1.         Butrint (Albanie) (C 570ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1997-2005

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/570/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-1997)
Montant total approuvé : 106 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/570/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1997 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/Fondation Butrint ; 2001 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; 2003 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; 2005 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pillage du Musée de Butrint en 1997 ;

b) L’absence de protection, de gestion et de conservation appropriées du site a entraîné son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril in 1997 ;

c) Absence de mécanismes de gestion et pression touristique ;

d) Mauvais état de conservation du bien.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/570/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

À sa 29e session (Durban, 2005), le Comité du patrimoine mondial a approuvé les recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de mars 2005 et a invité l’État partie à accorder l’attention qui convient à leur mise en œuvre en temps opportun, tout en retirant le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Un rapport du Ministère du Tourisme, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports sur les activités menées sur le site en 2005 a été reçu par le Centre du patrimoine mondial en février 2006. Il décrit des travaux d’entretien et de préservation des monuments, y compris le traitement de la végétation, de la consolidation, et autres, ainsi que des projets archéologiques menés par des équipes albanaises, de la fondation Butrint et de spécialistes. Ce travail a été effectué selon les recommandations de la table ronde et de la mission commune Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de mars 2005.

D’autre part, le 3 avril 2006, le Directeur du Parc national de Butrint a fait savoir que la Fondation Butrint, en collaboration avec l’Institut d’Archéologie, préparait des archives en ligne de toutes les fouilles archéologiques et découvertes effectuées à Butrint entre 1930 et 2006. De nouvelles réserves archéologiques vont être construites en 2006-2007.

En juillet 2006, un relevé hydrologique sur les actions de l’eau sur les monuments, ainsi qu’une réinstallation de pompes hydrauliques vont être réalisés par un spécialiste italien et des homologues albanais. Les barrières protectrices qui entourent le site vont être réparées et modernisées en 2006 et l’on prévoit la construction d’une nouvelle billetterie. Les gardes forestiers du Parc vont aussi améliorer la surveillance du bien.

La mosaïque du baptistère va faire l’objet d’une étude, son état va être évalué en 2006 et l’on va envisager la possibilité de la présenter à long terme. La conservation du Palais du Triconque a été achevée en 2005 et le programme de formation se poursuit en 2006. Le Musée de Butrint est de nouveau ouvert après des travaux de modernisation en octobre 2005. Vingt-deux panneaux explicatifs ont été installés autour du site et l’on a créé 22 km de sentiers balisés. Le rapport indique aussi que le Parc a été étendu à la suite d’une décision du Conseil des Ministres en décembre 2005 : il couvre maintenant 86 km², constituant ainsi une zone tampon plus qu’adéquate pour les monuments archéologiques.

Concernant le tourisme, la phase préparatoire du projet du FEM (Fonds pour l’environnement mondial) parrainé par la Banque mondiale, vient de s’achever. Le projet vise à favoriser le développement économique de la région par un tourisme écologique et archéologique, en intervenant sur la formation et le renforcement des capacités, le rayonnement international, le tourisme durable et la coopération universitaire.

Aucun des rapports ne mentionne explicitement la gestion du site selon la loi de 2003 sur la protection du patrimoine. Plusieurs déclarations, notamment sur le « suivi du Parc », laissent entendre que certains aspects de la loi commencent lentement à être appliqués. Cela est prudemment cautionné par certaines observations figurant dans le rapport de la mission commune de 2005. Ce dernier rapport contient de fermes recommandations concernant le régime de gestion formulées lors de la mission. Le document d’avril 2006 document signale la nomination d’un nouveau Directeur et de quatre collaborateurs respectivement spécialisés en archéologie, monuments, tourisme et environnement. En décembre 2005, le personnel d’encadrement a participé à une session de trois jours de formation en gestion ; d’autres cours ont eu lieu ou sont prévus en gestion du tourisme, gestion de la végétation, conservation des monuments et des mosaïques, et rédaction de projet.

La mission commune de 2005 soulignait le fait que « la nécessité d’une gestion ferme et réaliste en tant qu’outil très utile devient plus évidente que jamais ». Néanmoins, le rapport soumis par l’État partie ne mentionne aucun travail visant à améliorer le plan de gestion et de conservation. Il indique simplement que le plan de gestion 2000-2005 a été adopté par le Conseil du Parc national de Butrint et que les initiatives et projets mis en œuvre en 2005-2006 s’inscrivent dans la ligne des objectifs du plan de gestion. L’État partie a aussi signalé le début en 2006 d’un projet financé par la Banque mondiale pour élaborer un plan de gestion intégrée de la zone côtière, incluant le Parc national de Butrint.

Tout en félicitant l’État partie des améliorations apportées dans plusieurs secteurs, l’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial regrettent l’absence d’avancement dans l’actualisation du plan de gestion en vigueur, pour le mettre en conformité avec les standards internationaux. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.75

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7A.27, adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Prend note des efforts permanents des autorités permanents pour améliorer la situation générale du bien;

4. Note avec satisfaction que l'État partie a étendu la superficie du Parc national de Butrint, et donc la zone tampon du bien du patrimoine mondial, et demande à l'État partie de bien vouloir soumettre les documents pertinents - y compris des cartes de la zone tampon révisée du bien du patrimoine mondial - conformément au point III.I des Orientations;

5. Regrette l'absence d'avancement dans l'actualisation du plan de gestion en vigueur, et demande à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, un rapport détaillé sur l'application des recommandations de la mission de 2005 et sur l'avancement réalisé en matière d'actualisation et de mise en œuvre du plan de gestion intégrée du bien selon les standards internationaux, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session, en 2007;

6. Prend également note que l'État partie a invité une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM à se rendre sur le bien en 2007, comme cela avait été demandé dans la décision 29 COM 7A.27, pour évaluer la mise en œuvre des décisions du Comité du patrimoine mondial en coopération avec l'État partie, et de soumettre un rapport sur ses conclusions à sa 31e session, en 2007.