1.         Volcans du Kamchatka (Fédération de Russie) (N 765bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1996

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/765/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/765/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1997: mission d’information de l’UICN; mai 2004 et août 2007: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/765/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 1er février 2013, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie, livrant des informations sur l’état de conservation général des deux réserves de l’État fédéral et des quatre parcs naturels régionaux qui composent le bien, ainsi que les projets de développement en cours et prévus susceptibles d’en affecter l’intégrité. Le rapport contient des informations limitées sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2007.

a)  État de conservation et tendances des populations de faune sauvage dans la Réserve naturelle intégrale de Kronotsky et le Sanctuaire de faune sauvage du Kamchatka méridional

L’État partie rapporte que l’état de conservation des deux réserves est satisfaisant du fait de leur isolement, l’absence d’infrastructure de transport, la stricte limitation du nombre de visiteurs et l’application d’un régime de conservation rigoureux. L’État partie fournit des données en termes d’abondance, mais non d’évolution des principales espèces de mammifères tels que l’ours brun, la martre, la loutre de mer, le phoque commun et l’otarie, qu’il considère proches de la capacité d’occupation naturelle. Les exceptions concernent les tendances négatives du renne sauvage et du mouflon des neiges dans la Réserve de Kronotsky. On signale que le premier a reculé de plus de la moitié en six ans, passant à environ 900 en 2012, en raison des catastrophes naturelles et du braconnage, ajouté aux perturbations sur les pâturages d’hiver à l’extérieur de la Réserve, notamment en amont de la rivière Zhupanova. Le rapport indique également que les menaces potentielles des activités dans les zones adjacentes se font chaque année plus prégnantes. Selon l’État partie, une raison sous-jacente au déclin observé de certaines espèces est que le bien n’inclut que partiellement l’aire de répartition de ces populations. Pour régler ce problème, le rapport indique que la Commission pour la conservation des espèces rares et menacées du kraï du Kamchatka propose l’ajout de 3 000 hectares à la Réserve, ainsi que la création d’une aire de conservation dans le cours supérieur de la rivière Zhupanova. Le rapport précise que les analyses menées par l’Institut de recherche sur la Pêche et l’Océanographie du Kamchatka révèlent que les tendances des populations de saumon dans la Réserve de Kronotsky sont stables du fait d’une gestion efficace de la conservation et des restrictions appliquées à la pêche en rivière au niveau des principales frayères. Des études affichent, par ailleurs, l’état satisfaisant de la population de saumon rouge dans la Réserve du Kamchatka méridional, avec quatre millions d’individus reproducteurs provenant du lac Kurilskoe en 2008-12. Toutefois, l’État partie signale une recrudescence du braconnage du saumon près de la Réserve et a multiplié le déploiement de patrouilles dans ces zones.

b)  Gestion et état de conservation des parcs naturels administrés par l’Institution budgétaire régionale du “Parc naturel des volcans du Kamchatka”

L’État partie rappelle que, depuis 2010, les quatre parcs naturels régionaux (Klyouchevskoy, Bystrinsky, Nalychevo et Kamchatka méridional) sont placés sous le contrôle d’une structure de gestion unifiée. Il juge leur état de conservation satisfaisant et les populations d’espèces sauvages affichent une tendance stable malgré la pratique des sports de pêche et de chasse autorisés. Cependant, aucune donnée n’est fournie sur le nombre et les tendances. L’État partie signale les efforts accomplis pour renforcer le système de gestion du bien, en particulier le géoréférencement de ses limites et l’introduction d’un système de suivi des espèces clés.

c)  Projets d’installation de centrales hydroélectriques

L’État partie précise qu’aucune implantation de centrale hydroélectrique n’est envisagée pour l’instant sur les lieux, mais que la construction d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Zhupanova, proche mais à l’extérieur du bien, est actuellement examinée par le Gouvernement du kraï du Kamchatka. L’État partie remarque que cette construction pourrait affecter l’intégrité de certaines valeurs naturelles du bien, comme la population de rennes sauvages qui utilise la toundra de Zhupanovskaya comme pâturage d’hiver, mais relève qu’une décision finale ne sera prise qu’après évaluation des risques écologiques.

d)  Surface totale et limites des parcs naturels qui sont administrés par l’Institution budgétaire régionale du “Parc naturel des volcans du Kamchatka”

L’État partie souligne que le bornage des parcs naturels qui composent le bien n’a pas été révisé en 2010-2012 mais que leurs limites ont été “spécifiées”, sans expliquer la signification exacte de ce terme.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent que la décision 36 COM 7B.21 fait référence à l’écart entre les deux documents d’information communiqués par l’État partie, à savoir l’Inventaire rétrospectif (2011) et le rapport soumis en préparation de la 36e session du Comité (Saint-Pétersbourg, 2012), qui déclare explicitement que les limites des Parcs naturels ont été révisées en 2010. Ils constatent que l’État partie n’a pas fourni de carte montrant les limites des éléments constitutifs du bien, comme demandé par le Comité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN observent que l’État partie n’a pas inclus une part substantielle des informations requises dans les décisions antérieures ou la mise en œuvre d’un certain nombre de recommandations de la mission de suivi de 2007. Ils notent que ce dernier rapporte que les menaces potentielles provenant des zones adjacentes augmentent d’année en année.

Ils recommandent que le Comité du patrimoine mondial exprime sa satisfaction devant l’information fournie par l’État partie comme quoi il n’y a pas de plan d’installation de centrale hydroélectrique dans le périmètre du bien. Ils estiment qu’il faudrait systématiquement mesurer les impacts potentiels de la construction d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Zhupanova -zone clé d’hivernage du renne sauvage- sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) par une évaluation d’impact environnemental (EIE) avant toute décision finale sur la mise en œuvre du projet, ainsi qu’une évaluation spécifique de l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle, et soumettre les doubles de ces EIE au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont d’avis qu’en dépit des quelques renseignements sur l’abondance d’espèces sauvages que l’État partie a communiqués sur deux des six réserves qui composent le bien, c’est encore insuffisant pour évaluer correctement l’état de conservation de l’ensemble du site. Ils notent aussi que le statut actuel du renne sauvage et du mouflon des neiges reste un motif de vive préoccupation. Ils soutiennent les propositions avancées pour créer une aire de conservation afin de mieux protéger les lieux d’hivernage de ces espèces. Ils notent les efforts signalés pour instaurer un système de suivi des espèces clés dans les parcs naturels et recommandent que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’élaborer et de mettre en œuvre d’urgence un système de suivi intégral pour l’ensemble du bien afin d’obtenir des données numériques des tendances d’évolution détaillées.

Selon le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, il faut encore que l’État partie explique les apparentes contradictions dans l’estimation de la surface totale des quatre parcs naturels régionaux constitutifs du bien, car le chiffre qu’il avance en 2012 est inférieur de 12 492 hectares à celui qu’il présente dans l’Inventaire rétrospectif (2011).

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont d’avis que les recommandations de la mission de 2007 restent valables. Plus particulièrement, il continue d’y avoir un besoin urgent d’une structure de gestion efficace et d’un plan de gestion intégrée des six aires protégées qui composent le bien, d’une révision de leur plans de gestion individuels, lorsque de tels plans existent, de l’élaboration d’un plan d’ensemble de gestion du tourisme et d’une protection juridique adéquate des aires qui forment maintenant le “Parc naturel des volcans du Kamchatka”. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.21, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Note avec inquiétude que l’État partie signale des menaces potentielles sur le bien provenant de zones adjacentes, qui se font chaque année plus prégnantes, et regrette que l’État partie ne communique pas d’informations suffisamment détaillées sur les tendances des populations de faune sauvage dans le périmètre du bien, ni sur la mise en œuvre de plusieurs des recommandations de la mission de suivi réactif de 2007 ;

4.  Considère qu’en l’absence de ces informations, l’état de conservation actuel et l’efficacité de la gestion du bien ne peuvent pas être pleinement évalués ;

5.  Note également avec une vive préoccupation le déclin des populations de rennes sauvages et de mouflons des neiges, et encourage l’État partie à créer une aire de conservation afin de mieux protéger les lieux d’hivernage de ces espèces comme cela a été proposé par la Commission pour la conservation des espèces rares et menacées du kraï du Kamchatka ;

6.  Accueille avec satisfaction la clarification de l’État partie indiquant qu’il n’y a aucun projet d’implantation de centrale hydroélectrique à l’intérieur du bien et lui demande de fournir des informations détaillées sur d’éventuels projets de construction de centrale hydroélectrique sur la rivière Zhupanova, zone clé d’hivernage du renne sauvage à l’extérieur du bien, et sur leur impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE), en joignant les doubles des évaluations d’impact environnemental dès qu’elles seront disponibles, avant de prendre des décisions irréversibles, en vertu du paragraphe 172 des Orientations  ;

7.  Réitère sa demande à l’État partie de clarifier les apparentes contradictions relatives à la surface totale des quatre parcs naturels régionaux constitutifs du bien, en fournissant des informations complètes, avec les cartes, les “spécifications” des limites appliquées en 2010 pour les quatre parcs et une carte détaillée montrant les limites de toutes les composantes du bien ;

8.  Prie instamment l’État partie d’appliquer dans leur intégralité les recommandations de la mission de suivi réactif de 2007, notamment celles qui concernent le développement et la mise en œuvre d’un plan de gestion intégrée et d’une structure de coordination, d’un plan de gestion d’ensemble du tourisme et le renforcement de la capacité institutionnelle des administrations du bien, en termes de ressources humaines et financières ;

9.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points évoqués précédemment, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en  2015.