1.         Ensemble de Borobudur (Indonésie) (C 592)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (i)(ii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/592/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-1999)
Montant total approuvé : 5 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/592/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

16-20 avril 2003 : mission UNESCO/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/592/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Le 1er février 2005, l’Etat partie a adressé au Centre du patrimoine mondial un document intitulé « Gestion et stratégie à long terme du temple de Borobudur ». Ce document contient un bref résumé des dispositions qui régissent les cinq zones existantes créées autour du bien du patrimoine mondial. Aucune référence n’est faite aux trois questions soulevées par le Comité dans sa décision de 2004, à savoir l’interdiction des aménagements routiers importants, l’arrêt de la construction de grands centres commerciaux et l’interdiction de l’édification d’une nouvelle entrée des touristes et d’une galerie commerciale (Jagad Jawa).

Il a également été adressé une vue d’ensemble des divers facteurs affectant l’état de conservation du bien, y compris la pression due aux visiteurs. Le document mentionne aussi quelques unes des mesures prises ou envisagées pour traiter les problèmes de conservation sur le bien à court, moyen et long terme. Cela concerne surtout la détérioration matérielle de la structure des monuments. Avec l’appui du centre d’Etude et de Conservation de Borobudur, des sessions de formation ont été organisées par le Bureau de l’UNESCO à Jakarta entre octobre 2004 et janvier 2005, pour la population locale, y compris les guides touristiques et les artisans, afin de promouvoir les activités locales, générer des revenus et faire participer la communauté à la conservation du patrimoine. De plus, un projet d’étude pour la mise en place d’un système d’information géographique (SIG), avec formation du personnel de l’organisme de gestion du site, a débuté en septembre 2003 et se poursuit au niveau du site. S’agissant de la question précise de la pression causée par les touristes, pour laquelle le Comité avait demandé la préparation d’un plan de gestion des visiteurs, la seule mesure proposée concerne la mise à disposition de sandales spéciales que les touristes peuvent porter pour réduire l’impact sur le site. Cette proposition pourrait aussi se révéler positive pour la communauté qui fabrique ces sandales qui peuvent être vendues aux touristes comme souvenirs. Une liste complète de mesures à entreprendre est également fournie ; elle comprend des mesures de suivi, entretien, documentation, etc. Aucune information n’est cependant fournie sur l’avancement effectif de leur mise en œuvre.

S’agissant d’une stratégie pour le développement durable du bien, selon la demande du Comité, l’Etat partie évoque le concept bouddhiste du Mandala, comme une démarche philosophique qui pourrait être adoptée à Borobudur. Le document ne donne pas d’autres détails sur les véritables implications de cette démarche pour les activités qui seront menées sur le site. Mention est cependant faite d’un programme pour développer le tourisme culturel dans la région, avec la totale participation des communautés locales. Un Comité de direction, présidé par le Ministre de la Culture, ainsi qu’une équipe exécutive, dirigée par les Gouverneurs de chaque district concerné, ont été créés pour orienter le processus. Là encore, aucune information n’est fournie sur les activités précises à entreprendre et sur l’avancement de leur mise en œuvre. Concernant la gestion d’ensemble du bien du patrimoine mondial, il n’y a pas non plus d’informations sur les mécanismes de coordination actuels ou proposés entre les différentes autorités locales responsables et entre celles-ci et les autorités nationales.

Le rapport soumis par l’Etat partie, bien que fournissant un bon traitement général de la gestion du bien archéologique et du tourisme, n’aborde pas suffisamment les points soulevés par le Comité dans sa décision de 2004. Il faut féliciter l’Etat partie de ses efforts pour traiter les différents problèmes de conservation du site, y compris par l’engagement de la communauté locale. L’ICOMOS a cependant noté que les recommandations concernant les mesures à prendre figurant dans le document étaient trop générales et qu’il n’était pas mentionné si les autorités responsables de la gestion disposent de suffisamment de ressources pour atteindre les objectifs de la gestion prévisionnelle.

Il reste à traiter la grande question du renforcement de la coordination des organismes de gestion responsables des différents éléments ou du système de zonage du site. C’est un problème complexe, notamment en raison du fait que les différents organismes dépendent juridiquement de différents Ministères et ont des objectifs très différents en matière de bureaucratie et de politique générale. Il est difficile de savoir si le système de gestion à deux étages qui est proposé (Comité de direction et Equipe exécutive) est conçu comme une disposition permanente associée à la gestion d’ensemble du bien du patrimoine mondial, ou si sa portée se limite à l’initiative ponctuelle visant au développement durable de la région qui entoure les monuments. Sur ce point particulier, l’ICOMOS a noté qu’il aurait fallu fournir davantage d’informations sur la méthode du « mandala » que l’Etat partie envisage d’adopter, et sur ses implications de fonctionnement.

Concernant les questions précises de gestion du tourisme, l’idée de fournir des sandales spéciales aux visiteurs est pratique, d’autant plus que cela permet de faire participer des fournisseurs locaux et d’améliorer l’environnement du lac Rawapening. Il faudrait penser à accompagner les sandales d’un sac-souvenir pour permettre aux visiteurs d’emporter leurs chaussures avec eux, ce qui permettrait de réduire les queues au point de distribution des sandales.

L’ICOMOS rappelle d’autre part que malgré la difficulté d’éduquer les visiteurs à la propreté des lieux et à la réduction du vandalisme avec plus de deux millions de visites par an, il faut autant que possible développer ces programmes. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a récemment publié des recommandations dans son guide intitulé La gestion de la saturation touristique des sites naturels et culturels. Certaines s’appliquent directement à Borobudur, en particulier l’utilisation de tickets d’entrée avec heure réservée, la création de sentiers directifs de flux à l’intérieur et autour des monuments, l’installation de panneaux explicatifs à l’écart des monuments pour permettre aux guides de donner des explications sans déranger les autres visiteurs, et la formation et/ou l’accréditation permanente de guides.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.53

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.59 adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicite l'Etat partie de l'Indonésie pour ses efforts pour suivre les recommandations de la mission conjointe UNESCO/ICOMOS de 2003 et pour le travail entrepris afin de maintenir la valeur de patrimoine mondial du bien malgré la situation socio-économique difficile de la communauté locale ;

4. Note cependant que le rapport soumis par l'Etat partie n'a pas traité la plupart des motifs de préoccupation soulevés par le Comité dans sa décision 28 COM  15B.59 susmentionnée de 2004 ;

5. Demande à l'Etat partie de confirmer par écrit qu'aucun aménagement routier important ne sera autorisé dans les zones 1, 2 et 3 de Borobudur ; qu'aucun ensemble commercial important ne sera construit dans les zones de protection 1 à 5, conformément à la réglementation en vigueur régissant le bien ; et que la nouvelle entrée et la zone commerçante prévues (Jagad Jawa) dans la zone 3, ne seront pas construites ;

6. Demande également à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial /ICOMOS pour évaluer l'état de conservation du bien ;

7. Demande en outre à l'Etat partie de :

a) concevoir un plan de gestion d'ensemble des visiteurs pour limiter les impacts négatifs du tourisme de masse sur le site et sensibiliser le public à la nécessité de protéger le bien du patrimoine mondial,

b) fournir des informations détaillées sur le cadre institutionnel actuellement en place pour la gestion du bien, et en particulier sur les mécanismes établis pour assurer une bonne coordination entre toutes les parties concernées. Des propositions en vue de l'éventuel renforcement du système actuel peuvent également être ajoutées, s'il y a lieu,

c) fournir des détails complémentaires sur la stratégie en cours d'établissement pour le développement durable du territoire entourant le bien du patrimoine mondial de Borobudur, en précisant en particulier les caractéristiques du projet de la méthode dite du « mandala » et ses implications en termes de fonctionnement ;

8. Encourage l'Etat partie à poursuivre l'organisation d'activités de sensibilisation de la population locale, et de favoriser sa participation active à la conservation et à la gestion du patrimoine ;

9. Demande à l'Etat partie d'adresser au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2006, un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre des recommandations figurant aux points 5, 7 et 8 susmentionnés, pour examen par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006).