1.         Tombouctou (Mali) (C 119rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1990-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/119/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2004)
Montant total approuvé : 164 115 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/119/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions du Centre du patrimoine mondial en janvier 2004, en juillet 2004 (avec l’ICOMOS) et en février 2005

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

- Absence de mesures de délimitation et de protection de la zone tampon du bien ;

- Absence d’un plan de gestion ;

- Pression du développement urbain ;

- Risques d’inondation et problème de gestion des déchets

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/119/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Du 14 au 16 février 2005, une mission du Centre du patrimoine mondial s’est rendue à Tombouctou pour participer à une table ronde organisée par l’Etat partie sur les enjeux de conservation de la ville de Tombouctou. A cette occasion, la mission a pu faire les observations suivantes :

a. Mise en œuvre de l’assistance d’urgence octroyée en 2004 suite aux inondations survenues dans la ville en août 2003 

Un plan stratégique sommaire de conservation a été préparé en juillet 2004 sur recommandation de l’ICOMOS, grâce au soutien financier du gouvernement de l’Italie. Ce plan fournit un ensemble de recommandations et de règles devant être prises en compte lors de la mise en œuvre de l’assistance d’urgence. La borne fontaine a été réparée et alimente de nouveau le quartier de la mosquée de Sankoré en eau potable. Une des 50 maisons d’habitation a été reconstruite et va servir de modèle pour les autres maisons. La restauration des trois mosquées est en cours. L’ensemble des travaux devrait être achevé avant août 2005.

b. Impact des missions techniques financées dans le cadre de l’accord de coopération entre l’UNESCO et l’Italie 

Les missions techniques italiennes organisées depuis 2002 ont permis à ce jour :

- l’inventaire précis des 16 mausolées inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

- d’aider la mission culturelle de Tombouctou et les imams des trois mosquées à relancer de façon dynamique et participative les activités de conservation sur le site, et à re-mobiliser la communauté de la vieille ville ;

- de constituer une documentation riche sur le site (plan de conservation sommaire, rapports techniques, photographies aériennes, enquêtes socio-économiques, etc.) ;

- de faire le relevé architectural de la zone d’habitation autour de la mosquée de Sankoré ;

- de préparer un document de projet de réhabilitation de la vieille ville de Tombouctou qui a été soumis au gouvernement italien.

La mission a pu constater avec satisfaction que les précédentes missions avaient permis de réduire l’état de péril du bien. Mais il reste encore à l’Etat partie de prendre des dispositions juridiques et administratives permettant la délimitation de la zone tampon et d’avoir une vision claire d’ensemble, notamment à travers l’élaboration d’un plan de gestion/réhabilitation, utile pour la préservation du caractère de la vieille ville. Cela permettrait aux autorités maliennes de constater, par exemple, que tout projet de goudronnage de l’anneau autour de la vieille ville pourrait avoir un impact négatif sur l’authenticité du site.

Pour l’ICOMOS, ce plan de gestion/réhabilitation qui promeut une approche de conservation et de développement durable du bien du patrimoine mondial, permettrait de renforcer les actions suivantes : l’organisation de l’entretien régulier du site, la mise en place des programmes de formation des artisans et maçons, le développement d’une stratégie de tourisme culturel, l’implication des résidents, le développement d’une approche réaliste sur les questions d’assainissement, et enfin le développement de prévention des risques en cas de prochaine inondation. L’ICOMOS considère également qu’un soutien financier et technique d’un projet sur cinq ans minimum est nécessaire, afin de mettre en place un plan de gestion et de réhabilitation qui permettrait à la vieille ville de se développer de manière durable.

En outre, le Centre du patrimoine mondial a reçu, le 15 avril 2005, un courrier de l’Etat partie l’informant des dispositions actuellement prises avec la Mairie de Tombouctou. Elles concernent le renforcement juridique de protection autour du bien grâce à un arrêté de délimitation d’une zone tampon de 26 ha environ. Cette zone comprend toute la vieille ville et fera l’objet d’un plan d’urbanisme sectoriel conformément aux décrets nationaux en vigueur. Son plan de délimitation de la zone tampon ainsi que le projet d’Arrêté municipal ont été transmis à l’ICOMOS. Le même courrier informe le Centre du patrimoine mondial que les autorités maliennes envisagent de soumettre en 2006 une demande d’extension du bien actuel à l’ensemble de la vieille ville. Eu égard aux réalisations passées et aux projets à venir, l’Etat partie souhaite le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril dès 2005. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7A.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7A,

2. Rappelant la décision 28 COM 15A.15, adoptée lors de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Prenant note des résultats de la mission entreprise par le Centre du patrimoine mondial, du bilan de la mise en oeuvre des recommandations de la décision 28 COM 15A.15, des dispositions qui ont été prises pour le renforcement, des dispositions qui ont été prises pour le renforcement juridique de protection autour du bien, et de l’impact des missions techniques financées dans le cadre de l’accord de coopération entre l’UNESCO et l’Italie,

4. Prenant également note du souhait de l’État partie du Mali de voir le bien retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril,

5. Félicite l’État partie de tous les efforts déployés afin d’améliorer de manière significative l’état de conservation du bien ;

6. Recommande à l’État partie de réaliser un inventaire complet de la vieille ville de Tombouctou, qui serait utile pour toute proposition d’extension soumise à l’avenir ;

7. Invite les partenaires internationaux à soutenir le projet de développement pour la réhabilitation de l’architecture de Tombouctou ;

8. Décide de retirer Tombouctou (Mali) de la Liste du patrimoine mondial en péril, sous réserve de l’achèvement d’un plan de gestion et de réhabilitation visant à faciliter la préservation et le développement durable de la vieille ville de Tombouctou, selon la recommandation de l’ICOMOS et la mission du Centre du patrimoine mondial ;

9. Décide également que, s’il n’y a pas de progrès substantiel dans la mise en oeuvre de la condition énoncée au paragraphe 8, le bien sera inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 30e session (Vilnius, 2006) ;

10. Demande au Directeur du Centre du patrimoine mondial, en consultation avec l’ICOMOS, de s’assurer que le rapport concernant l’état de conservation de Tombouctou (Mali) (point 14 du document WHC-05/29.COM/7A) reflète le débat du Comité à sa 29e session (Durban, 2005).

Décision adoptée: 29 COM 8C.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-05/29.COM/7A et WHC- 05/29.COM/7A.Add),

2. Décide de retirer les biens suivants de la Liste du patrimoine mondial en péril :