1.         Tombeau des Askia (Mali) (C 1139)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2012-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Suite au coup d’état de mars 2012, la ville est occupée par des groupes islamistes armés. Cette situation a conduit à l’absence d’entretien et de gestion du site pourtant menacé d’écroulement.

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

 

Mesures correctives identifiées

En cours de rédaction

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d’établissement

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2012)
Montant total approuvé : 54 200 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: Fonds d’urgence de l’UNESCO : 20 000 dollars EU

Missions de suivi antérieures

Mai 2012 : Mission d’urgence de l’UNESCO à Bamako; octobre 2012 et décembre 2012 : Missions de suivi du Centre du patrimoine mondial à Bamako.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis le 29 janvier 2013 par l’Etat partie. Ce rapport a été préparé dans un contexte particulier lié à l’absence sur le site de la structure de gestion du bien depuis le 1er avril 2012 du fait de son occupation par des groupes armés. Cette période d’occupation s’est s’étalée sur plus de 10 mois au cours desquels aucune pratique traditionnelle d’entretien n’a été faite sur le bien. A la faveur de l’intervention militaire qui a débuté le 11 janvier 2013, la ville de Gao a été libérée mais les conditions de sécurité ne sont pas entièrement réunies pour pouvoir faire le point sur l’état de conservation du bien et envisager la réinstallation de la structure de gestion du bien. De ce fait, le rapport s’appuie sur des informations collectées auprès de personnes ressources restées sur place. Il donne un aperçu très sommaire de l’état de conservation du bien.

a) Mesures entreprises par le Ministère de la culture

Le rapport indique que suite à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, l’Etat partie a pris des mesures de protection visant à renforcer la surveillance du site, à mettre en œuvre un plan de communication approprié sur les différentes composantes du site et à ajourner des pratiques traditionnelles d’entretien occasionnant la sortie massive des fidèles, hommes et femmes.

Le rapport mentionne également que des activités de sensibilisation ont été menées et ont permis « d’éviter le courroux des islamistes qui n’acceptent pas les pratiques culturelles associées aux sites religieux ». Il indique également qu’aucun acte de vandalisme n’a été constaté sur le bien.

b) Etat d’entretien du bâtiment

Le rapport indique qu’en raison du vieillissement des matériaux, le Tombeau des Askia connaît des problèmes récurrents d’effondrement des piliers provoquant la chute de parties importantes de la toiture du bâtiment suite aux pluies diluviennes. Le manque d’entretien provoqué par la situation de crise, a accéléré la détérioration des éléments architecturaux et le risque d’écroulement du bâtiment dont l’un des piliers s’est effondré en 2011. Cette situation augmente également les risques de pillage et de confiscation du mobilier des nécropoles environnantes.

c) Progrès dans la mise en œuvre des décisions du Comité du patrimoine mondial

Voir rapport sur l’état de conservation de Tombouctou (C119)

d) Actions réalisées par l’UNESCO en faveur de la protection du bien

Voirrapport sur l’état de conservation de Tombouctou (C119)

e) Organisation d’une mission d’évaluation à Gao

Dès que les conditions sécuritaires le permettront, une mission d’évaluation de l’UNESCO aura lieu à Gao. Elle vise principalement à réaliser une évaluation technique détaillée de l’état de conservation du bien en vue de déterminer les actions prioritaires de réhabilitation et de conservation à mener en coopération avec le gouvernement du Mali, le Bureau de coordination des Nations-Unies au Mali ; et préciser le plan d’action adopté le 18 février 2013 à l’UNESCO. Cette mission bénéficiera de l’expertise des Organisations consultatives.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent qu’en raison du conflit armé dans les régions nord du Mali, aucune mission n’a pu être effectuée pour évaluer l’état de conservation du bien et proposer des mesures correctives et l’Etat de conservation souhaité, comme demandé par le Comité. Ils recommandent que le Comité exprime sa préoccupation sur l’absence d’entretien du bien qui conduit à la détérioration de ses éléments architecturaux et accentue les menaces d’écroulement de ses piliers et salue toutefois l’engagement et la disponibilité de l’Etat partie tout au long de la crise, qui a permis de sensibiliser et mobiliser la communauté internationale et de préparer un plan d’action en faveur du Mali.

Ils sont d’avis que la mission de l’UNESCO qui se rendra à Gao sera déterminante pour envisager les mesures correctives, et l’état de conservation souhaité et définir la stratégie de réhabilitation et de sauvegarde du bien qui devra fortement impliquer les communautés locales.

Décision adoptée: 37 COM 7A.20

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A.Add,

2.  Rappelant les décisions 36 COM 7B.106 et 36 COM 7B.107, adoptées à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Félicite l’Etat partie pour avoir sollicité une assistance d’urgence auprès du Fonds du patrimoine mondial, afin de mettre en œuvre les actions prioritaires de protection renforcée du bien Tombeau des Askia ;

4.  Exprime sa préoccupation sur l’absence d’entretien du bien qui conduit à la détérioration de ses éléments architecturaux et accentue les menaces d’écroulement de ses piliers, en raison de la fermeture de la structure de gestion du bien depuis avril 2012, ce qui constitue des menaces pour la conservation de sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;

5.  Exprime également sa préoccupation sur le fait que l’Etat partie n’ait pas pu, en raison de la situation de conflit armé, réaliser une mission de terrain pour évaluer précisément l'état de conservation du bien et proposer des mesures en vue de la préservation de sa VUE ;

6.  Remercie la Directrice générale de l’UNESCO pour les efforts déployés pour répondre aux décisions 36 COM 7B.106 et 36 COM 7B.107 , à travers notamment la création d’un Compte spécial pour la sauvegarde du patrimoine culturel malien et la sensibilisation de la communauté internationale ;

7.  Remercie également la France, le Mali et l’UNESCO d’avoir organisé une journée de solidarité pour le Mali au cours de laquelle une réunion internationale d’experts s’est tenue et a abouti à l’adoption d’un plan d’action pour la réhabilitation du patrimoine culturel et des manuscrits anciens du Mali ;

8.  Remercie en outre le groupe d’experts de l’UNESCO sur le Mali  constitué des Organisations consultatives (ICCROM, ICOMOS), du Conseil international des musées (ICOM), de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires (IFLA), de l’Ecole du patrimoine africain (EPA), du Fonds pour le patrimoine mondial africain (FPMA) et du Centre international de la construction en terre-Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble (CRAterre-ENSAG) d’avoir contribué à l’élaboration de ce plan d’action en étroite collaboration avec les experts maliens et français ;

9.  Demande à l’Etat partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, de préparer l’ensemble des mesures correctives, ainsi qu’un Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, une fois que le retour à la stabilité sera effectif dans les régions nord du Mali et après la mission d’évaluation de l’UNESCO à Gao ;

10.  Lance un appel aux Etats parties à la Convention du patrimoine mondial, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne, à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), aux autres organisations africaines et à l’ensemble de la communauté internationale pour qu’ils contribuent à la mise en œuvre du plan d’action pour la réhabilitation du patrimoine culturel et des manuscrits anciens du Mali ;

11.  Demande également à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien, et plus particulièrement sur les progrès réalisés en vue de la préservation de sa VUE, pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 38e session en 2014 ;

12.  Décide de maintenir le Tombeau des Askia (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Décision adoptée: 37 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-13/37.COM/7A, WHC-13/37.COM/7A.Add et WHC-13/37.COM/7A.Add.2),

2.  Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :