1.         Le Caire historique (Égypte) (C 89)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1999)
Montant total approuvé : 398 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions de suivi réactif de l’ICOMOS en août 2002 et mars 2005

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/89/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

L’Etat partie a adressé au Centre du patrimoine mondial, avec une lettre de couverture datée du 25 janvier 2005, un rapport d’une page intitulé « Rapport sur les activités de l’administration de la conservation annuelle et de l’auto-restauration » accompagné de deux tableaux, l’un présentant une liste de 152 monuments, et l’autre énumérant les noms de 13 monuments, sans doute restaurés et indiquant leur réutilisation. Tous ces bâtiments portent un numéro d’identification, correspondant probablement au Registre national.

Le rapport mentionne « L’Administration d’ingénierie des Antiquités islamiques et coptes » et sa sous-administration responsable de « la conservation annuelle et de l’auto-restauration ». Il apparaît que cette dernière « effectue les études nécessaires pour les sites […], procède à la conservation périodique de chaque bien et prend les mesures nécessaires pour éloigner le danger de monuments tels que : l’Oratoire des Femmes de la mosquée Al-Zahir Baybar à Qalyyub, les Egreneuses à coton des Barrages, la mosquée Al-Qady Yahya à Boulaq, la mosquée Abu-Sa’od Al-Garhy dans le Vieux Caire et la mosquée Tameem Al-Rassafi à Es-Sayyida Zainab ». Le rapport indique aussi que l’Administration d’ingénierie sous-traite annuellement les travaux à des entrepreneurs spécialisés.

Une mission ICOMOS de suivi réactif a été effectuée du 9 au 16 mars 2005. Le rapport qui en résulte donne les antécédents de la mise en œuvre du projet Al-Qahira Al-Tarikhiyya pour Le Caire historique et du « Comité consultatif pour le Centre d’aménagement et d’études du Caire historique ». Il fournit une estimation du processus de restauration qui « a adopté une démarche très positive en vue de la préservation des qualités authentiques de conception, matériel et savoir-faire. […] L’utilisation de ciment Portland pour les plâtres et mortiers a été interdite, excepté à des fins uniquement structurelles, […] et l’analyse et la documentation techniques du travail en cours sont maintenant d’un meilleur niveau que précédemment. » L’expert passe en revue plusieurs projets de restauration réussis comme Beit Sitt Wasila, le Palais du Prince al Amir Taz, le Sabil-Khutab de Mohammed Ali Ismail, tout en soulignant cependant le danger de trop nombreuses fonctions à orientation touristique. Il souligne également la nécessité de « prendre des précautions pour garder la qualité de la patine et le signe de l’âge comme faisant partie du sentiment d’authenticité d’un monument, plutôt que de procéder à un renouvellement complet ». L’expert regrette aussi que l’on accorde peu d’attention à l’interrelation entre les bâtiments et leur environnement immédiat, à l’utilisation généralisée de fixations d’éclairages modernes, à l’absence d’engagement de la population en général. Le rapport de suivi rappelle enfin la nécessité de classer « Le Caire historique à l’intérieur de limites clairement définies incluant une zone tampon adaptée considérée comme secteur d’aménagement spécial […], et la nécessité d’initiatives en vue de créer un organisme responsable de la coordination de projets, de la modernisation de l’infrastructure et de l’amélioration sociale des conditions de vie ».

Malheureusement, le rapport soumis par l’Etat partie ne fournit aucune sorte d’information sur l’éventuelle mise en œuvre des recommandations formulées lors du Symposium international de 2002 sur la conservation et la restauration du Caire islamique, ni sur celles faites par le Comité à ses 27e et 28e sessions. Celles-ci incluaient :

a)       Le classement du Caire historique comme secteur d’aménagement spécial, avec des zones tampons, conformément aux prescriptions des Orientations ;

b)       La préparation d’un plan d’urbanisme d’ensemble pour la conservation et l’aménagement de la vieille ville, selon lequel la conservation des bâtiments historiques s’accompagnerait d’une réglementation d’aménagement adaptée pour encourager la réhabilitation du tissu urbain et le rendre compatible avec le caractère historique du Caire islamique ;

c)       L’organisation de réunions régulières entre experts égyptiens et internationaux afin d’étudier et de discuter des questions et des projets de conservation en cours.

Bien qu’il soit clair que des efforts considérables soient faits en vue de la réhabilitation de nombreux monuments de la vieille ville, l’absence de mise en œuvre des recommandations susmentionnées montre que l’Etat partie ne possède pas la capacité de planification permettant de garantir le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien, de son authenticité et de son intégrité, ou de lancer le processus qui assurerait sa préservation à long terme, notamment par l’élaboration d’un plan d’ensemble de conservation urbaine.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.42

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.47 adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicitant l'État partie de l'Egypte des mesures prises pour réhabiliter le bien en faisant réaliser les travaux sur les monuments historiques,

4. Regrette qu'aucun progrès n'ait été accompli concernant la mise en oeuvre des recommandations faites par le Symposium international tenu au Caire en février 2002, notamment pour :

a) classer Le Caire historique comme secteur d'aménagement spécial, avec des zones tampons, conformément aux Orientations, et

b) préparer un plan d'urbanisme d'ensemble pour la conservation et l'aménagement de la vieille ville, selon lequel la conservation des bâtiments historiques s'accompagnerait d'une réglementation d'aménagement adaptée pour encourager la réhabilitation du tissu urbain et le rendre compatible avec le caractère historique du Caire islamique ;

5. Prie instamment l'État partie de prendre les mesures immédiates nécessaires pour élaborer le plan demandé et toutes les actions associées, afin de maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

6. Demande à l'État partie de préciser les limites exactes du bien du patrimoine mondial et de sa zone tampon sur une carte topographique détaillée à l'échelle appropriée, et de la présenter, ainsi qu'un rapport sur l'avancement de la mise en oeuvre des recommandations susmentionnées, avant le 1er février 2006, pour examen par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006).