1.         Vallée de Kathmandu (Népal) (C 121bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/121/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1989)
Montant total approuvé : 77 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/121/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

novembre 1993: mission conjointe UNESCO / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Effondrement du toit du Temple de Patan; Glissement de terrain; Révision de la mise en oeuvre du plan d'action; Nécessité d'entreprendre des travaux de restauration/consolidation

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/121/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1993

Le Comité a approuvé le rapport de 1'ICOMOS, basé sur les recommandations de la 7ème Conférence et du Symposium international du Comité du Bois qui a eu lieu à Kathmandu, en novembre 1992. Le Comité a également adopté les recommandations faites par 1'ICOMOS et a demandé aux autorités népalaises d'étudier leur mise en oeuvre. Conformément à la recommandation du Comité, une évaluation technique de tous les projets de conservation de cette Vallée entrepris depuis les 20 dernières années sera faite en 1993. Les principaux objectifs de cette étude seront les suivants: établir des orientations générales pour la conservation de toute la vallée et revoir les limites de la zone protégée au titre de la Convention.

Il convient de rappeler qu'un projet de fonds-en-dépôt japonais est actuellement mis en oeuvre par la Division du patrimoine physique pour Patan Durbar Square (un des sept sites de la Vallée de l'ensemble inscrit sur la Liste du patrimoine mondial). Ce projet d'un montant de $EU 375.000, répartis sur trois ans, a pour but d'établir une documentation scientifique des constructions historiques. Le PNUD a été sollicité pour une aide financière supplémentaire en vue de renforcer la capacité institutionnelle des agences nationales et municipales responsables de la sauvegarde des monuments et des quartiers urbains historiques de la Vallée.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1993

Le Comité du patrimoine mondial, à sa seizième session, et ultérieurement le Bureau, à sa dix-septième session, ont été informés de l'état alarmant de la conservation des bâtiments et monuments historiques de la vallée de Kathmandu. En conséquence, le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS ont été chargés d'entreprendre une mission d'évaluation globale sur le site du patrimoine mondial et d'en présenter les conclusions au Comité.

La mission, qui comprend également des experts qui avaient participé à la préparation du Modèle de plan de la Vallée de Kathmandu en 1977, est maintenant prévue pour se tenir sur le terrain au cours des troisième et quatrième semaines de novembre 1993, ainsi que l'ont confirmé les autorités népalaises.

Des homologues népalais se joindront aux experts de la mission qui mènera une enquête et une étude sur sept biens situés sur ce site inscrit en 1979 sur la Liste du patrimoine mondial. Les trois principaux thèmes d'étude de la mission sont les suivants .

  1. Les changements ayant affecté le site du patrimoine mondial et les causes de ces changements : les limites feront l'objet d'une attention particulière et leur extension pourrait être envisagée.
  2. Les conditions environnementales affectant le site du patrimoine mondial et ses monuments. On prendra en compte des facteurs comme l'empiètement, la reconstruction, les pressions exercées par la circulation ou l'introduction de services modernes ; on évaluera l'efficacité des mécanismes actuels de contrôle et l'on jugera s'il faut faire des recommandations en vue d'un changement.
  3. Les pratiques actuelles en matière de conservation des bâtiments et autres structures sur le site du patrimoine mondial ; on suggérera des orientations sur les techniques de conservation qui soient appropriées aux bâtiments népalais traditionnels et l'on fera des recommandations concernant toute formation qui serait jugée nécessaire.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 17 BUR VIII.2

Le Comité du patrimoine mondial a été informé à sa seizième session, de l'état alarmant de la conservation des bâtiments et monuments historiques de la vallée de Kathmandu. L'UNESCO et l'ICOMOS sont chargés d'entreprendre un processus d'évaluation globale de la vallée de Kathmandu et de tout ce qui a été effectué depuis 20 ans dans le domaine de la protection du patrimoine culturel de Kathmandu. Cette étudea pour objectifs d'établir des orientations générales en vue de la conservation préventive de toute la vallée et de réétudier les limites de la zone protégée aux termes de la Convention.

La Division du Patrimoine physique de l'UNESCO réalise actuellement un projet, avec des fonds japonais en dépôt, qui concerne Patan Durbar Square, l'un des sept sites de la vallée inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Ce projet a pour but d'établir une documentation scientifique sur ce monument historique. Les fonds affectés à ce projet s'élèvent à environ 375.000 $EU sur une période de trois ans. Le PNUD a été sollicité pour fournir une aide supplémentaire et renforcer les pouvoirs institutionnels des organismes nationaux et municipaux responsables de la sauvegarde des monuments et des quartiers urbains historiques de la vallée.

A la suite d’une mission de l’UNESCO, effectuée au début de juin sur le terrain, le gouvernement népalais a exprimé sa préoccupation devant la détérioration rapide de ce site du patrimoine mondial situé dans la vallée. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a l'intention de renforcer la loi n° 2013 sur la protection des monuments, afin d'assurer une meilleure protection du patrimoine culturel. En date du 9 juin, les maires de Kathmandu, Patan et Bhakutapur ont décidé qu'en raison de la démolition des bâtiments historiques, les travaux de construction seraient interdits pendant six mois. Par ailleurs, le Centre du patrimoine mondial a été informé que les agences locales d'information annonçaient que des constructions rapides étaient en cours, et que les travaux étaient menés non seulement par des gens du pays, mais aussi par des étrangers.

Actuellement, la démolition sans autorisation de bâtiments anciens en bois et la reconstruction de structures en béton est devenue chose courante. Le Centre du patrimoine mondial a récemment reçu un rapport selon lequel, le 12 avril 1993, deux bâtiments en bois du XIVe siècle situés à Patan (Tyagah Chapa et Pati) ont été démolis par leur propriétaire, le "Guthi", et remplacés par un ensemble en béton comprenant des boutiques, sources de revenus réguliers. Le Centre du patrimoine mondial a immédiatement demandé aux autorités népalaises d'enquêter sur cette affaire et de le tenir au courant. Par ailleurs, il a également été demandé de rechercher d'urgence des moyens d'empêcher de telles pratiques.

A la présente session, l'ICOMOS a envisagé la nécessité de contacter les autorités népalaises pour leur faire part de l'inquiétude générale et déplorer la destruction actuelle de bâtiments patrimoniaux significatifs faisant partie des sites de la vallée de Kathmandu inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et d'entreprendre le projet d'étude sur 20 ans, en collaboration avec le Centre et la Division du Patrimoine physique de l'UNESCO.

Le délégué des Etats-Unis d'Amérique a exprimé sa vive préoccupation devant la dégradation et les démolitions actuelles de monuments et de bâtiments historiques de la vallée de Kathmandu, dues au manque de fermeté de la législation en vigueur et à l'absence de mesures de protection adéquates comme l'exige la Convention ; il a donc suggéré l'inscription de ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le délégué de l'Allemagne a appuyé la suggestion du délégué des Etats-Unis et a également insisté sur la nécessité d'améliorer nettement la législation relative à la protection de tous les monuments historiques.

Le Rapporteur a également insisté sur la nécessité pour les autorités népalaises de se conformer à la Convention et à ses orientations. Par ailleurs, il a demandé que la Division du Patrimoine physique de l'UNESCO joue un rôle actif dans la protection et la sauvegarde de la vallée de Kathmandu.

A la demande du Président, les délégations d'Allemagne et des Etats-Unis, ainsi que les représentants de l'ICOMOS, se sont réunis pendant la réunion du Bureau et se sont mis d'accord sur les recommandations suivantes concernant la vallée de Kathmandu :

  1. Il est recommandé que le Secrétariat, au nom du Bureau, écrive une lettre au gouvernement népalais pour exprimer sa vive préoccupation devant la destruction de monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et situés à Patan ainsi que dans d'autres secteurs de la vallée de Kathmandu.
  2. Par ailleurs, il faudrait annoncer au gouvernement du Népal la venue d'une mission organisée par le Centre du Patrimoine mondial et l'ICOMOS, et qui qui devrait avoir lieu au cours de la seconde moitié de 1993. Cette mission d'experts mènera une enquête sur les problèmes techniques de restauration, selon l'ordre donné par le Comité à Santa Fé. En outre, la mission abordera de nouveaux problèmes dont les rapports de suivi présentés à la présente réunion du Bureau ont révélé l'urgence. Ces questions sont les suivantes :

a) La révision de l'Ordonnance de 1956 relative à la préservation des monuments anciens: cette législation ne peut actuellement empêcher la destruction de monuments et se révèle donc inefficace pour écarter les graves menaces auxquelles les monuments sont de plus en plus exposés.

b) La mission WHC/ICOMOS a l'intention d'inspecter et de déterminer les limites des sept secteurs de la vallée appartenant au site du patrimoine mondial et proposera, si nécessaire, une extension de ces limites pour incorporer d'autres monuments importants à l'intérieur du site.

c) La mission d'experts a l'intention d'effectuer sur le terrain un contrôle de l'inventaire des monuments réalisé en 1979, au moment de l'inscription du site, car il semble contenir un grand nombre de monuments qui ont été détruits depuis.

Le groupe d'experts devra étudier la composition du personnel du Département d'archéologie du Népal et de l'administration des trois villes importantes qui sont responsables de la protection des monuments, afin d'évaluer le nombre d'experts supplémentaires nécessaires pour empêcher de nouvelles destructions de monuments.

Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS présenteront un rapport sur le résultat de leurs actions au cours de la dix-septième session du Comité à Carthagène, afin de permettre au Comité de faire des propositions positives au gouvernement népalais.

Décision adoptée: 17 COM X

Vallée de Kathmandu (Népal)

Une mission conjointe UNESCO/ICOMOS a été effectuée en novembre 1993 pour évaluer les activités de conservation actuelles et passées, examiner les limites et vérifier la possibilité d'établir des zones tampons, vérifier l'inventaire des monuments, estimer l'aide que peuvent apporter les autorités nationales et municipales et évaluer les propositions d'améliorations à la Loi sur la préservation des monuments anciens. Les conclusions de la mission insistent sur l'urgence permanente de la situation et ont défini seize domaines à améliorer pour maintenir l'intégrité que possédait le site lors de son inscription. La mission a également suggéré une augmentation de l'aide internationale et une présence permanente de l'UNESCO sur le site. L'ICOMOS a proposé que le gouvernement népalais envisage de recommander au Comité d'inscrire la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin d'accroître l'aide internationale ; il a également suggéré qu'une mission de contrôle soit effectuée dans un an, en coopération avec les autorités népalaises, pour vérifier les progrès réalisés dans les seize domaines concernés.

L'observateur du Népal a déclaré que son gouvernement allait étudier sérieusement les recommandations faites par la mission. A son avis, les menaces pesant sur le site n'étaient pas assez graves pour justifier une inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Actuellement, le Népal s'emploie activement à prendre des mesures, spécialement pour améliorer la conservation, la gestion et la protection juridique du site et l'état de la conservation va très prochainement s'améliorer. Le Népal aimerait recevoir une assistance technique de la part du Fonds et de l'ICOMOS pour soutenir ses efforts en matière de conservation.

Le Comité a conclu que le rapport de mission devait être étudié de manière approfondie et que les recommandations seraient examinées en collaboration avec les autorités népalaises. Le Comité a chargé le Centre de présenter un rapport au Bureau sur cette question, lors de sa prochaine session.