1.         Liverpool – Port marchand (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 1150)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2012-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Projet d’aménagement « Liverpool Waters ».

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours.

Mesures correctives identifiées

En cours

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1150/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1150/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2006 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS; Novembre 2011 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a)  Absence de gestion globale des nouveaux projets d’aménagement ;

b)  Absence d'analyse et de description des caractéristiques du paysage urbain associées à la valeur universelle exceptionnelle du bien et des perspectives remarquables associées au bien et à sa zone tampon ;

c)  Absence de règles établissant clairement la hauteur maximale des nouvelles constructions, que ce soit aux alentours des zones du patrimoine mondial ou le long des quais ;

d)  Absence de prise de conscience par les promoteurs, les professionnels du bâtiment et le grand public du bien du patrimoine mondial, de sa valeur universelle exceptionnelle et des exigences de la Convention du patrimoine mondial.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1150/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 30 janvier 2013, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien répondant à la décision 36 COM 7B.93 prise par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012). Le 27 mars 2013, des informations actualisées sur la décision du secrétaire d’État ont été soumises par l’État partie.

Projet d’aménagement « Liverpool Waters »

Il convient de rappeler que « Liverpool Waters » est un projet d’aménagement majeur, à grande échelle, qu’il est envisagé de mettre en œuvre sur une période de 30 ans. Il porte sur une superficie de 60 ha couvrant une partie du bien inscrit ainsi qu’une partie de sa zone tampon. Il s’étire sur 2 km le long des quais, de Princes Dock jusqu’à Bramley Moore Dock, et inclut des projets pour un ensemble d’immeubles de grande hauteur dans la zone tampon.

Dans son rapport, l’État partie a rappelé que le conseil municipal de Liverpool avait donné son aval au projet « Liverpool Waters », et a indiqué que cette décision avait été référée au secrétaire d’État responsable des collectivités et des pouvoirs locaux du fait de l’objection d’English Heritage au projet et en raison de son étendue. L’État partie a également rapporté que le promoteur avait fait savoir que, si la proposition actuelle n’était pas approuvée, il pouvait décider d’abandonner les efforts de réhabilitation de la zone et poursuivre les aménagements ordinaires qui ne nécessitent pas d’autorisation.

L’État partie a indiqué que la demande avait été soumise au secrétaire d’État en octobre 2012. À l’heure de la soumission par l’État partie du rapport sur l’état de conservation, aucune décision n’avait encore été prise par le secrétaire d’État. Le 27 mars 2013, toutefois, l’État partie a fait part d’informations complémentaires, indiquant que le secrétaire d’État avait décidé, le 4 mars 2013, de ne pas intervenir dans le dossier. Etant donné cette décision, il n’existe pas d’autre obstacle légal à l’avancement du projet « Liverpool Waters ». Le conseil municipal de Liverpool peut désormais confirmer son accord pour le projet d’aménagement, ce qui permettrait alors au promoteur de procéder à sa mise en œuvre.

Dans sa décision 36 COM 7B.93, le Comité avait pris note du rapport de la mission de suivi réactif conjointe qui avait conclu que, en termes de perception visuelle, le projet de réaménagement fragmenterait et isolerait les différentes zones de docks, au lieu de les intégrer dans un paysage urbain historique continu. La mission a par conséquent conclu que, si le projet « Liverpool Waters » tel que défini devait être mis en œuvre, le bien du patrimoine mondial pourrait subir des dommages irréversibles, en raison de la grave détérioration de sa cohérence architecturale et urbanistique, d’une perte grave d’authenticité historique et d’une importante perte de valeur culturelle. Elle a également noté que le projet d’aménagement dans la zone tampon se traduirait par la modification de la hiérarchie fonctionnelle et de la morphologie exprimée par le système de circulation portuaire (fleuve – écluses – dock – bassins), et par les typologies historiques des structures et services industriels portuaires, affectant ainsi les conditions d’authenticité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Notant la décision du secrétaire d’État de ne pas examiner le projet « Liverpool Waters » au niveau national, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent qu’il n’y a plus d’obstacle légal à l’avancement du projet d’aménagement. Ils rappellent les conclusions de la mission de suivi réactif conjointe de novembre 2011, comme exprimé dans l’avis du Comité du patrimoine mondial dans la décision 36 COM 7B.93, que le projet d’aménagement « Liverpool Waters » constitue une menace potentielle pour la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils notent également qu’aucune action n’a été entreprise pour supprimer le danger potentiel, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session. Ils considèrent que si le projet d’aménagement « Liverpool Waters » est mis en œuvre tel qu’actuellement planifié, il porterait irréversiblement atteinte aux attributs de la valeur universelle exceptionnelle et aux conditions d'intégrité qui ont justifié l'inscription, et pourrait conduire au retrait potentiel du bien de la Liste du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives attirent également l’attention sur le fait que l’État partie n’a soumis aucun état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, ni proposition de mesures correctives pour parvenir à cet état, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial. Dans le complément d’informations soumis le 27 mars 2013, toutefois, l’État partie a exprimé sa volonté de travailler avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives à l’élaboration d’un état de conservation souhaité et de mesures correctives, assortis d'un calendrier de mise en œuvre, en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. En avril 2013, des consultations ont été entreprises par l’État partie, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives en conséquence. Prenant en compte la persistance de menaces sur le bien, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent au Comité de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 37 COM 7A.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.93 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Rappelant également les conclusions de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de novembre 2011,

4.  Note les informations transmises par l’État partie sur le fait que le secrétaire d’État responsable des collectivités et des pouvoirs locaux a décidé de ne pas examiner les aménagements dits de « Liverpool Waters » au niveau national, et que le conseil municipal de Liverpool avait donné son aval à la demande soumise par le promoteur ;

5.  Réitère sa vive inquiétude quant à la menace potentielle du projet d’aménagement « Liverpool Waters » sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et note également que la mise en œuvre du projet, tel qu’actuellement planifié, porterait irréversiblement atteinte aux attributs et conditions d’intégrité qui ont justifié l’inscription, et pourrait conduire au retrait potentiel du bien de la Liste du patrimoine mondial ;

6.  Par conséquent, prie instamment l’État partie de reconsidérer le projet d’aménagement afin de garantir le maintien de la cohérence des attributs architecturaux et urbanistiques, ainsi que la protection continue de la valeur universelle exceptionnelle du bien incluant les conditions d’authenticité et d’intégrité ;

7.  Note en outre que l’État partie n’a pas encore élaboré de projet d’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril ni série de mesures correctives et demande à l’État partie de poursuivre les consultations avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives afin d’élaborer cet état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, accompagné d’une série de mesures correctives et d’un calendrier de mise en œuvre ;

8.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;

Décide de maintenir Liverpool – Port marchand (Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 37 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-13/37.COM/7A, WHC-13/37.COM/7A.Add et WHC-13/37.COM/7A.Add.2),

2.  Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :