultats concrets : quatre cas de restitution ont été enregistrés en 1997 et plusieurs procédures et demandes de restitution sont à l’étude. En outre, la Police du patrimoine est intervenue dans plusieurs cas de répression  de délits concernant des oeuvres d’art dans la région de Siem Reap. La procédure de ratification de la Convention Unidroit, signée par le Cambodge le 24 juin 1995, est en cours.

Promotion et publications

L’exposition intitulée "Mémoires d'Angkor", organisée par l’UNESCO et la Délégation du Royaume du Cambodge auprès de l’UNESCO, a été invitée par le Musée Départemental de l’Abbaye de Saint-Riquier (France) du 7 mars au 26 mai 1998. De nombreuses conférences ont été organisées dans ce cadre. Un ouvrage sur les comportements structurels des temples khmers a été publié par l’UNESCO en avril 1998. Un ouvrage sur l’épigraphie du monde khmer paraîtra en 1998.

Action requise

Le Bureau constate avec satisfaction les efforts permanents de l'UNESCO pour mobiliser la coopération internationale en faveur de la protection, de la préservation et de la présentation du site d'Angkor, spécialement par l'intermédiaire du Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site d'Angkor. Le Bureau prie toutefois l'UNESCO de poursuivre son travail de renforcement des activités de formation pour développer les capacités nationales, en particulier par des mesures pour empêcher et prévenir le trafic illicite de biens culturels. A cet égard, alarmé par des reportages sur le pillage présumé de biens culturels de sites d'importance nationale, le Bureau prie l'Etat partie de présenter à la vingt-deuxième session du Comité un rapport résumant les initiatives prises pour préparer un inventaire national de biens culturels et les mesures juridiques et de contrôle adoptées par le gouvernement pour protéger les biens culturels d'Angkor et d'autres sites figurant sur la Liste indicative.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1998

1. Obligations découlant de l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial

Suite à la mission d'expertise en vue de la préparation des décrets d'application indispensables à la mise en œuvre de la loi sur la protection du patrimoine culturel, il est apparu indispensable d'assurer la formation des juristes au sein du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts. Le programme de formation, proposé aux autorités cambodgiennes lors de la session plénière du Comité international de coordination (CIC), est en cours de préparation. La session technique du Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d'Angkor (CIC), dont l'UNESCO assure le Secrétariat, se réunira en décembre 1998.

2. Assistance d'urgence

Les études hydrogéologiques des douves d'Angkor, financées dans le cadre d'une demande d'assistance d'urgence acceptée par le Bureau du patrimoine mondial en juin 1998, sont en cours de réalisation.

3. Projets opérationnels

Les projets opérationnels en cours financés par les fonds en dépôt auprès de l'UNESCO et menés par les différentes équipes internationales évoluent à un rythme normal. La phase II du projet de restauration du temple du Pré Rup, dont le financement a été accepté par le Gouvernement italien à travers son fonds en dépôt auprès de l'UNESCO, débute en novembre 1998. D'une durée d'un an, ce projet permettra la consolidation des trois tours sud-est ainsi que l'étude structurelle des cinq tours supérieures. Au sein du laboratoire photographique de la Conservation d'Angkor, un département d'imagerie numérique est en cours d'installation. Il s'accompagne d'un projet de formation de jeunes photographes nationaux aux techniques de la numérisation. Le projet de formation dans les facultés d'architecture et d'archéologie à l'Université Royale des Beaux-Arts de Phnom Penh, financé par le fonds en dépôt japonais auprès de l'UNESCO, continue pour l'année académique 1998/99.

A titre bilatéral, la dernière phase d'intervention sur le temple du Preah Ko, dont le financement est assuré par le Gouvernement allemand, reprend en novembre 1998.

4. Trafic illicite

En plus du travail en cours dans le domaine de la législation, l'UNESCO et le CIC restent toujours vigilants sur cette question. En matière d'initiatives prises pour préparer un inventaire national des biens culturels, le Ministère de la Culture et des Beaux-Arts travaille au dégagement et à la mise sous surveillance des sites de Sambor Prei Kuk et Beng Mealea. Pour sa part, l'UNESCO soutient le projet de cartographie archéologique entrepris par l'Ecole française d'Extrême-Orient.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 22 BUR V.A.14

Le Bureau s’est déclaré satisfait du rapport du Secrétariat et des efforts permanents de l’UNESCO pour mobiliser la communauté internationale pour la protection, la préservation et la présentation du site d’Angkor, spécialement par l’intermédiaire du Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor. 

Le Bureau a toutefois demandé à l’UNESCO de poursuivre son travail de renforcement des activités de formation pour développer les capacités locales et nationales, en particulier en ce qui concerne des mesures pour empêcher et prévenir le trafic illicite de biens culturels. A cet égard, alarmé par des reportages sur le pillage présumé de biens culturels de sites d’importance nationale, le Bureau a prié l’Etat partie de présenter un rapport à la vingt-deuxième session du Comité. Ce rapport devrait résumer les initiatives prises pour préparer un inventaire national des biens culturels et les mesures juridiques et de contrôle adoptées par le gouvernement pour protéger les biens culturels d’Angkor et d’autres sites figurant sur la Liste indicative.

Le Bureau a souligné le besoin important de lutter contre le trafic illicite de biens culturels, non seulement au niveau national mais aussi au niveau international. A cette fin, le Bureau a incité les Etats membres de l’UNESCO à ratifier les instruments juridiques existants pour empêcher le trafic illicite de biens culturels, tels que la Convention de l’UNESCO concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels (1970) et la Convention sur les objets culturels volés ou illégalement exportés (1995).

Décision adoptée: 22 COM VII.16

VII.16 Angkor (Cambodge)

Le Directeur de la Division du Patrimoine culturel de l'UNESCO a rendu compte de l'avancement des opérations de sauvegarde du site d'Angkor inscrit simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1992. Il a rappelé que l'assistance internationale pour Angkor relève d'un Comité international de coordination, sous la coprésidence des ambassadeurs du Japon et de la France à Phnom Penh, dont le secrétariat est assuré par l'UNESCO. Ce Comité se réunit périodiquement pour définir les priorités, inspecter les travaux de conservation sur le site et mobiliser les fonds nécessaires. M. Bouchenaki a ajouté que les efforts internationaux pour la sauvegarde d'Angkor en font aujourd'hui de ce site le plus vaste atelier de conservation au monde.

Parmi les priorités fixées par le Comité international de coordination pour 1998, avec l'appui des ministres d'Etat et de la Culture du Cambodge, figurent les études hydrologiques des douves d'Angkor financées au titre de l'assistance d'urgence dont le Bureau du Comité du patrimoine mondial a approuvé le montant en juin 1998. Le Directeur a indiqué que les projets en cours financés par les fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO et gérés par les différentes équipes internationales, se poursuivent normalement. La phase II du projet de restauration du temple du Pre Rup que finance le gouvernement italien avec son fonds-endépôt auprès de l'UNESCO commencera en novembre 1998. Un département d'imagerie numérique est aussi en cours d'installation au laboratoire photographique de l'Office de Conservation d'Angkor, avec l'assistance internationale de l'UNESCO.

Le Directeur a indiqué, en outre, qu'un projet de restauration du temple du Preah Ko financé dans le cadre d'un accord bilatéral, reprendra en novembre 1998.

En commentant le rapport du Secrétariat, le délégué du Japon a annoncé que les activités comprises dans la "Première phase de sauvegarde d'Angkor" seraient achevées au printemps 1999 et financées par le gouvernement japonais qui versera une contribution de 10 millions de dollars au fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO. La "Deuxième phase" qui débutera en juin 1999, sera financée grâce à une contribution supplémentaire de 10 millions de dollars que le Japon s'est engagé à verser sur six ans, et aussi par ce fonds-en-dépôt. Le délégué du Japon a demandé de maintenir une coordination plus étroite entre le Centre et la Division du Patrimoine culturel dans la mise en oeuvre des activités d'assistance internationale à Angkor.

Intervenant en sa qualité de délégué de la Hongrie, le Rapporteur a demandé que la documentation sur les activités entreprises dans le cadre de l'assistance internationale, et qui est régulièrement préparée pour le Comité international de coordination d'Angkor, soit mise à la disposition du Comité. Il a expliqué qu'une documentation de ce type - notamment les données topographiques - a aussi son importance pour le suivi périodique. Le délégué de la France a fait remarquer que, dans le cas d'Angkor, l'assistance est coordonnée au niveau international avec les contributions de nombreux pays donateurs, dont la France, et que c'est là un facteur important que le Comité ne doit pas perdre de vue.

Le délégué de la République de Corée a signalé qu'en dépit des moyens considérables déployés par la communauté internationale à Angkor, cela n'aura pas l'effet escompté pour la sauvegarde du site à moins que le gouvernement cambodgien et la communauté internationale fassent preuve de plus de diligence pour empêcher les vols et le trafic de biens culturels en provenance d'Angkor. Il s'est enquis des garanties de transparence et de l'utilisation judicieuse des sommes considérables versées pour la sauvegarde d'Angkor.

L'Italie a appuyé la nécessité de veiller à empêcher le trafic illicite des biens culturels en rappelant les dispositions de la Convention UNIDROIT à cet égard.

La Thaïlande a expliqué les mesures positives qui ont été adoptées pour mettre fin au trafic illicite transfrontalier de biens culturels du Cambodge vers la Thaïlande.

Le Directeur de la Division du patrimoine culturel a expliqué les formes de soutien de l'UNESCO dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels en provenance du Cambodge. Il a aussi précisé que les fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO sont soumis à des audits internes et externes.

Le Rapporteur, intervenant en sa qualité de délégué de la Hongrie, a également observé que la Convention UNIDROIT commençait à être appliquée dans les pays où sont écoulées les pièces destinées au marché de l'art, comme dans les pays qui alimentent ce marché, se référant spécifiquement au retour par le Metropolitan Museum de New York d'oeuvres d'art soupçonnées d'avoir été volées.

Le Comité a pris note du rapport du Secrétariat concernant Angkor et s'est félicité des efforts permanents du Comité international de coordination pour mobiliser l'appui international en faveur d'Angkor. Il s'est déclaré satisfait des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des divers projets de restauration et de formation. Il a demandé à l'Etat partie et au Secrétariat de poursuivre leur travail en préconisant des mesures afin d'empêcher le trafic illicite de biens culturels et de le tenir informé des suites données à cet égard.

Le Comité a décidé de maintenir Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

Décision adoptée: 22 BUR VIII.1