1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; Décembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projets de construction aux alentours immédiats du bien du palais de Westminster, de l'abbaye de Westminster et de l'église Sainte-Marguerite, qui pourraient avoir un impact défavorable sur le cadre, les perspectives visuelles et l'intégrité du bien du patrimoine mondial

b) Absence d’étude de fond sur l'impact visuel des projets d'aménagement et absence d'un plan de gestion approuvé

c) Besoin de protection des alentours immédiats du bien du patrimoine mondial au moyen d'une zone tampon adaptée

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 22 mars 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien qui répondait aux demandes formulées par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session (UNESCO, 2011). Une mission de suivi réactif s’est rendue sur le bien du 5 au 8 décembre 2011. Le rapport de la mission est disponible en ligne à l’adresse internet suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents

a) Protection de l’intégrité visuelle du bien et de ses cadres immédiats plus larges

Le rapport de l’État partie contient des informations sur les mesures et politiques générales qui ont été élaborées pour protéger le cadre des biens du patrimoine mondial de Londres. En particulier, les orientations supplémentaires de planification pour le cadre de gestion révisé des vues de Londres (London View Management Framework Supplementary Planning Guidance (LVMF SPG, 2012) identifient quatre points d’évaluation pour des perspectives dynamiques, y compris la fourniture de la silhouette protégée du palais de Westminster. D’autres orientations supplémentaires de planification sur la manière de traiter des changements dans le cadre des biens du patrimoine mondial de Londres au travers de prises de décisions et de processus de planification ont également été publiées par le maire de Londres, afin d’apporter des éclaircissements sur la mise en œuvre de la politique du plan pour Londres 7.10. Les orientations adoptent l’approche d’English Heritage vis-à-vis du cadre et intègrent des éléments de processus d’évaluation de l’impact sur le patrimoine. Le rapport indique également qu’il existe une protection au niveau des boroughs, assurée par des plans locaux qui incluent des politiques de protection du bien. Le rapport reconnaît l’importance de réaliser une étude du cadre local afin de donner des orientations spécifiques pour la protection et la mise en valeur de zones adjacentes au bien inscrit et visibles depuis celui-ci. 

La mission a noté que les zones entourant le bien sont encore désignées comme des « zones offrant des opportunités » ou « zones d’intensification » ou « de régénération », mais que l’accent a été mis sur l’identification de zones adaptées à recevoir des constructions de grande hauteur, basées sur le caractère local. Elle note que des documents d’orientations ont été approuvés et publiés pour combler des lacunes mises en évidence par la mission de suivi réactif de 2006. Elle a en outre observé que des dispositions du plan de gestion du bien ont été intégrées dans la nouvelle politique du plan pour Londres concernant des sites du patrimoine mondial. La mission a recommandé de préparer une étude du cadre local du bien, à l’instar de ce qui a été élaboré pour la Tour de Londres. Elle a également noté l’existence de différents cadres de politique et de planification en cours de préparation, qui vont simplifier le vaste ensemble complexe des politiques en lui donnant une dimension plus gérable.

b) Projets immobiliers importants dans la zone

L’État partie indique que d’importants projets immobiliers ont été rejetés depuis la mission de suivi réactif sur le site en 2006. Il note que le système et les politiques de planification contiennent des dispositions concernant l’évaluation de l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et visant à empêcher le projet s’il est considéré avoir un effet négatif. Il reconnaît avoir des inquiétudes quant aux impacts potentiels du projet inapproprié de la Elizabeth House, à la station de Waterloo Station, mais escompte que la proposition sera évaluée par rapport aux politiques des niveaux national, de Londres et du borough. La proposition, actuellement dans la phase préalable à la demande, avec une soumission officielle prévue en mai 2012, sera examinée au regard des politiques de plan de développement respectives, y compris le plan pour Londres, le cadre du développement local de Lambeth et les orientations supplémentaires de planification et documents pertinents. L’État partie indique qu’aucune autre restauration importante ni nouvelle construction ne sont prévues à l’intérieur de cette zone.

La mission de 2011 a signalé que le réaménagement d’Elizabeth House pourrait comprendre un bâtiment de grande hauteur qui, en fonction de sa hauteur absolue, pourrait devenir visible sur la toile de fond formée par la perspective englobant le palais de Westminster et Big Ben. Le projet proposé relève de la juridiction du Borough de Lambeth, mais la principale préoccupation concerne le Borough de Westminster. La mission a noté que, si elles devaient être approuvées, les LVMF SPG 2012 permettraient de disposer d’une meilleure prise de décision en ce qui concerne des projets immobiliers qui seraient visibles dans les perspectives et sur les toiles de fond de Westminster. La mission a souligné les critiques du Borough de Westminster à l’égard des LVMF, les considérant en général comme « pas claires, pas simples et laissant trop de place à l’interprétation, alors qu’elles devraient être plus directives », et de la vue protégée proposée qui aurait dû être une vue en cône de manière à limiter automatiquement la hauteur des projets immobiliers possibles à Lambeth. Enfin, elle a considéré que le projet serait un test pour la solidité du système de planification, en termes de protection accordée au cadre du bien. Si une proposition prévoyant la construction d’un immeuble de grande hauteur se voit accorder un consentement malgré l’existence prouvée d’un impact négatif, les « conclusions inévitables devront être tirées en ce qui concerne l’efficacité du système de gestion actuellement en place ».

c) État de conservation

La mission a noté que le bien est dans bon état de conservation en ce qui concerne le tissu à l’intérieur de ses délimitations. Des mesures de sécurité qui affectaient négativement l’esthétique de la zone urbaine environnante sont actuellement en cours de remplacement avec du « mobilier urbain » bien conçu et à l’épreuve des bombes. Des plans sont à l’étude en vue de dévier la circulation de Parliament Square et de transformer cette place en zone piétonne, ce qui contribuera à l’apparence visuelle du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent l’existence de documents d’orientation et de planification qui définissent la manière de protéger des aspects du cadre du bien. Toutefois, il reste des défis à relever pour définir d’une manière adéquate le cadre immédiat et plus large par rapport à sa valeur universelle exceptionnelle, y compris en protégeant des silhouettes et des arrière-plans visibles dans des vues et perspectives importantes. De plus, ils notent l’importance d’amener des boroughs voisins à adopter des politiques qui protègent le bien, ce qui est lié à la formalisation d’un lien structuré pour la prise de décision, ce lien mettant en place des contraintes appropriées pour le cadre. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent en outre que, si la protection doit s’appuyer sur des études de cadre, les cadres définis devront être approuvés et intégrés dans les plans locaux des boroughs voisins du bien ou situés à proximité immédiate. Enfin, ils notent que la question d’attribuer une protection statutaire pourrait garantir qu’un examen ultérieur veillera à ce que le bien ne soit pas vulnérable à des menaces pesant potentiellement sur sa valeur universelle exceptionnelle et sur ses conditions d’authenticité et d’intégrité.

Décision adoptée: 36 COM 7B.92

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B.Add,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.115, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Reconnaît les informations fournies par l’État partie sur la protection de l’intégrité visuelle du bien et au sujet de projets immobiliers importants dans la zone ;

4.   Note les résultats de mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de décembre 2011 sur le site et encourage l’État partie à mettre en œuvre ses recommandations, en particulier :

a)  préciser le cadre immédiat et le cadre plus large du bien par rapport à sa valeur universelle exceptionnelle et les intégrer dans les politiques de toutes les autorités de planification concernées,

b)  définir des mesures spécifiques, basées sur la définition du cadre immédiat et plus large du bien, et s’assurer que des mécanismes adéquats sont en place pour protéger le bien et réduire sa vulnérabilité aux menaces pesant potentiellement sur sa valeur universelle exceptionnelle ;

5.   Demande à l’État partie, conformément au paragraphe 172 des Orientations, de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le projet d’aménagement proposé à Elizabeth House et toute autre proposition importante, avant qu’un engagement irréversible ne soit pris ;

6.   Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.