1.         Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya (Kenya) (N 800bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/800/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2000)
Montant total approuvé : 25 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/800/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2003  et Octobre 2008 : missions conjointes de suivi réactif UNESCO/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/800/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 30 janvier 2013, l’État partie a remis un bref rapport sur l’état de conservation du bien qui ne donne malheureusement que peu de détails sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi de 2008 ou sur les inquiétudes soulevées par le Comité lors de sa 35e session. L’État partie a soumis une proposition d’extension du bien afin d’inclure la Zone de conservation de faune sauvage de Lewa et la Réserve forestière de Ndare Ndare, qui sera examinée par le Comité au point 8 de l’ordre du jour.

a)  Délimitation du bien

Des actions visant à délimiter les zones de plantation par rapport à la forêt naturelle sont prévues dans le plan de gestion de l’écosystème de Mont Kenya (2010-2020) mais l’État partie n’a donné aucune information sur l’état d’avancement de ces actions. Des doutes subsistent sur le remplacement effectif des panneaux de marquage de la délimitation tel que recommandé par la mission de 2008.

b)  Mise en place de corridors biologiques

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent que lors de sa 35e session le Comité a accueilli avec satisfaction l’achèvement de la mise en place d’un corridor biologique destiné aux éléphants et reliant le Mont Kenya aux pâturages du nord par la Zone de conservation de faune sauvage de Lewa mais a recommandé que d’autres corridors de faune sauvage soient créés afin d’atténuer tout impact négatif potentiel des barrières de délimitation sur les populations de faune sauvage. L’État partie ne donne aucune précision sur la création de tels corridors.

c)  Gestion du bien – activités illégales et prévention des incendies

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent que la mission de 2008 a recommandé de définir les rôles et responsabilités respectifs des Services kenyans de la faune et de la flore sauvages (Kenya Wildlife Service – KWS-) et des Services kenyans des forêts (Kenyan Forest Services – KFS) en matière de gestion du bien. Les deux parties sont désormais signataires du plan de gestion de l’écosystème du Mont Kenya, et l’État partie fait état d’un renforcement des patrouilles de sécurité conjointes ce qui laisse à penser que la collaboration entre les deux entités est bonne. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN font remarquer que si la proposition d’extension du bien est approuvée par le Comité, la mise en place d’un seul et unique plan de gestion conjoint de l’écosystème nécessitera une collaboration d’un niveau très élevé entre ces deux entités et la Zone de conservation de faune sauvage de Lewa.

L’État partie précise que l’intensification des patrouilles de sécurité a permis de réduire les menaces que constituent l’exploitation forestière illégale et le braconnage. Il fait également état du transfert de responsabilités vers les communautés suite à la création des Associations forestières communautaires (Community Forestry Association – CFA) et des avantages qui en résultent pour ces communautés. Par ailleurs, l’État partie fait état d’accords signés entre KFS et les CFA afin de gérer conjointement l’usage durable des divers secteurs de la forêt ainsi que d’efforts accrus entrepris afin de diversifier l’économie de subsistance locale, ce qui est censé avoir réduit de façon conséquente l’exploitation forestière illégale et le braconnage et avoir motivé les communautés a participer à des actions de prévention et de contrôle des incendies.

L’État partie rapporte que toutes les parties prenantes ont élaboré conjointement le plan stratégique de lutte contre l’incendie pour les points sensibles du Mont Kenya (Mount Kenya Hotspot Strategic Fire Plan) afin d’orienter la future préparation aux risques d’incendies sur le territoire de l’écosystème. La phase finale de rédaction de ce plan est en cours, en attente de finalisation et de mise en œuvre. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN font remarquer que le rapport ne fait pas état du très grand incendie qui a fait rage sur le Mont Kenya en mars 2012. Selon des rapports reçus par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, l’incendie a duré neuf jours et a touché 10% du territoire du Parc national du Mont Kenya.

d)  Impacts à long terme du changement climatique

Outre la proposition d’extension du bien qui est considérée comme une mesure destinée à améliorer la résistance générale du bien au changement climatique en créant une plus grande connectivité écologique avec la chaine de montagne Mathews située au nord, l’État partie signale que, dans le cadre des mesures destinées à atténuer les impacts du changement climatique, Parks Canada a établi un partenariat avec KWS afin de clore et de réhabiliter un secteur dégradé de la forêt de Gathiuru. Il est prévu que cette zone serve également de terrain de démonstration pour enseigner aux parties prenantes les meilleures pratiques en matière de réhabilitation de zones dégradées dans le cadre d’un écosystème confronté à d’autres problèmes tels que le pâturage et les incendies. L’État partie mentionne également d’autres efforts entrepris en matière de réhabilitation dont la production annuelle d’environ 3 millions de jeunes plants sur le territoire des zones protégées et dans des exploitations agricoles. Outre leur contribution à l’atténuation des impacts du changement climatique, ces actions participeront également à diminuer la pression qui pèse sur la forêt.

 

Le Centre du patrimoine mondial a rédigé un « Guide d’application des stratégies d’adaptation au changement climatique pour les gestionnaires de biens naturels du patrimoine mondial ». Ce document est accompagné d’un « Manuel d’adaptation au changement climatique ». Ces deux publications doivent faire l’objet d’une mise en œuvre expérimentale au Mont Kenya, entre autres sites, et on s’attend à ce que celle-ci débouche sur l’élaboration d’un plan spécifique d’adaptation au changement climatique qui puisse être annexé au plan général de gestion du bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le Comité félicite l’État partie pour la collaboration de plus en plus efficace entre les principaux gestionnaires, KWS et KFS, et entre les gestionnaires et les communautés locales. Les divers efforts actuellement entrepris pour améliorer la résistance du bien au changement climatique sont également encourageants.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN font remarquer que le rapport de l’État partie ne donne que peu d’informations sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2008 ou sur les inquiétudes soulevées par le Comité à sa 35e session telles que le remplacement des panneaux de marquage de délimitation du bien et la création de nouveaux corridors de faune sauvage. Ils recommandent que le Comité demande à l’État partie de traiter ces problèmes de façon urgente et de faire état des progrès accomplis.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent également que le Comité prenne note de l’incendie de mars 2012 et demande à l’État partie de faire un rapport sur les impacts de celui-ci sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Décision adoptée: 37 COM 7B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.2 , adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Félicite l’État partie pour la collaboration efficace entre les services nationaux de faune sauvage et les service forestiers et pour les efforts accomplis visant à une implication accrue des parties prenantes dans la gestion du bien, en particulier au moyen d’accords signés avec les Associations forestières communautaires ;

4.  Prend note avec inquiétude de l’important feu de forêt qui a éclaté en mars 2012 et qui aurait touché 10% de la superficie du parc national du Mont Kenya, et, demande à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial un rapport sur les impacts de cet incendie sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et sur les actions menées pour restaurer l’écologie des zones touchées ;

5.  Prend note avec satisfaction des initiatives prises afin d’améliorer la préparation au risque d’incendie et de participer à la conception d’une méthodologie d’adaptation au changement climatique pour les gestionnaires de biens du patrimoine mondial mais regrette que l’État partie n’ait donné que des informations limitées sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2008 ou sur les inquiétudes soulevées par le Comité à sa 35e session ;

6.  Demande également à l’État partie de mettre en œuvre de manière urgente les autres recommandations de la mission de suivi réactif de 2008, en particulier, le remplacement des panneaux de marquage de délimitation du bien et la création de nouveaux corridors de faune sauvage ;

7.  Demande en outre à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport d’avancement sur l’état de conservation du bien, faisant en particulier état des impacts de l’incendie de 2012 ainsi que des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2008.

Décision adoptée: 37 COM 8B.9

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8B et WHC-13/37.COM/INF.8B2,

2.  Approuve l’extension du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya, Kenya , pour inclure le Conservatoire de faune sauvage de Lewa et de la Réserve forestière du Ngare Ndare, sur la base des critères (vii) et (ix)  et prend note que le nom du bien Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya est conservé en cas de potentielles futures extensions ;

3.  Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

Brève synthèse

Le mont Kenya se trouve sur l’équateur, à environ 193 km au nord-est de Nairobi et à environ 480 km du littoral kenyan. Culminant à 5.199 m, le mont Kenya, un ancien volcan éteint, est le deuxième plus haut sommet d’Afrique. Il reste une douzaine de glaciers, tous en retrait rapide, et l’on y trouve quatre sommets secondaires situés à la tête des vallées glaciaires en forme de U. Avec ses sommets accidentés et couronnés de glaciers et ses pentes moyennes boisées, le mont Kenya est un des paysages les plus impressionnants d’Afrique de l’Est. L’évolution et l’écologie de sa flore afro-alpine offrent aussi un exemple remarquable de processus écologique.

Le bien proposé comprend le Conservatoire de faune sauvage de Lewa et la Réserve forestière du Ngare Ndare (CFL-RFNN) au nord. Les deux éléments qui constituent le bien sont reliés par un corridor de faune sauvage qui fait partie de la zone tampon et assure une connectivité vitale aux éléphants se déplaçant entre le mont Kenya et le complexe de conservation plus vaste de l’écosystème Somali/Masaï. L’extension CFL-RFNN comprend les contreforts boisés et les vallées profondes des pentes basses du mont Kenya et s’étend vers le nord jusque sur les sols volcaniques arides relativement plats où l’on trouve les prairies et les communautés boisées ouvertes de la plaine de Laikipia.

Critère (vii) : Culminant à 5.199 m, le mont Kenya est le deuxième plus haut sommet d’Afrique. C’est un ancien volcan éteint qui, durant sa période d’activité (3,1-2,6 millions d’années), aurait atteint 6.500 m. L’ensemble de la montagne est fortement découpé par des vallées qui rayonnent à partir des sommets et qui sont essentiellement le résultat de l’érosion glaciaire. Il y a environ 20 petits lacs glaciaires de différentes tailles et de nombreuses caractéristiques de moraines glaciaires entre 3.950 m et 4.800 m d’altitude. Les sommets les plus hauts sont le Batian (5.199 m) et le Nelion (5.188 m). Il reste une douzaine de glaciers sur la montagne, tous en retrait rapide, et l’on trouve quatre sommets secondaires situés à la tête de vallées glaciaires en forme de U.

Avec ses sommets accidentés, couronnés de glaciers, et ses pentes moyennes boisées, le mont Kenya est un des paysages les plus impressionnants de l’Afrique de l’Est. Le décor est embelli par le contraste visuel et la diversité des paysages créés entre les hauts plateaux kenyans et le mont Kenya surplombant la savane plate et aride et les plaines boisées de façon éparse qui composent l’extension du Conservatoire de faune sauvage de Lewa, au nord.

Pour toutes les communautés (Kikuyu et Meru) qui vivent dans la région, le mont Kenya est aussi une montagne sacrée : des rituels traditionnels s’y déroulent, fondés sur la croyance qui veut que le Dieu Ngai et son épouse Mumbi vivent au sommet de la montagne.

Critère (ix) : L’évolution et l’écologie de la flore afro-alpine du mont Kenya fournissent un exemple exceptionnel de processus écologiques à l’œuvre dans ce type d’environnement. La végétation varie avec l’altitude et les précipitations et le bien possède une riche flore alpine et subalpine. Les espèces de Juniperus procera et Podocarpus prédominent dans les parties les plus sèches de la zone basse (au-dessous de 2.500 m d’altitude). Cassipourea malosana domine dans les zones plus humides du sud‑ouest et du nord-est. Les hautes altitudes (2.500-3.000 m) sont dominées par les bambous et par Podocarpus milanjianus. Au-dessus de 3.000 m, la zone alpine offre une diversité d’écosystèmes comprenant des clairières herbeuses, des landes, des prairies à tussack et du carex. La végétation disparaît vers 4.500 m d’altitude mais on peut encore trouver des plantes vasculaires isolées à plus de 5.000 m.

Les mammifères de la forêt de basse altitude et de la zone des bambous comprennent l’hylochère, le daman des arbres, la mangouste à queue blanche, l’éléphant, le rhinocéros noir, le suni, le céphalophe à front noir et le léopard. Parmi les mammifères des landes, il y a la musaraigne-taupe du mont Kenya localisée, l’hyrax et le céphalophe commun. Le rat-taupe endémique est commun sur toutes les pentes septentrionales et dans la vallée d’Hinder, jusqu’à 4.000 m. Le Conservatoire de faune sauvage de Lewa et la Réserve forestière du Ngare Ndare enrichissent la diversité des espèces du bien, notamment parce qu’ils accueillent la plus grande population résidente de zèbres de Grévy au monde. On y trouve une diversité impressionnante d’oiseaux, notamment l’ibis olive (race locale du mont Kenya) ; l’aigle d’Ayres ; le hibou d’Abyssinie ; le francolin écaillé ; la cossyphe de Rüppell ; de nombreux souimangas (Nectariniidae) ; le martinet de Shoa localement menacé et le martinet à ventre blanc quasi endémique.

Le Conservatoire de faune sauvage de Lewa et la Réserve forestière du Ngare Ndare ajoutent au bien des contreforts pittoresques de basse altitude et des habitats arides biologiquement très riches et très divers. L’extension se situe dans la zone de transition écologique entre l’écosystème des montagnes afro-tropicales et les prairies de savane d’Afrique de l’Est semi-arides. Le Conservatoire de faune sauvage de Lewa et la Réserve forestière du Ngare Ndare se trouvent aussi sur la voie de migration traditionnelle des populations d’éléphants d’Afrique de l’écosystème mont Kenya – Somali/Masaï et ont toujours été des zones où les éléphants viennent se nourrir en saison sèche.

Intégrité

Le bien en série comprend le Parc national du mont Kenya géré par le Kenya Wildlife Service (KWS) et certaines parties de la Réserve forestière du mont Kenya gérée par le Kenya Forest Service (KFS). Ces deux aires protégées sont conçues de manière à préserver les principales valeurs naturelles et le bassin versant de la montagne au‑dessus de 2000-2500 m. Au nord, le bien est connecté, via le corridor des éléphants de 9,8 km, au Conservatoire de faune sauvage de Lewa et à la Réserve forestière du Ngare Ndare (CFL-RFNN), ce qui lui ajoute des écosystèmes et des habitats de plaine plus secs ainsi qu’un ensemble d’espèces supplémentaire. Le corridor se trouve dans la zone tampon mais il joue un rôle crucial en maintenant la connectivité écologique entre les deux éléments du bien. Différentes menaces pèsent sur le bien mais on considère que les populations d’animaux sauvages, même si elles ont été réduites par rapport aux années qui ont précédé l’inscription d’origine du bien sur la Liste du patrimoine mondial, sont encore en bonne santé.

Dans la zone principale du mont Kenya, le bien est limité à la partie supérieure de la montagne, au-dessus de l’étage des forêts de montagne, de sorte que l’essentiel de la destruction des forêts, du pâturage illégal, du braconnage et autres activités humaines ayant des incidences sur l’ensemble de l’écosystème est en dehors du bien, dans la région de la réserve nationale/forêt qui sert de « zone tampon ». Il importe de comprendre et d’atténuer ces menaces pesant sur l’ensemble de l’écosystème parce qu’elles ont une incidence sur la viabilité à long terme du bien.

Le changement climatique est sans doute l’une des plus graves menaces à long terme pour le site. Les glaciers fondent rapidement et semblent condamnés à disparaître totalement d’ici à quelques décennies. À mesure que le climat se réchauffe, il est probable que les zones de végétation remonteront le long de la montagne. Par exemple, les parties les plus basses de la zone de bambous (à la limite inférieure du bien) seront probablement progressivement remplacées par une forêt de montagne mixte. Il est essentiel que la menace du changement climatique soit tamponnée par une connectivité améliorée et que le maintien de la continuité des habitats naturels couvrant toute la gamme altitudinale soit garanti pour assurer la résilience des écosystèmes et favoriser l’adaptation aux changements inévitables. L’extension CFL-RFNN, en établissant le corridor et les liens régionaux via plusieurs conservatoires pour relier le Parc national de Samburu, la Réserve nationale de Shaba et Buffalo Springs au nord et même, au-delà, Matthew’s Range, représente une intervention proactive importante pour atténuer les effets du changement climatique sur la biodiversité de cette région d’Afrique de l’Est en assurant la mobilité de façon à ce que la biodiversité s’adapte aux changements dans les températures et dans le régime des précipitations. 

Mesures de gestion et de protection

Le cadre législatif est globalement solide et assure une protection adéquate au site. Les lois les plus importantes sont : Wildlife Act (loi sur la faune sauvage), Environment Management and Coordination Act (loi de coordination et de gestion de l’environnement) (1999), Water Act (loi sur l’eau) (2002) et Forest Act (loi sur les forêts) (2005). Le Gouvernement du Kenya, représenté par le KWS, a encouragé les propriétaires de vastes territoires, en particulier les communautés locales, à créer des conservatoires de faune sauvage en tant que stratégie à long terme visant à augmenter l’espace pour la conservation et la gestion de la biodiversité du pays. Le CFL est géré pour la conservation de la diversité biologique et remplit donc les obligations juridiques nationales justifiant son inscription en tant que conservatoire. En outre, la politique nationale territoriale du Ministère de l’aménagement du territoire soutient l’établissement de corridors pour la conservation de la biodiversité. 

Trois institutions doivent coopérer étroitement à la gestion du bien en série : KWS, KFS et le Conservatoire de faune sauvage de Lewa géré par un conseil d’administration. KWS et KFS sont signataires du Plan de gestion de l’écosystème du mont Kenya qui prévoit un cadre global de planification de la gestion. Il est essentiel que les différents plans de gestion applicables aux éléments du bien soient harmonisés du point de vue des approches et des calendriers de la gestion.

Une gestion plus durable de différents secteurs de la forêt est soutenue par l’établissement d’associations forestières communautaires (AFC) et la production de plans de gestion opérationnels des forêts ainsi que d’accords connexes signés entre KFS et les AFC.

Les dommages causés aux cultures par les éléphants, les buffles et d’autres grands mammifères qui pénètrent dans les champs le long des limites basses du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya constituent un des problèmes majeurs. Plusieurs tentatives ont été faites pour atténuer les conflits entre l’homme et les espèces sauvages en élevant des clôtures et autres barrières pour empêcher les animaux de sortir de la réserve. Les résultats ont été mitigés. Néanmoins, l’expérience a montré ailleurs qu’une clôture efficace et bien conçue est probablement la meilleure solution lorsqu’il s’agit d’atténuer les conflits entre l’homme et les animaux sauvages dans des régions aussi densément peuplés.

Grâce à des efforts à long terme, les menaces posées par le développement des plantations d’arbres commerciales et des cultures ainsi que par la destruction des habitats ont régressé. La politique du gouvernement consistant à ne plus défricher des forêts naturelles pour faire place aux plantations a permis de réduire considérablement la menace de l’expansion des plantations et des cultures associées dans la zone tampon adjacente au bien. Néanmoins, les conséquences écologiques du développement passé de plantations ayant échoué restent évidentes. Les zones qui ont été défrichées mais où il n’y a pas eu de plantation ont été colonisées par des graminées et sont maintenues en pâturages ouverts au lieu de laisser les forêts naturelles reprendre leurs droits.  

Les menaces de l’exploitation illégale du bois, du pâturage, du braconnage et du tourisme sont gérées et semblent être stables malgré quelques problèmes persistants. Un suivi permanent et une gestion efficace de ces problèmes seront nécessaires. Les incendies sont une menace majeure, en particulier dans les landes de haute altitude du bien du patrimoine mondial. Cette menace est exacerbée par le nombre croissant d’habitants dans la périphérie des forêts qui, chaque jour, grimpent sur les flancs de la montagne pour faire paître le bétail et ramasser des produits forestiers non ligneux. Les parties prenantes ont élaboré ensemble un Plan stratégique de lutte contre les incendies dans le point chaud du mont Kenya pour orienter la future préparation aux incendies dans l’écosystème.

Le maintien du corridor des éléphants, de 9,8 km de long, qui relie le mont Kenya aux plaines du CFL-RFNN a une importance critique car il fournit un lien entre les deux éléments du bien, favorise les déplacements des espèces sauvages et sert de tampon contre les effets du changement climatique. Il importe également d’explorer d’autres possibilités de créer une connectivité à l’intérieur du complexe d’écosystèmes plus vaste pour renforcer la viabilité écologique du bien.

4.  Souligne l’importance cruciale de maintenir le corridor de faune sauvage et d’éléphants entre le Conservatoire de faune sauvage de Lewa / Réserve forestière du Ngare Ngare et le bien du patrimoine mondial du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya pour conserver une connectivité vitale et la viabilité de la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

5.  Félicite l’État partie du Kenya pour avoir renforcé la connectivité écologique et la diversité des habitats du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya grâce à cette extension en série ;

6.  Encourage l’État partie à envisager une nouvelle extension des limites du bien du patrimoine mondial du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya, afin d’inclure les forêts naturelles de basse altitude et de renforcer ainsi la connectivité et la cohérence écologiques.