1.         Art rupestre du Valcamonica (Italie) (C 94)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/94/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/94/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, du 9 au 13 septembre 2004.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Construction de routes et de lignes à haute tension à proximité immédiate du bien ; absence de limites définies ; absence de plan de gestion pour traiter les problèmes de conservation, contrôler les aménagements, gérer le tourisme et la recherche future sur l’art rupestre ; construction d’une passerelle métallique.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/94/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Suite à la décision du Comité du patrimoine mondial à sa 28e session (Suzouh, 2004), une mission commune UNESCO/ICOMOS de suivi réactif a visité le bien du patrimoine mondial du 9 au 13 septembre 2004. Les principaux objectifs de la mission étaient d’évaluer l’état général de conservation et surtout la gestion, l’aménagement de l’infrastructure dans le voisinage immédiat du bien et la mise en valeur du site. Les principaux sites d’art rupestre sont situés dans sept parcs séparés gérés par différents organismes. L’Etat partie a fourni le 1er février 2005 des informations complémentaires et des cartes correspondantes qui répondaient à chacune des recommandations de la mission. Les principaux problèmes de conservation du bien sont les suivants :

Limites : À l’époque de la mission, le bien du patrimoine mondial ne comportait pas de limites clairement définies. L’Etat partie a fourni au Centre du patrimoine mondial des cartes préliminaires indiquant l’emplacement des sept parcs de la vallée qui pourraient constituer une base permettant de définir les zones centrales du bien. De plus, des zones tampons ont été définies pour quatre des sept parcs. Le Centre du patrimoine mondial va contacter l’Etat partie dans le cadre du projet d’Inventaire rétrospectif pour affiner la définition des zones centrales et des zones tampons par rapport à la proposition d’inscription initiale.

Plan de gestion : Selon l’Etat partie, la Surintendance, en qualité de coordinatrice, a créé un organisme consultatif technique chargé de la préparation d’un plan de gestion du site. La structure d’ensemble de ce plan a été établie avec la participation des acteurs engagés dans l’administration, la gestion, la recherche et l’enseignement. L’achèvement du plan de gestion du bien est prévu pour avril 2005.

Infrastructures au voisinage du bien : La mission a constaté que de nombreuses lignes à haute tension quadrillent le paysage et compromettent sensiblement les perspectives du bien du patrimoine mondial. Selon l’Etat partie, ces lignes électriques existaient déjà dans la vallée lors de l’inscription. Bien que de nouvelles lignes n’aient pas été installées depuis, les tracés de plusieurs lignes à haute tension ont été modifiés en respectant l’emplacement des parcs abritant de l’art rupestre. L’Etat partie a indiqué d’autre part qu’il n’était pas possible d’enterrer les lignes. La mission a d’autre part considéré que le tracé routier de la vallée avait un impact négatif sur l’intégrité visuelle du bien ainsi que sur le cadre paysager dans lequel l’art rupestre a été créé en permanence au cours des 8000 dernières années. Elle a donc encouragé les autorités régionales à établir un plan d’aménagement de l’espace concerné. Selon les chercheurs locaux, la zone de protection de cet espace n’est pas toujours respectée. L’Etat partie a informé le Centre du patrimoine mondial que la Surintendance régionale avait interrompu la construction d’un tronçon routier qui aurait traversé le bien, afin d’en assurer l’intégrité. Le nouveau tracé passe sous un tunnel à une profondeur qui ne fait pas courir de risques aux sites d’art rupestre.

Passerelle en métal : La mission a constaté qu’une passerelle en bois au-dessus du rocher n° 27 (et non 57 comme indiqué précédemment) dans le Parc national a été déposée en 2003 ; elle a été remplacée par une passerelle en acier galvanisé fixée directement dans la roche par au moins 11 montants en métal. La mission a recommandé que la Municipalité compétente remplace la passerelle actuelle en métal par une structure en bois totalement réversible, évitant tout contact avec la surface de la roche et s’harmonisant avec le paysage environnant. L’Etat partie a totalement approuvé la recommandation de la mission et a utilisé la méthode des passerelles en bois pour un autre rocher dans le même Parc.

Techniques de conservation : Certains rochers, comme le rocher n° 57 dans le Parc national, ont été endommagés par l’exfoliation, ce qui exige une consolidation. Qui plus est, pour retirer des dépôts de la surface des rochers, les autorités régionales utiliseraient un produit chimique appelé « Preventol » et, à l’occasion, des brosses métalliques. La mission a fermement recommandé aux autorités d’éviter d’utiliser des produits chimiques et des brosses métalliques, et de rechercher d’autres méthodes de conservation. De plus, il faudrait effectuer des analyses des effets de la qualité de l’air et de l’eau sur les surfaces des rochers, et réaliser à l’avenir un suivi des problèmes liés aux algues rouges et à l’exfoliation. L’Etat partie a par la suite expliqué qu’une commission scientifique créée en 1992 avait mené un programme de recherche qui incluait des analyses géochimiques afin de vérifier les types et sources de pollution et les causes de la détérioration.

Programme de recherche : La mission a rencontré des représentants de plusieurs organismes de recherche menant des travaux qui sont ensuite publiés. Il est apparu qu’il n’existe pas de programme de recherche coordonné pour le bien du patrimoine mondial et que les résultats des travaux ne sont pas nécessairement effectivement partagés. La mission a donc recommandé d’établir un plan à moyen/long terme pour le bien du patrimoine mondial, en coordination avec tous les chercheurs concernés par le bien.

L’Etat partie a fourni les informations complémentaires demandées dans le rapport de mission, clarifiant ainsi nombre de questions soulevées. L’ICOMOS a cependant noté que malgré tous les efforts positifs et les résultats obtenus, il semblerait que certaines des questions essentielles ne soient toujours pas résolues et/ou exigent davantage d’attention. Cela concerne en particulier la nécessité d’envisager d’autres méthodes de conservation que l’utilisation de produits chimiques et de brosses métalliques, de mieux définir les limites, de coordonner les programmes de recherche et de mettre en commun les résultats avec d’autres institutions et chercheurs présents à Valcamonica.

Le rapport de la mission commune a été bien accueilli et traité avec le plus grand sérieux par l’Etat partie, ce qui témoigne de l’accord pour les mesures prises et de l’intention ferme de suivre les avis et recommandations proposés par l’ICOMOS et l’UNESCO. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.65

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.73, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Prend note des résultats de la mission conjointe UNESCO/ICOMOS de septembre 2004 ;

4. Demande à l'État partie de l'Italie de préciser davantage et de définir les zones centrales et les zones tampons du bien ;

5. Encourage l'État partie à achever le plan de gestion à présenter au Centre du patrimoine mondial ;

6. Encourage également l'État partie à donner suite aux recommandations de la mission, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS, spécialement en ce qui concerne l'établissement d'un programme de recherche coordonné et l'utilisation d'autres méthodes de conservation ;

7. Demande en outre à l'État partie d'adresser au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2007, un rapport d'avancement tenant compte des recommandations de la mission conjointe UNESCO/ICOMOS pour examen par le Comité à sa 31e session (2007).