1.         Le Caire historique (Égypte) (C 89)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1999)
Montant total approuvé : 398 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : compte spécial pour la sauvegarde du patrimoine culturel égyptien : 2 203 304 dollars EU alloués pour le projet de réhabilitation urbaine du Caire historique (URHC).  Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/activites/663

Missions de suivi antérieures

Août 2002 et mars 2005 : missions de suivi réactif de l'ICOMOS ; avril et décembre 2007 : missions du Centre du patrimoine mondial concernant le « Cairo Financial Centre » ; octobre 2008 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; 2009-2013 : plusieurs missions du Centre du patrimoine mondial pour le projet URHC. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 20 février 2013, l’État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial un rapport sur l’état de conservation du bien répondant à certains des points soulevés par le Comité du patrimoine mondial dans la décision 36 COM 7B.51. Il fait notamment part de progrès accomplis dans la révision des mesures de protection existantes pour les zones de valeur singulière (L.119/2008, Loi sur la construction et décrets d’application) par l’Organisation nationale pour l’harmonie urbaine en coopération avec le projet de l’UNESCO de réhabilitation urbaine du Caire historique (URHC). Le rapport annonce également la création d’un comité national pour l’ensemble des biens du patrimoine mondial d’Égypte, considérée comme un premier pas vers la mise en place d’un système de gestion pour le Caire historique, dont la définition doit être complétée dans les mois à venir en étroite consultation avec les parties prenantes impliquées dans la protection du bien, ainsi qu’avec le projet URHC.

Aucune mention n’est faite dans le rapport d’un quelconque avancement aussi bien dans l’achèvement de la révision de la clarification des limites du bien que dans la soumission d’un projet révisé de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle.

Le rapport de l’État partie évoque la situation politique actuelle en Égypte qui, jusqu’à présent, n’a pas permis de voir de changements positifs et met au contraire le bien en péril, en raison des difficultés à contrôler la situation en cette période de transition. Il mentionne en particulier la présence d’un grand nombre de constructions illégales érigées avec des matériaux et selon une conception architecturale incohérents, dépassant surtout les hauteurs spécifiées dans les réglementations pour Le Caire historique. Ces constructions illégales sont en béton armé ce qui rend très difficile leur élimination. De nombreuses décisions ont été prises en 2012 concernant l’enlèvement des constructions illégales au sein du Caire historique mais les autorités administratives n’ont pas été en mesure d’y mettre un terme ni d’appliquer les ordres d’enlèvement. Enfin, le rapport présente les interventions effectuées par le ministère des Antiquités en 2012, en commençant par le projet Al Muizz (l’ensemble des interventions listées a déjà été présenté dans le rapport sur l’état de conservation de 2009) et donne la liste des projets de restauration des monuments en cours et à venir.

Par ailleurs, le Centre du patrimoine mondial a reçu une copie d’un rapport du projet de réhabilitation urbaine du Caire historique de l’UNESCO (URHC), faisant état de ce qui suit :

Les résultats techniques des deux premières années du projet URHC ont été résumés dans le premier rapport d’activités (disponible aux adresses suivantes : https://whc.unesco.org/fr/activities/663 et http://www.urhcproject.org). L’équipe du projet URHC confirme que les processus de rénovation incontrôlés persistants se traduisent par un délabrement définitif de larges pans du tissu urbain, menaçant sérieusement sa vitalité et sa viabilité tout en affectant la valeur des monuments en lien avec leur contexte. En ce qui concerne les zones archéologiques au sein du bien du patrimoine mondial, leur dramatique état d’entretien actuel (en particulier la zone de Fustat) doit assurément faire l’objet d’une évaluation afin de vérifier le bien-fondé des mesures réglementaires et de gestion.

 

Le rapport inclut une analyse précise et très détaillée de l’évolution historique et des transformations du tissu urbain du bien et suggère une manière d’utiliser ces données pour définir les limites du bien et instruire la révision de sa Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle. Ces deux questions ont fait l’objet de discussions avec les autorités égyptiennes à plusieurs reprises en 2011 et 2012. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent qu’en dépit des préoccupations exprimées par le Comité du patrimoine mondial, très peu de progrès ont été accomplis par l’État partie dans la protection effective du bien. Ils notent également qu’en dépit de l’effort considérable déployé par l’équipe de l’URHC pour développer la coopération avec des institutions concernées et le dialogue entre les diverses institutions et parties prenantes, les conclusions du rapport de l’URHC qui ont permis d’obtenir une définition logique des limites et une base pour un projet révisé de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle ne se sont pas traduites par la soumission de la part de l’État partie d’une clarification des limites ni d’une Déclaration rétrospective. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que l’État partie reconnaît dans son rapport avoir une approche centrée sur les monuments plutôt que sur le paysage urbain.

 

Tout en comprenant les difficultés engendrées par la situation actuelle, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souhaitent souligner l’impact de l’absence de mesures de gestion sur la protection du bien. Ils notent également que garantir conservation et gestion à long terme nécessitera du temps et un renforcement des capacités pour développer un système de gestion efficace et adéquat. Ils recommandent que le Comité du patrimoine mondial réitère sa demande, formulée lors des précédentes sessions, d’engager une action décisive afin de préserver la valeur universelle exceptionnelle pour laquelle Le Caire historique a été reconnu bien du patrimoine mondial et d’élaborer un système de gestion adéquat. Ils sont d’avis que le Comité du patrimoine mondial pourrait souhaiter mandater une mission de suivi réactif pour évaluer l’état de conservation général du bien et la présence de menaces susceptibles de potentiellement justifier son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 37 COM 7B.49

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.51 , adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Note que l’État partie a établi un mécanisme de gestion ; 

4.  Demande à l’État partie d’envisager les limites du bien telles que proposées par l’équipe du projet de réhabilitation urbaine du Caire historique de l’UNESCO (URHC) et les soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2015  ;

5.  Note avec inquiétude les informations communiquées par l’État partie et l’équipe de l’URHC sur la situation alarmante de l’état de conservation du bien ;

6.  Prie instamment l’État partie de veiller à ce que des mesures soient prises dès que possible pour arrêter la construction illégale et pour protéger les zones archéologiques ;

7.  Prie aussi instamment l’État partie de préparer un plan de gestion pour le bien ;

8.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015 , un rapport sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.