1.         Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda (Gabon) (C/N 1147rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (iii)(iv)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2006)
Montant total approuvé : 38 600 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Menaces identifiées lors de l'inscription du bien en 2007:

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le site a été inscrit lors de la 31e session du Comité du patrimoine mondial (Christchurch, 2007). Au moment de l’inscription, le Comité du patrimoine mondial avait fortement recommandé à l’Etat partie de s’assurer qu’une grande priorité soit accordée à l’affectation d’un ou de plusieurs membres du personnel convenablement formé à la gestion des sites archéologiques et des paysages culturels. Au moment de l’inscription, l’évaluation par l’UICN indiquait que les valeurs naturelles seraient gérées par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN).

En mai 2012, le Centre patrimoine mondial a été informé du « Projet d’aménagement routier Alembé-Mikouyi » et a demandé à l’Etat partie de soumettre une étude d’impact sur le patrimoine culturel concerné par le projet. En l’absence d’information, le Centre du patrimoine mondial a renouvelé cette requête dans un courrier date du 4 avril 2013.  

a)  Gestion et conservation du bien

Dans sa décision 31 COM 8B.54, le Comité du patrimoine mondial a fait plusieurs demandes à l’Etat partie afin d’assurer la conservation et la protection du site. Mais depuis l’inscription, aucune structure chargée d’assurer une gestion égale des valeurs naturelles et culturelles pour lesquelles le bien avait été considéré n’a été créée. De plus, aucune information n’a été fournie par l’Etat partie sur la présence du personnel formé et spécifiquement dédié à la conservation des sites archéologiques, dont les pétroglyphes de nature fragile nécessitent le renforcement des mesures de conservation préventive et des travaux de redressement, ainsi qu’un suivi adapté. De plus, aucune information n’a été fournie concernant l’approbation de la nouvelle proposition de loi sur les Parcs nationaux et sur les mesures en vue de son application afin d’améliorer la gestion du bien.

b)  Projet d’aménagement routier Alembé-Mikouyi

En mai 2012, le Centre du patrimoine mondial a pris connaissance d’une étude sur l’impact environnemental et social des travaux du « Projet d’aménagement routier Alembé-Mikouyi », commanditée par la société China Road Corporation and Bridge, contractée par l’Etat partie. Tous les sites culturels sont concentrés dans la partie nord du site, le long de la vallée bordant la route en question.

 

Cette étude fait état de trois possibles impacts qui pourraient altérer l’intégrité du bien : (i) l’altération des paysages et du cadre de vie ; (ii) les risques de pollution des eaux de surface et des eaux souterraines ; (iii) la perte de végétation. Elle ne mentionne pas l’impact sur les sites archéologiques, qui pour la plupart sont situés le long de ce tronçon routier, ni les mesures pouvant atténuer les effets néfastes du projet sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Constatant que les travaux d’aménagement de ce tronçon et leurs impacts tels que présentés dans l’étude, poseraient un réel danger pour le bien, le Centre du patrimoine mondial a adressé, le 27 juillet 2012, un courrier à l’Etat partie, lui demandant de soumettre une étude révisée, avec une analyse des impacts négatifs des travaux d’aménagement prévus sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, ainsi que les mesures envisagées pour les atténuer. Le Centre a recommandé que cette étude révisée se focalise plus particulièrement sur les zones archéologiques d’Elarmekora et de Kongo Boumba. Le Centre du patrimoine mondial a de nouveau adressé à l’Etat partie une lettre, datée du 4 avril 2013, renouvelant sa demande d’une étude révisée. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives proposent que le Comité du patrimoine mondial exprime sa préoccupation concernant le projet d’aménagement de la route Alembé-Mikouyi qui pourrait avoir un impact sur les sites archéologiques qui ont justifiés l’inscription du bien sous les critères culturels. Ils rappellent également l’urgence que soient soumises l’étude d’impact environnementale révisée et l’étude d’impact sur le patrimoine, qui sont nécessaires à l’évaluation des dommages que pourrait avoir le projet routier Alembe-Mikouyi sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils recommandent la suspension du projet jusqu’à l’évaluation de cette analyse.

D’autre part, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives s’inquiètent de l’absence d’une structure chargée d’assurer une gestion égale des valeurs naturelles et culturelles pour lesquelles le bien avait été considéré. Ils sont d’avis que cette situation n’est pas à même de garantir de bonnes conditions de gestions de toutes les pressions de développement auxquelles le bien est aujourd’hui confronté. Ils considèrent également que si cette situation n’est pas réglée à très court-terme, il sera très difficile de contrôler les pressions de développement futures, et la valeur universelle exceptionnelle du bien pourrait 

Décision adoptée: 37 COM 7B.33

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 31 COM 8B.54 adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3.  Exprime sa grande préoccupation concernant le projet d’aménagement de la route Alembé-Mikouyi qui pourrait avoir un impact sur le bien ainsi que sur le fait qu’aucune information sur la mise en œuvre des principales recommandations de la décision 31 COM 8B.54 n’aient été mises en œuvre, notamment celles sur la création d’une autorité de gestion, sur l’approbation de la Loi sur les Parcs nationaux et sur la formation du personnel spécifiquement dédié à la conservation des sites archéologiques, n’ait été communiquée au Centre du patrimoine mondial;

4.  Prie instamment l’Etat partie de créer cette autorité de gestion et de nommer un gestionnaire du bien qui aura pour mission d’assurer la conservation égale des valeurs culturelles et naturelles du bien ;

5.  Réitèresa demande à l’Etat partie qu'une priorité majeure soit accordée à l'affectation d'une ou plusieurs personnes correctement formées afin de renforcer les mesures de conservation préventive et conduire les travaux de redressement sur les sites archéologiques ;

6.  Demande à l’Etat partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial, l’étude révisée d’impact environnemental et social et l’étude d’impact sur le patrimoine sur le projet d’aménagement routier Alembé-Mikouyi, pour examen par les Organisations consultatives ;

7.  Demande également à l’Etat partie de ne pas engager les travaux prévus, tant que les informations complémentaires demandées n’auront pas été soumises au Centre du patrimoine mondial ;

8.  Demande en outre à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.