1.         Monts Rwenzori (Ouganda) (N 684)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1999-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/684/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2001)
Montant total approuvé : 96 749 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/684/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Tourisme ; agriculture ; exploitation forestière ; braconnage/chasse ; absence de techniques de conservation, de système de suivi, de mise en valeur, de ressources humaines et financières ;conflit armé ; troubles civils

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/684/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Comme l’avait demandé le Comité, l’Etat partie a soumis en janvier 2004 un rapport de l’organisme chargé de la gestion du bien (« Uganda Wildlife Authority » ou UWA) dans lequel ce dernier aborde les recommandations de la mission effectuée conjointement par l’UICN et le Centre dans le Parc national en 2003 et demande que le bien soit retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril. L’Etat partie affirme en effet que le Parc est maintenant hors de danger et que l’organisme de gestion a la totalité du bien sous contrôle. L’armée s’est retirée du Parc et n’effectue que des missions sporadiques de surveillance, accompagnée par le personnel du Parc. Il est rappelé que le Comité avait inscrit le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1999 en raison d’un manque de ressources, de la suspension des projets et de sérieux problèmes de sécurité dus au fait qu’une grande partie du bien échappait au contrôle des autorités responsables de sa gestion.

 

En ce qui concerne les recommandations de la mission conjointe de l’UICN et du Centre, l’Etat partie fait les observations suivantes :

 

En mai 2002, le Parlement ougandais a approuvé le Plan de système des aires protégées qui reconsidère toutes les limites des aires protégées de faune gérées par l’UWA. Les limites du Parc national des monts Rwenzori ne sont pas modifiées, mais l’UWA a reçu à cette occasion un soutien financier plus important du Gouvernement ougandais, ainsi que des fonds de la Banque mondiale dans le cadre du projet Gestion des aires protégées et développement durable (PAMSU) qui prévoit des fonds pour le marquage des limites du bien, comme l’avait recommandé la mission. Au moment de la préparation du rapport, 30 % des 150 km de frontière ouverte avaient été retracés et la totalité devrait être achevée d’ici juin 2004. La plantation d’une rangée d’eucalyptus pour marquer cette limite devrait démarrer en mars 2004 et s’achever d’ici décembre 2004. A ce jour, aucune carte indiquant la limite précise fixée et marquée n’a été transmise au Centre.

 

En ce qui concerne le plan de gestion, le rapport indique qu’un plan de gestion général sur 10 ans est en cours de préparation pour garantir l’intégrité du Parc. La phase de planification a démarré en avril 2003 avec la constitution d’une équipe de planification comprenant des membres du personnel de l’UWA, des représentants des collectivités locales et de la population locale, et des ONG travaillant dans la région. Toutes les parties prenantes recensées ont été consultées, notamment des organisations internationales. Sur la base des questions soulevées lors de ces consultations, des propositions de stratégie et d’action pour le plan de gestion général ont été faites. Ces propositions ayant été discutées au plus haut niveau avec l’UWA et jugées acceptables, les gestionnaires du Parc ont d’ores et déjà entrepris de les mettre en œuvre, dans l’attente de l’approbation officielle, prévue en juin 2004, par le Conseil d’administration de l’UWA.

 

Le rapport indique également qu’un plan de surveillance et de recherche a été élaboré par l’organisme responsable du Parc ; il prévoit des dispositions pour la surveillance des activités illégales, de l’extraction des ressources naturelles (braconnage, exploitation forestière et abattage des bambous), des impacts du tourisme, des incendies et des conflits entre l’homme et la faune.

 

Comme le demandait la mission, un comité local (Community Protected Area Institution ou CPI) travaillant avec l’UWA pour toutes les questions touchant aux relations entre la population et le Parc a été créé. Une proposition de projet servant les intérêts non seulement du Parc mais aussi des populations locales des alentours du Parc est également en cours de préparation en coopération avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) ; il devrait réduire la dégradation des terres autour du Parc en encourageant de meilleures méthodes agricoles, l’agroforesterie et un meilleur aménagement du territoire ; améliorer la gestion du Parc par une aide à la formation du personnel, des services d’assistance technique et d’aide au développement d’infrastructures ; mettre en place des mécanismes efficaces de communication et de coopération entre le Parc et les populations locales en renforçant notamment les capacités des collectivités locales en matière de planification environnementale axée sur la conservation ; apporter une aide au lancement et au développement de processus et d’outils régionaux et transfrontaliers pour la conservation du massif de Rwenzori.

 

L’Etat partie rend également compte de plusieurs mesures prises pour réduire l’impact du tourisme sur le site et en particulier des expéditions en montagne. L’état du circuit central a été amélioré en le déviant pour le faire passer dans des zones moins abruptes quand c’était possible ou en aménageant des chemins en lacet, en taillant des marches, en posant des échelles et des garde-fous dans les zones rocheuses abruptes et en réalisant des chemins de planche dans les zones les plus marécageuses. Une nouvelle politique a été adoptée pour réduire le nombre de porteurs accompagnant les visiteurs. De nouveaux itinéraires d’escalade sont en cours de recensement pour détourner une partie des visiteurs du circuit central.

 

Sur la question des mines antipersonnel, le rapport indique que l’UWA collabore avec les forces de sécurité pour repérer et éliminer les mines antipersonnel et que les forces de sécurité ont déjà élaboré un programme pour cartographier et déminer la zone. Dans un message récent adressé au Centre, le directeur général du service de gestion insiste sur le fait que la question des mines dans le Parc est plus un problème d’après-guerre qu’un réel danger et que l’Etat partie a la capacité nécessaire pour le régler.

 

Le rapport ne donne pas de nouvelles informations sur la recommandation de la mission que soient examinées les questions de manque de personnel et de budget, mais fait état d’un manque d’infrastructures de gestion, lesquelles infrastructures font partie des améliorations prioritaires dans le plan de gestion général. Il précise que le PAMSU a mis de côté des fonds pour la construction de bureaux, de logements et de postes pour le personnel, mais qu’ils sont insuffisants pour couvrir tous les besoins en matière d’infrastructures. Le rapport ne donne pas non plus de nouvelles informations sur la coopération transfrontalière avec les responsables du Parc national des Virunga, coopération qui avait été encouragée par la mission.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15A.8

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Félicite l’Etat partie de s’être conformé à la plupart des recommandations de la mission conjointe UICN/Centre du patrimoine mondial et du travail accompli pour maintenir l’intégrité du bien malgré les difficultés socio-économiques et politiques auxquelles le pays est confronté depuis quelques années ;

2. Demande à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial une copie du plan de gestion général dès qu’il aura été approuvé par le Conseil d’administration de l’Uganda Wildlife Authority, ainsi qu’une carte indiquant précisément les limites du site telles qu’elles ont été fixées et marquées, dès que les activités de traçage et de délimitation seront terminées ;

3. Demande en outre à l’Etat partie de soumettre d’ici le 1er février 2005 un rapport sur l’avancement de la mise en oeuvre du plan de gestion général, la préparation et la mise en oeuvre d’une stratégie touristique pour le bien, la démarcation des limites, l’élimination des mines dans le périmètre du bien et les mesures prises pour renforcer les ressources humaines et financières nécessaires pour gérer efficacement le bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 29e session en 2005;

4. Encourage l’Etat partie à travailler avec l’UNESCO, l’UICN et l’organisme responsable des aires protégées en RDC pour développer la coopération avec le Parc national des Virunga et les autres biens du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo ;

5. Décide de retirer le Parc national des monts Rwenzori de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 28 COM 15C.3

Le Comité du patrimoine mondial,1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-04/28.COM/15A Rev),

2. Décide de retirer les biens suivants de la Liste du patrimoine mondial en péril :