1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; août 2008 : mission du Centre du patrimoine mondial.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 28 mars 2013, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Dans ce rapport, l’État partie confirme que le bien n’a pas eu à souffrir directement du conflit de 2011 mais que des dommages « indirects » liés au vandalisme sont à déplorer, notamment dans le Palais de Jason Magnus où les mosaïques des quatre saisons ont été vandalisées et où deux emblèmes représentant les saisons ont été volés. Depuis la fin du conflit, le nombre de dégradations causées par la main de l’homme a augmenté, en particulier des actes de vandalisme, des graffiti sur les monuments et une érosion provoquée par un accès et une circulation incontrôlés sur le site. Le manque de contrôle et d’entretien pendant le conflit occasionné par la réduction du nombre d’employés, déjà limité avant le conflit, a encouragé ces phénomènes. Par ailleurs, l’empiétement urbain s’est accru, favorisé par l’extension de la ville voisine de Shahat et par des constructions inopinées sur des secteurs du site qui ne sont pas contrôlés menaçant ainsi l’intégrité du bien.

a)  Renforcement des capacités

Depuis la fin du conflit, le Département des antiquités a pu bénéficier de l’aide apportée par l’UNESCO qui a lancé deux projets d’urgence en 2012. Le premier d’entre eux, financé par le Gouvernement italien, est appelé Programme de protection et de promotion du patrimoine culturel libyen. Il envisage de faire de Cyrène le site pilote pour la Cyrénaïque de la mise en œuvre de cours de formation technique sur la documentation, la conservation, la présentation et l’interprétation du bien, sur les campagnes de sensibilisation des communautés à l’empiétement urbain et à la construction incontrôlée de bâtiments et sur l’utilisation des terres et les problèmes liés aux paysages naturels et à l’environnement. Ce projet dont la mise en œuvre devrait débuter dans les mois prochains permettra également de faire appliquer les règles de sécurité sur le bien et de former les gardiens. Le second projet, appelé Interventions d’urgence pour sécuriser les musées et les sites de Libye, est financé par la Libye elle-même. Il vise à réparer les dégâts constatés sur les mosaïques du Palais de Jason Magnus tout en renforçant les mesures de sécurité. Le personnel du Bureau du contrôleur du site de Cyrène a également bénéficié de sessions de formation en documentation et en gestion de l’information. Le nombre d’employés affectés à ce bureau a nettement augmenté depuis janvier 2013. Il est également prévu de signer un accord de coopération avec le Département d’archéologie de l’Université de Bayda afin de mettre en place un travail commun de protection du bien et de poser les jalons d’un renforcement de capacités à long terme. Enfin, l’État partie annonce que des actions de sensibilisation à destination des visiteurs seront menées afin de prévenir tout acte de vandalisme.

b)  Plan de gestion et de conservation

La phase d’élaboration participative d’un projet de plan de gestion du bien a débuté en coordination avec l’UNESCO et avec le soutien de la Banque mondiale.

En ce qui concerne la conservation du site, le Département des antiquités prévoit d’organiser en 2013 deux missions préliminaires d’évaluation technique en collaboration avec l’UNESCO. Leurs objectifs sont d’évaluer le niveau de dommages causés au site et d’identifier les niveaux de ressources nécessaires (humaines, techniques et matérielles) afin d’établir un programme de formation dans différents domaines et d’élaborer un plan complet de conservation du bien dont une des grandes composantes aborderait les problèmes liés aux restaurations passées non conformes.

c)  Limites du bien

 

Le rapport de l’Etat partie indique que le relevé cartographique du site par les services du Bureau du contrôleur de Shahat est en cours. Le but est de « cartographier l’extension du site et en identifier les limites afin de rendre la démarcation du bien et de sa zone tampon plus facilement défendable face au développement de la construction au sein même du territoire du bien tel qu’il a été précédemment défini ». Cet objectif devra sans doute être précisé par l’État partie afin que la procédure soit menée en conformité avec les Orientations.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des efforts accomplis par l’État partie depuis la fin du conflit afin d’améliorer la protection et la conservation du bien en étroite collaboration avec l’UNESCO. Cela concerne les efforts de renforcement du Bureau du contrôleur de Cyrène en matière de personnel et de moyens techniques afin d’accomplir sa mission ainsi que les efforts accomplis dans la mise en œuvre des autres recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de janvier 2007. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souhaitent cependant rappeler la nécessité d’établir un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien qui accorde une attention toute particulière aux principaux attributs qui transmettent sa valeur universelle exceptionnelle. Enfin, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souhaitent également rappeler que l’ensemble des actions mises en œuvre ou prévues doit s’inscrire dans le cadre d’un plan global de conservation et de gestion qui identifie précisément les limites du bien et de sa zone tampon. Ce plan devrait être achevé dans les meilleurs délais et soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.

Décision adoptée: 37 COM 7B.53

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.54 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Félicite l’État partie des progrès accomplis dans le renforcement de la protection et de la conservation du bien ainsi que dans la mise en œuvre des autres mesures recommandées par la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de janvier 2007 ;

4.  Remercie tous les donateurs et partenaires qui ont soutenu techniquement et financièrement l’État partie dans ses efforts visant à renforcer la protection du bien et à améliorer son état de conservation, et, les invite à poursuivre leur soutien à ces actions ;

5.  Demande à l’État partie de compléter dès que possible le plan de gestion et de conservation et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;

6.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif, une carte délimitant avec précision les limites du bien ainsi que les mesures réglementaires prévues pour garantir la protection du bien ;

7.  Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015 , un rapport sur l’état de conservation du bien qui accorde une attention toute particulière aux principaux attributs porteurs de sa valeur universelle exceptionnelle, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.