1.         Forêt Bialowieza (Bélarus,Pologne) (N 33ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/33/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/33/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Abattage ; absence de mécanisme de gestion (et de législation)

Détails supplémentaires :

Gestion transfrontalière; abattage ; usage communautaire

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/33/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Une mission commune UICN/UNESCO a visité la Forêt Belovezhskaya Pushcha / Bialowieza en Pologne et en République du Bélarus du 15 au 20 mars 2004, selon la décision de la 27e session du Comité du patrimoine mondial (27 COM 7B.14). La mission a étudié l’état de conservation du bien, a évalué les possibilités de coopération multilatérale et bilatérale pour la gestion du site, a clarifié les questions de zonage du site du patrimoine mondial et de la clôture le long de la frontière internationale, et a rencontré tous les partenaires concernés au Bélarus et en Pologne. La mission a conclu que l’intégrité et les valeurs de patrimoine mondial du site dans les deux pays ne sont pas directement menacées par le déboisement ou tout autre action dans le périmètre du site du patrimoine mondial.

 

La mission a cependant constaté quelques menaces potentielles courantes, qui pourraient avoir un impact négatif sur l’ensemble du site, en particulier en modifiant le caractère dominant des principales espèces d’arbres : a) réchauffement de la planète ; b) pollution atmosphérique venue de loin ; c) modification du régime hydrologique et des niveaux des nappes phréatiques. La mission a aussi constaté que l’intégrité du bien du patrimoine mondial est vulnérable aux facteurs extérieurs vu sa superficie relativement faible. La situation s’est cependant améliorée depuis huit ans. La superficie du Parc national polonais a presque doublé en octobre 1996, lorsque le Conseil des Ministres a approuvé une extension de 5 186 ha. En 2003, un total de 12 000 ha des forêts d’Etat environnantes a été classé en Réserves naturelles. L’administration du Parc national en République du Bélarus a également reçu des nouveaux territoires sous sa juridiction ; ils serviront de zones tampons supplémentaires pour le bien du patrimoine mondial.

 

La mission a noté quelques motifs de préoccupation susceptibles d’évoluer et de menacer l’intégrité du bien du patrimoine mondial s’ils n’étaient pas pris en compte ou contrôlés : a) intégrité insuffisante du site du patrimoine mondial des deux côtés de la frontière dans la forêt environnante et séparation écologique des deux sites due aux clôtures marquant la frontière ; b) activités d’exploitation dans les forêts entourant le bien du patrimoine mondial (essentiellement déboisement sanitaire) réduisant la quantité de bois mort et en décomposition dans les forêts entourant le bien du patrimoine mondial ; c) développement des impacts du tourisme concentrés sur les villages de Bialowieza et Kamenuki, adjacents au bien du patrimoine mondial.

 

La mission a constaté que les Etats parties, le personnel de leur Parc national et leurs partenaires étaient bien conscients de ces menaces et qu’ils avaient défini, dans la mesure du possible, des mesures pour les limiter. La mission a signalé que l’on pouvait réduire certaines des menaces en traitant l’ensemble de la forêt comme une seule unité de gestion avec des objectifs essentiels : protéger l’écosystème de forêt ancienne et sa biodiversité.

 

La mission a noté que la coopération entre les Etats parties dans le domaine de la conservation et de la gestion du bien du patrimoine mondial n’était encore suffisante. Elle a cependant constaté avec satisfaction que les Etats parties avaient, de leur propre initiative, profité de la venue de la mission pour organiser une réunion bilatérale et discuter des moyens d’améliorer la coopération concernant la gestion du bien du patrimoine mondial et de la forêt en général.

 

Le rapport a noté qu’en 1992, la zone centrale du Parc national Belovezhskaya Pushcha, en République du Bélarus, avait été inscrite en tant qu’extension au site polonais. La partie polonaise de l’aire proposée pour inscription est bien connue pour avoir été le point de départ de projets de réintroduction du bison d’Europe. L’ensemble forestier présente toutefois une gamme de valeurs beaucoup plus large en matière de conservation.

 

L’aire classée au patrimoine mondial fait partie d’un ensemble forestier beaucoup plus vaste, d’environ 150 000 ha, le plus vaste et le mieux préservé d’Europe en ce qui concerne les forêts de basses terres mixtes. Cet ensemble est divisée en deux : une partie biélorusse (90 000 ha) et une partie polonaise (60 000 ha). Le rapport indique qu’alors qu’au Bélarus presque toutes les forêts de l’ensemble font maintenant partie du bien transfrontalier du patrimoine mondial (92 923 ha), moins de 10 % des forêts polonaises ont été incluses dans le bien du patrimoine mondial.

 

La protection de la biodiversité et des processus naturels dans cet ensemble forestier plus vaste préoccupe les ONG locales et nationales de protection de la nature, notamment en ce qui concerne les impacts de l’exploitation forestière. Plusieurs ONG et spécialistes de l’environnement réclament une extension des aires strictement protégées ainsi qu’une extension du bien du patrimoine mondial du côté polonais de la frontière.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.20

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Notant les informations fournies par la mission UICN-UNESCO sur le site et félicitant les deux Etats parties de leurs efforts de protection,
  2. Demande aux Etats parties de créer un organisme de gestion ou une structure commune pour traiter la totalité de l’aire de patrimoine mondial des deux côtés de la frontière afin de permettre une planification et une gestion cohérentes axées sur un objectif essentiel : la préservation de la forêt ancienne et de sa dynamique naturelle ;
  3. Prie instamment les deux Etats parties d’évaluer de façon plus approfondie les possibilités de réduire les impacts que cause la clôture marquant la frontière sur les ongulés et autres mammifères ; au cas où il ne serait pas possible de supprimer la clôture, il faudrait utiliser des techniques appropriées pour permettre les mouvements des animaux le long de certains corridors.
  4. Encourage les deux Etats parties à accorder une haute priorité à la mise en oeuvre de toutes les recommandations proposées dans le rapport de mission et leur demande de fournir une réponse à ces recommandations, ainsi que des informations sur la manière dont ils comptent les mettre en oeuvre, d’ici le 1er février 2005, pour étude par la 29e session du Comité, en 2005.