1.         Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne (Soudan) (C 1073)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1073/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2005)
Montant total approuvé : 68 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1073/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2004, 2006, 2007 : missions du Centre du patrimoine mondial ; février 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1073/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’État partie n’a pas soumis de rapport sur l’état de conservation du bien comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session (UNESCO, 2011). Aucune information n’est par conséquent disponible sur la mise en œuvre éventuelle par l’État partie d’actions de suivi des conclusions de la mission de suivi réactif de 2011 dont le rapport soulignait les trois principaux sujets suivants :

a)  Détérioration du bien en raison d’une exposition à des conditions environnementales difficiles

La mission a recommandé qu’un système de suivi efficace soit mis en place dans chacune des cinq composantes du bien, en comparant les preuves photographiques les plus anciennes aux plus récentes pour définir les bases du suivi à entreprendre. Elle a également recommandé qu’aucune intervention majeure de conservation ne soit envisagée ou menée à bien entre temps, avant que le processus de détérioration ne puisse être mieux documenté et que des actions appropriées ne soient identifiées dans le cadre d’un consensus plus large entre experts nationaux et internationaux. Elle a par ailleurs recommandé que des études sur la capacité d’accueil des sites soient menées afin de définir un chiffre maximum de visiteurs à accueillir chaque jour.

En 2011, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’établir un système de contrôle et de suivi continus à mettre en œuvre immédiatement afin de garantir une stabilité pérenne des structures, des vestiges archéologiques et des peintures murales. Le Comité a également demandé à l’État partie de s’abstenir de planifier ou d’engager des projets de restauration avant d’avoir obtenu une documentation plus précise sur les processus de détérioration, grâce aux données recueillies par le système de contrôle..

b)  Mise en œuvre du plan de gestion du bien

Étant donné le manque de ressources humaines et financières de la Corporation nationale des antiquités et des musées (National Corporation of Antiquities and Museums – NCAM), la mission a recommandé qu’une session de renforcement de capacités soit organisée pour le personnel de la NCAM et pour les parties prenantes locales concernant la mise en œuvre du plan de gestion. En 2011, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de mettre en œuvre dès que possible le plan de gestion de 2007, en renforçant la structure en charge de la gestion et le personnel présent sur le bien, en fournissant à ce personnel un résumé analytique du plan en langue arabe et en élaborant un plan d’action révisé, détaillé et chiffré assorti d’un calendrier précis et d’une définition des responsabilités de chacun dans la mise en œuvre du plan. Le Comité du patrimoine mondial a prié instamment l’État partie de s’assurer que le personnel des sites et les autres parties prenantes voient leurs capacités suffisamment renforcées afin de pouvoir mettre en œuvre le plan de gestion de manière efficace.

c)  Empiètement urbain et autres projets de développement

La mission a constaté la pression exercée par des projets d’aménagement touristique sur le territoire du bien et de sa zone tampon potentielle. Un nouveau projet d’hôtel était en cours et les travaux préliminaires avaient déjà été entrepris lors de la visite de la mission en 2011, dans un lieu situé à portée de vue du bien. La mission a également constaté que les zones tampons n’avaient pas encore été définitivement délimitées et qu’il n’existait aucune réglementation en matière de contrôle de la planification pour ces zones. La mission a estimé qu’il était essentiel que la procédure de création de zones tampons soit finalisée et que celles-ci demeurent exemptes de toute construction afin de garantir l’absence de tout impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Suite à des discussions avec les autorités locales, la mission a recommandé qu’un courrier soit envoyé par le Centre du patrimoine mondial insistant sur la nécessité d’établir des mesures de contrôle de la planification destinées à garantir que le bien et ses alentours demeurent libres de toute nouvelle construction ou de tout projet d’aménagement. Ce courrier a été envoyé le 14 avril 2011 mais est resté sans réponse. Néanmoins, au début de 2012, l’Etat partie a soumis une requête d’assistance internationale pour l’établissement d’un système de contrôle, mais incomplète, laquelle n’a pas été soumise à nouveau.

La mission a également évoqué l’impact négatif de la route située à quelques dizaines de mètres de la zone des pyramides de Gebel Barkal sur les valeurs associées au site, y compris les valeurs spirituelles. La mission a suggéré qu’un projet de nouvelle route soit envisagé aux limites de la zone tampon.

La mission a également examiné les impacts potentiels du projet de construction d’un barrage sur le Nil, à la hauteur de la quatrième cataracte. Elle a conclu qu’en dépit de l’absence d’impact visuel direct sur le bien du patrimoine, il était nécessaire de mettre en place un suivi des sites, en particulier des variations de températures et de niveaux d’eau liées aux modifications de la nappe phréatique. La mission a également recommandé que les impacts cumulatifs du projet de barrage soient envisagés sur le long terme car ils pourraient avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’achever dès que possible la délimitation des zones tampons et de contrôle de la planification dans ces mêmes zones afin de garantir que toute pression exercée par les aménagements touristiques, urbains et d’infrastructures n’ait pas d’impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Il a également été demandé à l’État partie de remettre avant le 1er décembre 2011, dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif, des cartes topographiques détaillées des cinq composantes du bien et de soumettre, avant le 1er février 2012, une proposition de modification mineure des limites pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012. À ce jour, aucun de ces documents n’a été soumis.

Le 4 juillet 2012, l’État partie a envoyé un courrier au Centre du patrimoine mondial pour l’informer du lancement du Projet archéologique Soudan-Qatar (Qatar-Sudan Archeological Project – QSAP), un projet de grande envergure financé par le Qatar pour la promotion de l’archéologie au nord du Soudan. Le projet QSAP vise à financer des missions archéologiques dont le but est d’étudier, de protéger, de conserver et de présenter les sites. Il prévoit également des actions de conservation et de promotion des pyramides de Meroe, de Gebel Barkal, de Nuri et de Kurru. Aucun détail et aucune caractéristique technique des actions envisagées pour les composantes du bien n’ont été communiqués. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souhaitent recommander au Comité du patrimoine mondial d’exprimer sa préoccupation quant à l’absence de rapport soumis par l’État partie sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des mesures recommandées par la mission de suivi réactif de 2011. Ils souhaitent rappeler le besoin urgent de rendre le plan de gestion opérationnel et d’établir un système de suivi général du bien, deux actions nécessaires à une meilleure compréhension sur le long terme des exigences en matière de conservation du bien. Ils souhaitent également souligner la nécessité pour l’État partie de tenir compte des préoccupations liées aux pressions exercées par le développement urbain et touristique, en particulier les projets de grande envergure, et ce, afin de garantir qu’ils n’ont pas d’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Enfin, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que le projet QSAP offre à l’État partie l’opportunité de renforcer la protection et la conservation du bien. Ils rappellent néanmoins l’importance de déterminer avec précision le rythme et la portée des mécanismes de dégradation afin que des mesures appropriées soient mises en œuvre. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.57 , adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Regrette que l’État partie n’ait soumis ni rapport, ni carte topographique détaillée des cinq composantes du bien, comme demandé ;

4.  Exprime sa préoccupation quant à l’absence d’informations sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2011 ;

5.  Prie instamment l’État partie de mettre en œuvre les actions définies et requises dans les paragraphes 4, 5 et 6 de la décision 35 COM 7B.57 , adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011) ;

6.  Réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il remette, dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif, des cartes topographiques détaillées des cinq composantes du bien d’ici le 1er décembre 2013  ;

7.  Réitère également sa demande auprès de l’État partie afin qu’il finalise dès que possible la délimitation des zones tampons et la mise en application des mesures de contrôle associées afin de garantir que les pressions exercées par le développement touristique, urbain et d’infrastructures n’ait pas d’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et, qu’il soumette une modification mineure des limites d’ici le 1er février 2014 pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;

8.  Encourage l’État partie à profiter de l’opportunité offerte par le Projet archéologique Soudan-Qatar (Qatar-Sudan Archaeological Project – QSAP) pour traiter les questions ci-dessus et demande à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives informés de tout projet important de conservation, de restauration et d’aménagement lié au bien ;

9.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.