1.         Parc national de la Comoé (Côte d'Ivoire) (N 227bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2003-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1050

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir pages https://whc.unesco.org/fr/decisions/1050  et  https://whc.unesco.org/fr/decisions/4336 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1050

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-1999)
Montant total approuvé : 97 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 50.000 dollars EU dans le cadre du programme de l’UNESCO « L’homme et la biosphère » et par le Fond de réponse rapide

Missions de suivi antérieures

Juin 2006 : mission de suivi conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a)  Conflits et instabilité politique,

b)  Insuffisance du contrôle de la gestion et des accès au bien,

c)  Braconnage,

d)  Empiètement : occupation humaine et pression exercée par l’activité agricole,

e)  Feux de brousse.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’État partie a soumis un rapport sur l’État de conservation du bien le 2 février 2013. L’État partie a aussi fourni l’inventaire des moyens matériels et financiers pour la gestion du bien. Une mission de suivi réactif conduite par l’IUCN a visité le bien du 19 au 26 janvier 2013, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012). Le rapport de mission est disponible en ligne à l’adresse internet suivante : https://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/.

Le rapport et la mission ont noté les progrès suivants dans la mise en œuvre des mesures correctives :

a)  Établissement d’un système efficace de contrôle et de patrouilles pour l'ensemble du bien

L’État partie signale qu’un système efficace de contrôle et de patrouille a été mis en place par l’autorité de gestion du parc, (OIPR); les patrouilles de sécurisation ont concerné toute l’étendue du site et sa zone périphérique, avec les unités de surveillance et le personnel des secteurs, d’un effectif cumulé de 65 agents techniques effectuant 15 jours de patrouille par mois. Le rapport mentionne aussi la réhabilitation de certaines infrastructures (166 km de pistes d’accès sur 980) et de l’entretien de 196 km  de piste  dans zones limitrophes du bien..

La mission a constaté que la situation sur le terrain s’est améliorée depuis la dernière mission de suivi réactif de 2006. En plus des patrouilles et de l’équipement des agents, la mission a noté la formation sur l’anti-braconnage de 37 commandos forestiers et de 13 éléments de Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, la formation sur les procédures judiciaires au profit de 25 personnes de l’organe de gestion, la formation en suivi écologique de 19 auxiliaires villageois, de 8 agents de l’OIPR et celle du responsable SIG et suivi écologique sur les bases de données MIST. 

b)   Élaboration et lancement de la mise en œuvre d'un plan de gestion du bien et d’un projet de réhabilitation du bien pour une durée de trois ans

La mission confirme les informations incluses dans le rapport de l’état partie que l’organe de gestion a tenu en juillet 2012, un atelier de planification pour la mise à jour du plan de gestion du Parc national de la Comoé. Un des produits émanant de cet atelier est un plan de réhabilitation de 3 ans pour le bien. Cependant ce plan n’est pas encore validé ni mis en œuvre. La mission note une volonté de l’État partie de mettre en place un plan de zonage révisé pour le bien mais constate qu’aucun calendrier n’a été établi à cet effet. Elle recommande que l’État partie entame la procédure de dialogue avec les populations riveraines lors de la précision des limites du bien au cours de l’année 2013.

c)   Extension des activités de la structure de gestion pour englober l'ensemble du bien

L’État partie mentionne dans son rapport qu’à la faveur de la normalisation de la situation sociopolitique, l’OIPR a procédé au redéploiement du personnel des trois secteurs de gestion du parc restant à pourvoir et que toutes les activités de gestion couvrent toute l’étendue du site.

Cependant, la mission a été informée que tous les secteurs ne sont pas couverts par les activités de la structure de gestion et recommande que la requête de la population de Yalo, relative à la création d’un poste de contrôle doté en personnel et équipement soit examinée favorablement par l’État partie au cours de l’année 2013.

d)   Restauration de l'intégrité du bien

L’État partie rapporte que le renforcement des opérations de sensibilisation et de surveillance a permis de réaliser des progrès notables contre les empiètements des élevages bovins et de réduire les indices d’activités illégales. Pour ce qui concerne les empiétements agricoles à l’ouest du parc, des actions sont menées avec l’appui des autorités coutumières locales pour le rétablissement de l’intégrité du bien. Concernant le problème de la transhumance, des requêtes de financement sont soumises en vue de réaliser une étude qui indiquerait les actions appropriées à envisager avec l’ensemble des collectivités et des autorités.

La mission confirme l’engagement très fort de l’OIPR et des autorités politico-administratives ainsi que des chefs coutumiers, en faveur de la restauration de l’intégrité du bien.

e)   Autres recommandations du Comité du patrimoine mondial

En plus des mesures correctives recommandées depuis 2006, un certain nombre de recommandations spécifiques figurent dans la décision 36 COM 7A.2 de 2012.

i) Recensement des populations des espèces clefs et des indices de braconnage et autres menaces

La mission a constaté que l’inventaire aérien qui était prévu en mars 2012 n'a pas pu avoir lieu, pour des raisons techniques et administratives. Néanmoins, en l'absence d'un inventaire aérien, l’OIPR en collaboration avec la Wild Chimp Foundation (WCF) a mené des recensements pédestres entre mars et août 2012. Même si la méthodologie est différente et que la comparaison avec les résultats de 2010 est délicate, les transects pédestres récents indiquent que la plupart des menaces semblent maintenant sous contrôle. Néanmoins, la mission a pu constater que les populations des espèces clés (l’éléphant, le chimpanzé et le lion) ont été fortement réduites et que le lion semble même avoir disparu du bien. La mission recommande la réalisation d’un inventaire aérien dans les plus brefs délais pour confirmer l’état des populations d’espèces phare qui ont motivé l’inscription du bien et de les renouveler tous les deux ans afin de suivre la réhabilitation des populations.

Elle a toutefois produit, en collaboration avec l’État partie, un projet d'état de conservation souhaité avec une série d'objectifs et d'indicateurs qui devraient être atteints au bout de deux à trois ans pour permettre le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

ii) Confirmer officiellement qu'aucune licence d'exploration minière couvrant le bien n'a été concédée

Le rapport de l’Etat partie ne fournit aucune information sur cette question. La mission constate que les données relatives à l'exploitation minière en Côte d'Ivoire sont dispersées entre le Ministère en charge des mines et les diverses structures décentralisées présentes sur le terrain.

La mission a toutefois pu récolter certains éléments au niveau de la zone de Bouna. Les coordonnées d'une quinzaine de sites d'orpaillage autorisés dans cette zone ont été récemment fournies à l’OIPR. Aucun de ces sites n'est situé à l'intérieur du bien, et le site le plus proche se trouve à environ 4 kilomètres à l'est de sa limite. Concernant l'exploration industrielle, il existe deux permis de recherche qui sont situés à l'extérieur du bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent l’important progrès réalisé par l’Etat partie depuis la normalisation de la situation sécuritaire. L’OIPR a pu reprendre le contrôle sur le bien et a redémarré les opérations de gestion et de surveillance. Ceci a permis d’atténuer les pressions exercées sur le bien, bien qu’elles restent  toujours d’actualité. Ils recommandent que les efforts de surveillance sont poursuivis et de renforcer le programme de mesures riveraines autour du bien, notamment par la mise en place de structures villageoises tout autour du bien, le développement de micro-projets ciblés et l'implication des communautés dans les différentes facettes de la gestion du bien. Ils notent qu’il est important de confirmer officiellement les perspectives de financement de la gestion du parc.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent la conclusion de la mission selon laquelle la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) pur laquelle le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial a été fortement dégradé, surtout depuis 2002. En particulier les populations des espèces clés comme l’éléphant et le chimpanzé ont été réduites de façon inquiétante. En outre, le lion semble avoir disparu du bien. Néanmoins, la mission considère les populations actuelles des autres espèces peuvent se reconstituer si les conditions appropriées sont réunies, et donc la VUE peut être récupérée.

Le Centre de patrimoine mondial et l’UICN considèrent qu'un recensement des populations des espèces clés doit être organisé le plus vite possible afin d'évaluer l’état actuel de la VUE du bien et de définir des indicateurs et un calendrier pour le rétablissement des populations des espèces phares. Ils notent que la mission a produit, en collaboration avec l’État partie, un projet d'état de conservation souhaité avec une série d'objectifs et d'indicateurs mais qu’il faudrait préciser les indicateurs de valeur une fois que les données de l’inventaire seront disponibles. La mission a aussi proposé une actualisation des mesures correctives, qui sont intégrées au projet de décision. Le Centre de patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le bien soit maintenu sur la Liste de patrimoine mondial en péril.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN constatent qu’à ce jour, aucune réponse ne leur est parvenue sur les permis d’exploration minière qui auraient été délivrés à l’intérieur et à la périphérie du bien. Ils notent que la mission a pu vérifier que les deux permis d’exploration au niveau de la zone de Bouna ne semblent pas chevaucher sur le bien, mais cette information doit être confirmée par l’Etat partie pour l’ensemble du bien. Ils recommandent au Comité de demander à l’État partie de lui confirmer officiellement au plus tard le 1er février 2014, qu'aucun permis minier, de recherche ou d'exploitation, tant industriel qu'artisanal, ne couvre le bien et de soumettre au Centre du patrimoine mondial les résultats d’études des impacts des permis de recherche minière délivrés au nord du bien sur sa VUE, en accord avec le paragraphe 172 des Orientations. 

Décision adoptée: 37 COM 7A.2

Le Comité du patrimoine mondial, 

1.    Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A.Add,

2.    Rappelant la décision 36 COM 7.A.2 , adoptée lors de sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.    Accueille favorablement l’important progrès réalisé par l’État partie pour la mise en œuvre de certaines des mesures correctives depuis la normalisation de la situation sécuritaire, notamment la reprise du contrôle sur le bien par l’autorité de gestion et le redémarrage des opérations de gestion et de surveillance;

4.    Regrette que l’État partie n’ait toujours pas répondu à la demande du Comité de confirmer officiellement qu'aucune licence d'exploration minière couvrant le bien n'a été concédée, et demande à l’État partie de confirmer officiellement qu’aucun permis minier, de recherche ou d’exploitation, tant industriel qu’artisanal, ne couvre le bien et de soumettre au Centre du patrimoine mondial les résultats d’études des impacts des permis de recherche minière délivrés au nord du bien sur sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE), en accord avec le paragraphe 172 des Orientations ;

5.    Note avec inquiétude la conclusion de la mission de suivi de l’UICN que la VUE pour laquelle le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial a été fortement dégradée et que les populations des espèces clés comme l’éléphant, le chimpanzé et le lion ont été réduites de façon inquiétante, mais note que les populations actuelles des autres espèces peuvent se reconstituer si les conditions appropriées sont réunies, et donc la VUE peut être récupérée ;

6.    D emande également à l’État partie de réaliser un inventaire aérien dans les plus brefs délais pour confirmer l’état des populations d’espèces phare qui ont motivé l’inscription du bien et de les renouveler au moins une fois tous les deux ans afin de suivre la réhabilitation des populations ;

7.    Prend note du projet de l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, et prie instamment l’Etat partie, en coopération avec l’UICN, de préciser les indicateurs de valeur une fois que les données de l’inventaire seront disponibles ;

8.    Prie aussi instamment l’État partie de mettre en œuvre les mesures correctives mises à jour par  la mission de suivi, notamment :

a)    Compléter le développement et la réhabilitation de l’infrastructure nécessaire aux contrôle et patrouilles efficaces dans l’ensemble du bien, y compris la création de postes de contrôle pourvu en personnel et en équipement dans tous les secteurs du bien,

b)    Valider et mettre en œuvre le plan de gestion du bien, ainsi que le plan de réhabilitation de trois ans, en prenant particulièrement en compte les points suivants :

(i)   Préciser les limites de toutes les zones proposées dans le zonage provisoire du bien, ainsi que les activités autorisées et interdites dans chaque zone,

(ii)   Mettre en place des dispositions pour la formalisation et la responsabilisation des structures de gestion participative au niveau de tous les villages centre qui entourent le bien, y compris dans le contrôle et le suivi du bien,

c)    Finaliser la restauration de l’intégrité du bien en excluant totalement le bétail du parc, en luttant contre les empiètements agricoles dans tous les secteurs du bien et en réhabilitant les terres dégradées ;

9.    Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2014 , un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des mesures correctives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;

10. Décide de maintenir le Parc national de la Comoé (Côte d’Ivoire) sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Décision adoptée: 37 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-13/37.COM/7A, WHC-13/37.COM/7A.Add et WHC-13/37.COM/7A.Add.2),

2.  Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :