1.         Ensemble historique du Palais du Potala, Lhasa (Chine) (C 707ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (i)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pression du tourisme ; manque de capacités en matière de techniques de conservation, absence de mécanisme de gestion (notamment législatif), manque de coordination des institutions ; incendies

Informations complémentaires :

Les pressions liées aux aménagements incluent les activités religieuses dans et autour du bien du patrimoine mondial. Bodhgaya est exposé à des conditions climatiques extrêmes (temps très sec et chaud) qui rendent plus difficiles la conservation, ainsi que la construction d’installations pour accueillir les touristes et les pèlerins.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Conformément à la décision 27 COM 7B.45 adoptée à la 27e session du Comité du patrimoine mondial en 2003, l’Etat partie a soumis un rapport d’avancement le 12 janvier 2004.

L’entretien et la protection du Palais du Potala et la conservation de Norbulingka ont commencé en juin 2002 et se poursuivent comme prévu. Un plan de lutte contre l’incendie et un dispositif de sécurité du Temple du Jokhang doivent être finalisés courant 2004. Des mesures ont été prises pour interdire la destruction des bâtiments historiques dans la région de Shöl, ce qui maintiendra sa fonction principale de vitrine de la société culturelle traditionnelle tibétaine. Le plan de conservation actuel n’a pas encore mis à la disposition du public en association avec un mécanisme d’évaluation périodique. Par ailleurs, l’ouverture recommandée d’une agence de gestion et de développement de la vieille ville de Lhassa et du bien du patrimoine mondial n’a pas eu lieu.

Le Gouvernement de la Région autonome du Tibet envisage de classer les sites du patrimoine culturel de la vieille ville de Lhassa pour garantir leur protection au niveau de la région autonome. Il y a actuellement six sites culturels protégés au niveau de l’Etat, six au niveau de la Région autonome, six au niveau de la ville et 93 autres constructions traditionnelles dont la protection a été demandée. La participation du public a été encouragée dans les activités de protection du patrimoine culturel et des programmes sont formulés par l’Administration du Tibet chargée du patrimoine culturel afin de sensibiliser la population et par voie de conséquence de l’intéresser davantage à la conservation du patrimoine.

Des activités de formation au développement du tourisme et de conseil sur le développement d’un tourisme durable ont été prévues. Il a été recommandé d’organiser un voyage d’étude sur la gestion de biens du patrimoine mondial et des programmes d’échange entre gestionnaires de site et le Gouvernement chinois encourage ces initiatives.

En évaluant le rapport d’avancement, l’ICOMOS a estimé qu’il n’indiquait pas clairement les progrès réalisés depuis la décision du Comité du patrimoine mondial à sa 27e session. Il ne mentionne ni la situation ni l’état de conservation de la région de Shöl maintenant que la population locale a été évacuée, pas plus qu’il ne commente la modernisation récente et rapide à l’extérieur de la zone tampon.

Un article de presse a été reçu par le Secrétariat, exprimant une profonde inquiétude quant au chantier de restauration en cours au Palais du Potala à Lhassa. Il indique qu’aucun ouvrier, et surtout aucun Tibétain, ayant une connaissance du savoir-faire traditionnel et des techniques de restauration n’est employé pour superviser et travailler à la restauration des sols, des murs et des toitures des édifices du palais, ce qui a conduit à utiliser du ciment et d’autres matériaux et procédés inappropriés. L’article continue en affirmant que l’usage de ces techniques de restauration jugées inadéquates va entraîner de sérieux problèmes qui aboutiront à une désintégration du tissu architectural et donc, à la perte d’authenticité de ce bien du patrimoine mondial. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.55

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Exprime sa gratitude à l’Etat partie pour les mesures prises en vue d’améliorer l’état de conservation du bien ;

2. Prend note en outre des informations communiquées par l’Etat partie à sa 28e session en 2004 ;

3. Encourage les autorités chinoises à développer un programme stratégique coordonné pour la conservation et la réhabilitation du tissu historique de la vieille ville de Lhassa, basé sur une étude des valeurs patrimoniales des structures historiques. Cette analyse devrait aider les autorités à classer les bâtiments selon leur importance. L’information devrait être rendue publique.

4. Demande que l’Etat partie communique au Comité du patrimoine mondial des informations sur tous les grands travaux de conservation et de rénovation à Lhassa ;

5. Demande que l’UNESCO et l’ICOMOS aident les autorités chinoises à évaluer et à réviser le plan de conservation d’ensemble pour utiliser au mieux la région de Shöl qui fait partie de la section administrative du Palais du Potala, afin de maintenir le tissu urbain traditionnel de la zone tout en modifiant l’usage des bâtiments traditionnels ;

6. Encourage en outre l’Etat partie à élaborer des orientations relatives à la conception de l’environnement du patrimoine urbain, y compris des éléments d’aménagement urbain, de manière à renforcer la capacité des concepteurs, des architectes et des urbanistes locaux à suivre les normes de conservation internationales ;

7. Demande à nouveau à l’Etat partie de poursuivre ses efforts pour minimiser l’impact négatif de la pression de l’aménagement sur la valeur de patrimoine mondial du bien et, à cet effet, recommande ce qui suit :

a) Besoins institutionnels : l’existence d’une agence de gestion et de développement coordonnant les activités dans la Vieille ville de Lhasa, agence qui pourrait être chargée de gérer la ville et les biens du patrimoine mondial, serait un avantage pour faire face aux enjeux de la conservation à Lhasa. Il est recommandé de créer une agence de ce type pour collecter et administrer les fonds des donateurs nationaux et internationaux,

b) Conservation, planification et urbanisme : compte tenu des processus de changement et de développement urbain en cours, il est recommandé d’entreprendre une révision du plan d’urbanisme pour faire face aux problèmes que pose la conservation intégrée du tissu urbain de Lhasa. Il faudrait mettre l’actuel plan de conservation pour 1995-2015 à la disposition du public pour qu’il en ait une meilleure compréhension. Un mécanisme de révision périodique de la pertinence du plan de conservation devrait être prévu dans le processus même de planification,

c) Protection : compte tenu du changement d’aspect rapide de la Vieille ville de Lhasa, tous les monuments historiques traditionnels restants devraient être protégés au niveau de la région autonome ou au niveau national,

d) Conservation et réhabilitation des bâtiments historiques traditionnels : sauf cas exceptionnel, toute démolition devrait être arrêtée, en particulier dans la région de Shöl. Tout remplacement de constructions traditionnelles qui s’avère nécessaire devrait respecter le caractère historique des lieux. L’Etat partie est prié d’informer le Comité du patrimoine mondial de sa politique de conservation du tissu urbain historique de Lhasa,

e) Prise de conscience des besoins de conservation : il est recommandé que les autorités responsables de la gestion du bien mettent en place un programme pour encourager la participation de la collectivité et sensibiliser davantage la population locale aux besoins de conservation du patrimoine,

f) Zones de protection et zones tampons : il est recommandé que les autorités responsables de la gestion du bien évaluent et redéfinissent les limites actuelles du patrimoine mondial ainsi que les orientations devant guider la gestion du Palais du Potala, du Temple du Jokhang (y compris la zone historique de Barkor) et de Nobulingka, en tenant compte des valeurs de patrimoine de l’environnement et du paysage alentour,

g) Tourisme : Compte tenu des possibilités de génération de revenus offertes par l’industrie du tourisme pour financer les travaux de conservation à Lhasa, les autorités responsables de la gestion du bien sont encouragées à mettre en place des activités de formation et à fournir une assistance à la planification du tourisme durable sur les sites du patrimoine mondial de Lhasa,

h) Diffusion internationale : la mise en place d’un programme d’échange entre les gestionnaires de sites à Lhasa et ceux de biens du patrimoine mondial d’autres pays est encouragée afin de développer les activités de coopération locales et internationales. Les autorités chinoises pourraient envisager l’organisation d’un voyage d’étude sur certains sites du patrimoine mondial administrés avec succès en se concentrant sur les questions susmentionnées,

8. Se dit prêt à examiner une demande d’assistance internationale visant à soutenir les efforts nationaux et locaux déployés pour mettre en oeuvre les recommandations susmentionnées ;

9. Demande en outre au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS d'entreprendre une mission sur le site dès que possible et de soumettre un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité à sa 29e session en 2005.