1.         Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire,Guinée) (N 155bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1989)
Montant total approuvé : 147 882 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 1988

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Absence de Plan de gestion; Financements insuffisants; Braconnage; Nouvelle voie ferrée; Exploitation minière

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1990

Un projet intégré, qui constitue la suite du projet d'assistance préparatoire financé par le Fonds du patrimoine mondial en 1988, est actuellement mis en oeuvre au Mont Nimba avec une assistance financière du PNUD. Ce projet comporte un inventaire des ressources naturelles du site, qui fournira la base pour évaluer les impacts potentiels du projet d'exploitation de minerai de fer envisagé.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1990

Les préoccupations du Comité et du Bureau concernant l'impact du projet d'exploitation du minerai de fer dans ce site ont été transmises aux autorités guinéennes et françaises (compte tenu du rôle d'une compagnie française dans ce projet), ainsi qu'à la Banque mondiale. Les autorités guinéennes et françaises n'ont à ce jour pas répondu.

Les menaces qui pèsent sur ce site sont aggravées par la présence de plusieurs milliers de réfugiés venus du Liberia qui, au moment où ce rapport a été écrit, recevaient une assistance d'urgence des Nations Unies.

La Banque mondiale (Département d'Afrique occidentale et centrale) a fait savoir au Secrétariat qu'elle disposait d'un financement japonais de 500.000 dollars des Etats-Unis pour mener à bien une étude d'impact sur l'environnement; 300.000 dollars des Etats-Unis ont été prélevés de cette somme et attribués à une étude écologique de l'Unesco sur le Mont Nimba qui devrait fournir les informations nécessaires à l'évaluation de l'impact sur l'environnement. La Banque a également informé le Secrétariat qu'elle avait recommandé aux autorités de la Guinée de ne pas approuver le projet d'exploitation du minerai tant que l'étude d'impact n'aurait pas été menée à bien.

Par ailleurs, le groupe d'exploitation, qui comprend des intérêts américains, français et japonais, mène sa propre évaluation environnementale, et prépare un plan de protection de l'environnement, qui sera achevée à la mi-novembre et disponible pour examen et analyse par le Comité du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 14 BUR IV.A.22-24

22. Le Bureau a rappelé qu'au moment de l'inscription de ce site sur la Liste du patrimoine mondial en 1981, le Comité savait qu'il était question d'exploiter le riche gisement de fer situé dans la partie nord de. la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba en Guinée. Il existait maintenant un projet fort intéressant pour l'industrie de l'acier en Europe, au Japon et aux États-Unis et qui devait être financé essentiellement par des consortiums miniers français, japonais et améri­cains. Ce projet impliquait le prolongement d'une voie ferrée existante à partir du versant libérien du Mont Nimba, la construction d'un trottoir roulant pour acheminer le minerai depuis les sommets de la partie nord du Mont Nimba et une mine à ciel ouvert d'une superficie d'environ 200 ha. La Banque mondiale, qui était également impliquée dans le soutien financier du projet, était consciente de l'appartenance du site au patrimoine mondial et avait fixé le cadre d'une étude d'impact sur l'environnement. L'UICN, pour sa part, avait refusé de prendre la direction de cette étude du fait que l'activité minière mettrait de toute évidence sérieusement en danger l'intégrité des écosystèmes naturels qui avaient justifié l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial. Le Bureau a été informé en outre du lancement récent, à la demande du gouvernement guinéen, d'un projet Unesco/PNUD destiné à étudier les écosystèmes du site en vue d'améliorer sa pro­tection et sa gestion. Il était certain que les données qui résulteraient de cette étude pourraient servir de base pour une étude d'impact sur l'environnement.

23. Le Bureau a été informé qu'à la suite d'une visite privée de la société minière française concernée, le Secrétariat avait adressé une lettre datée du 8 juin 1990 au délégué permanent de la France auprès de l'Unesco l'informant de la situation et lui rappelant qu'aux termes de l'article 6.3 de la Convention, la France devait éviter de prendre des mesures susceptibles d'endommager un site du patrimoine mondial situé sur le territoire d'un autre Etat partie. Une lettre dans le même sens avait été adressée le même jour au délégué permanent de la Guinée rappelant la responsabilité de la Guinée dans la protection de ses biens relevant du patrimoine mondial.

24. L'observateur de la France a informé la Comité qu'il aborderait cette ques­tion avec les autorités compétentes de son pays. Le Bureau a exprimé sa préoccupa­tion au sujet de la menace susmentionnée qui mettait en lumière les facteurs éco­nomiques en jeu dans la sauvegarde des biens du patrimoine mondial. Le Bureau, conscient du fait que le gouvernement guinéen ne tirerait en réalité que des reve­nus assez faibles de l'exploitation du minerai de fer du Mont Nimba (comme l'avait indiqué la Banque mondiale au cours de la dernière session du Comité), a demandé au Secrétariat d'entrer en rapport avec les autorités guinéennes ainsi qu'avec les autres États parties intéressés pour leur demander de renoncer à ce projet compte tenu de leurs obligations en tant qu'États parties à la Convention et d'étudier les conséquences économiques qui en découleraient.

Décision adoptée: 14 COM IX

Mont Nimba (Guinée et Côte d'Ivoire)

Le Comité a pris note des informations fournies par l' UICN sur le proj et d'exploitation minière du Mont Nimba et sur le fait que ce projet serait, selon l'UICN, de nature à mettre en péril la valeur et l'intégrité qui avaient justifié l'inscription de ce bien sur la Liste du patrimoine mondial ; l'Assemblée générale de l'UICN, qui venait de se tenir en Australie, avait adopté une résolution priant instamment les autorités guinéennes de ne pas autoriser ce projet et de mettre en œuvre un plan de développement de la région qui garantisse la protection du site.

L'observateur de la Guinée a confirmé la volonté de son gouvernement d'exploiter le minerai de fer du Mont Nimba, exploitation qui avait toujours été envisagée, y compris au moment de l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial. Il a toutefois indiqué que la zone d'exploitation, qui ne couvrait que 800 ha, se trouvait en dehors du site inscrit sur la liste du patrimoine mondial et que son impact sur ce site serait minimisé en fonction des résultats d'une étude d'impact réalisée par un bureau d'étude et dont les conclusions devaient être connues dans de brefs délais ; il a ajouté que l'exploitation minière permettrait de fournir un emploi aux populations locales et également à une partie des réfugiés qui avaient envahi le site et mettaient maintenant son intégrité en péril.

Le Comité a chargé le Secrétariat d'écrire aux autorités guinéennes pour qu'elles confirment, à l'aide d'une documentation cartographique appropriée, que le projet d'exploitation minière se trouvait en dehors du site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Le Comité a aussi demandé au Bureau de réexaminer la question à sa prochaine session, à la lumière de cette documentation.

Le Comité a également souhaité demander aux deux États parties qui ont des intérêts économiques directement liés au projet d'exploitation, les États-Unis d'Amérique et la France, d'examiner si l'article 6.3 de la Convention du patrimoine mondial pourrait s'appliquer à cette initiative.