1.         Zones historiques d'Istanbul (Türkiye) (C 356bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/356/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2004)
Montant total approuvé : 452 208 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/356/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions UNESCO en 2000, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Dégradation permanente de l’architecture civile dans les zones protégées ; développement incontrôlé ; absence de plan d’aménagement urbain et de conservation depuis son abrogation en 1996 ; absence de mise en œuvre par les autorités nationales et municipales.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/356/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Le 28 janvier 2005, l’Etat partie a présenté au Centre du patrimoine mondial un « Rapport d’avancement sur Istanbul, 2005 », traitant des mesures prises en réponse aux recommandations du Comité.

Ce rapport de l’Etat partie, ainsi que les nouvelles transmises par l’UNESCO et l’ICOMOS, indiquent que les autorités ont pris des mesures positives et encourageantes :

a)  Le plan d’urbanisme et de conservation urbaine de la Péninsule historique a été approuvé par le Conseil de conservation d’Istanbul ;

 

b)  Des révisions de la législation turque sur la conservation devraient permettre aux municipalités (Grand Istanbul et les deux municipalités des districts concernés par les aires de patrimoine mondial) de prendre des mesures à l’intérieur des zones de conservation. Cette législation n’est cependant pas encore en vigueur car on attend l’adoption de dispositions d’application. L’ICOMOS espère que les municipalités vont recevoir des ressources financières et du personnel pour les aider à traiter les problèmes de conservation sur leur territoire ;

 

c)  En réponse à la campagne « Sauvez nos toits » lancée en décembre 2003, avec l’appui de l’UNESCO, par l’Association turque du bois de construction, pour préserver les maisons en bois de la zone protégée d’Istanbul, le gouvernement a alloué un important budget à cette cause. Ces fonds, répartis par le bureau du Gouverneur d’Istanbul, en collaboration avec les représentants locaux du Ministère de la Culture, incluent des fonds pour la restauration de dix maisons en bois dans l’aire de patrimoine mondial de Zeyrek. Les municipalités des districts prennent actuellement contact avec les propriétaires de maisons en bois présentant un intérêt architectural, pour signer des contrats avec les parties concernées. Les fonds du Gouvernorat n’ont cependant pas encore été alloués aux municipalités des districts à cette fin. L’activité, aussi modeste soit-elle, va être un bon départ pour maintenir et améliorer le voisinage historique de Zeyrek, ce qui va ainsi compléter les mesures de réhabilitation urbaine engagées dans le cadre du projet UNESCO de sept millions d’euros, financé par l’UE dans les zones de Fener et Balat, qui dépendent aussi de la municipalité de Fatih ;

 

d)  Le projet de réhabilitation de Fener et Balat progresse malgré la réticence initiale des habitants à demander une subvention pour l’amélioration de l’habitat. De plus en plus de candidats se présentent grâce à la recrudescence d’efforts de l’équipe du projet lors de séances d’information de voisinage. Le Conseil de conservation d’Istanbul a accordé des permis de rénovation pour une trentaine de bâtiments et l’on s’attend à ce que l’équipe du projet en demande d’autres lors de sa revue des prochains mois. Les plans de rénovation du marché et des centres culturels sont aussi en préparation ;

 

e)  Le Ministère de la Culture, la Direction générale des Fondations pieuses, la Municipalité métropolitaine d’Istanbul et le Gouvernorat d’Istanbul ont entamé une collaboration pour traiter les problèmes de conservation et les mesures palliatives dans le cadre d’un projet intitulé « Istanbul : Ville musée ». La collaboration entre plusieurs autorités administratives devrait aider le gouvernement central à allouer des fonds aux autorités comme les Fondations pieuses et les municipalités qui possèdent leurs propres monuments historiques. Le groupe de direction du projet est épaulé par des professionnels et des experts des universités ;

 

f)  Le projet ferroviaire « Marmaray » et le projet de tunnel « Bosphore » ont été présentés au Conseil régional de conservation d’Istanbul qui a autorisé les fouilles à l’emplacement des stations de Yanikapi et de Yedikule, après avoir évalué l’impact archéologique du projet ;

 

g)   Un schéma directeur anti-sismique a été établi et un protocole d’application en matière de recherche et de formation pour limiter les risques sismiques sur les biens culturels a été signé en novembre 2004, pour un projet sur trois ans. Des études sont en cours dans des universités pour créer une institution nationale de réduction des risques sismiques qui travaillerait dans ce domaine ;

 

h)  Plusieurs autres projets de conservation sont en cours d’exécution : restauration de la Colonne de Constantine, de la Colonne de Marcien, des murailles terrestres et maritimes, des citernes de Serefiye et réhabilitation du Parc de Gulhane ;

 

i)  La Division du Patrimoine culturel de l’UNESCO a fourni un soutien financier dans le cadre de la Campagne internationale de sauvegarde pour Istanbul et Goreme, pour la restauration de la mosquée / église de Zeyrek, entreprisE par le Comité turc de l’ICOMOS. Le projet de restauration doit être achevé avant la fin du printemps 2005 ;

 

j)  La Division du Patrimoine culturel de l’UNESCO a aussi fourni un soutien financier à l’Atelier international sur « Le développement de la gestion urbaine et les plans d’action – Gérer l’Istanbul historique », tenu à la Chambre de Commerce d’Istanbul les 6 et 7 octobre 2004. Cet atelier était organisé par l’Association turque du bois de construction, avec le soutien du Ministère turc de la Culture et du Tourisme, la Municipalité du Grand Istanbul, la Chambre de Commerce d’Istanbul, la Municipalité du district de Fatih, la Ville de Barcelone et IMC Consulting Limited, ces deux dernières entités étant les agences d’exécution du projet concernant Fener-Balat. Quelque 90 participants ont travaillé à formuler des modèles de gestion pour différentes structures administratives (centrales, locales et de gestion de projets) concernées par l’Istanbul historique. Des autorités publiques, des experts et des érudits de villes comme Rome, Barcelone, Marseille et Londres, qui ont eu des expériences similaires, ont également été invités à un échange d’expériences et de propositions au cours de l’atelier.

L’UNESCO et l’ICOMOS soulignent que l’Etat partie a pris des mesures pour se conformer à la demande du Comité. Il convient toutefois de rappeler à l’Etat partie les motifs de préoccupation exprimés, concernant la technique et à la qualité des travaux entrepris pour la consolidation des murailles de Théodose, ainsi que sur l’église de Saint-Serge et Bacchus, afin de ne pas porter davantage atteinte à leur authenticité.

L’UNESCO a informé l’Etat partie en décembre 2004 des préoccupations de cercles de conservation qui mettaient en doute la capacité de l’équipe archéologique d’entreprendre des opérations de sauvetage archéologique dans un contexte urbain exigeant des compétences spécialisées. Ils craignaient également un manque de coordination entre le Ministère des Transports (DLH), le Ministère de la Culture et du Tourisme, le Conseil de conservation d’Istanbul, les autorités d’Istanbul, les autorités des districts et les entrepreneurs de ce projet, tout cela causant un retard des travaux. Les recommandations de l’UNESCO au gouvernement turc et à la Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC), qui cofinance le projet, ont été rappelées à l’Etat partie. Ces recommandations concernent les mesures de sauvegarde nécessaires lors de la construction de la ligne de métro en surface, du tunnel sous le Bosphore et des stations ferroviaires d’Uskudar, Yenikapi, Yedikule et Sirkeci. Elles figurent dans le « Rapport de l’équipe consultative de l’UNESCO sur le projet de tunnel rail-route Marmaray et sur le projet de métro en surface Gebze-Halkah » de décembre 2003.

Par ailleurs, l’ICOMOS a été informé de la création d’itinéraires à l’intention des touristes et du fait qu’une ONG chargée de la revitalisation des quartiers historiques publie un guide proposant des itinéraires du patrimoine culturel à travers les zones historiques d’Istanbul.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.70

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.80, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Notant avec satisfaction les efforts de conservation déployés par les autorités nationales, la municipalité du Grand Istanbul et les municipalités des districts, comme l'indique le rapport adressé par l'État partie de la Turquie, notamment par l'approbation du plan de conservation de la Péninsule historique, la mise en route d'un schéma directeur anti-sismique et l'allocation financière pour la conservation du patrimoine d'Istanbul, ainsi que l'avancement du projet financé par l'UE sur la réhabilitation de Ferner-Balat et la Campagne « Sauvez nos toits » pour la préservation de l'architecture civile par une politique d'amélioration de l'habitat,

4. Notant en outre la collaboration entre le ministère de la Culture, la Direction générale des Fondations pieuses, la municipalité métropolitaine d'Istanbul et le Gouverneur d'Istanbul pour traiter les problèmes de conservation et le développement de projets, y compris le projet « Istanbul : Ville-musée »,

5. Demande à l'État partie de :

a) veiller à l'achèvement et à l'entrée en vigueur d'urgence des dispositions pour pouvoir mettre en oeuvre le plan d'urbanisme et de conservation urbaine et débloquer des fonds du gouvernement central à l'intention des municipalités des districts, et

b) porter une plus grande attention aux techniques de conservation appliquées à la consolidation des murailles de Théodose, afin de ne pas porter davantage atteinte à l'authenticité du site ;

6. Demande en outre à l'État partie de présenter, avant le 1er février 2006, un rapport d'avancement détaillé sur la mise en oeuvre des recommandations et repères susmentionnés, afin de traiter les questions soulevées dans la décision 28 COM 15B.80, notamment en ce qui concerne l'inclusion du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006).