1.         Isole Eolie (Îles Eoliennes) (Italie) (N 908)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion global ;

b) Développement excessif du tourisme ;

c) Exploitation de carrières de pierre ponce.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

L’État partie italien a présenté un rapport sur l’état de conservation du bien le 9 mars 2006, indiquant qu'il avait demandé aux deux autorités siciliennes concernées les déclarations officielles relatives aux activités minières sur l'île de Lipari. Toutes deux (l’Assessorat à l’Industrie et l’Assessorat aux Biens culturels et environnementaux et à l’Instruction publique de la région Sicile) ont confirmé qu’une nouvelle extension ou expansion des carrières de pierre ponce était illégale et contraire au Plan d'aménagement du territoire existant. L’État partie signale également que ce dernier a demandé aux communes des îles Éoliennes d'accélérer la préparation d'un plan de gestion général. L'Assessorat a aussi informé les communes que, si elles restaient inactives, c’est lui qui allait se charger de préparer le plan de gestion général.

L’État partie n'a cependant fourni aucune information sur le projet hôtelier sur l'île de Lipari, qui avait fait la une des médias nationaux et internationaux et suscité une polémique à la fin de 2004. Dans sa décision 28 COM 15B.26, le Comité prie instamment l’État partie de rechercher des solutions à long terme en vue d'une fermeture des carrières de pierre ponce existantes et de faire cesser toutes les activités d'exploitation minière sur le bien du patrimoine mondial. Les activités d'exploitation minière semblent avoir cessé sur six des sept îles alors qu'elles se poursuivent sur le site du patrimoine mondial de Lipari. Sur l'île de Lipari, l'exploitation des carrières de pierre ponce a été autorisée, comme cela a été indiqué an 2004, par une loi régionale, initialement jusqu'au 31 mai 2005. De 2004 à 2006, le Centre et l’UICN ont reçu des rapports réguliers de personnes et d’ONG concernées indiquant que les activités d'exploitation minière continuaient et qu'il était proposé de les poursuivre sur l'île de Lipari. Depuis l'inscription des îles Éoliennes sur la Liste du patrimoine mondial en 2000, l'extraction de pierre ponce a doublé, selon les informations recueillies. De plus, une seconde carrière de pierre ponce a été rouverte et l’ancienne jetée qui servait à charger la pierre ponce à bord des navires a été retapée. Selon les documents audiovisuels et photographiques d’accompagnement, le nord-est de l'île est totalement dévasté par l'exploitation continue des carrières de pierre ponce. Enfin, le cratère du mont Pelato est, semble-t-il, devenu instable.

Les informations sont contradictoires en ce qui concerne l'autorisation de ces activités d'exploitation minière. Selon les médias, l'autorité sicilienne chargée des concessions minières a déclaré par deux fois au public que toutes les activités d'exploitation minière sur l'île de Lipari allaient cesser au plus tard d'ici le 30 juin 2005. Mais suite aux manifestations de Messine, une nouvelle extension a été accordée à Pumex et à Italpomice, les deux compagnies implantées sur l'île, jusqu'au 31 décembre 2005. Soutenues par le maire et le conseil de la ville de Lipari, ces dernières ont demandé au Parlement sicilien d'accorder également une extension pour au moins cinq années supplémentaires. Legambiente Sicilia, une ONG de défense de l'environnement a décidé entre-temps, de traduire en justice le maire de la ville de Lipari pour abus de pouvoir. À l'heure actuelle, il est difficile de dire si les activités d'exploitation minière se poursuivre ou non et pour combien de temps encore. Compte tenu des informations dont ils disposent, l'UICN et le Centre craignent fortement que les activités d'exploitation minière en cours continuent d'avoir de sérieux impacts négatifs sur l'intégrité du bien du patrimoine mondial. Plusieurs études indiquent la possibilité d'un reclassement immédiat de tous les employés des carrières de pierre ponce, même après l'arrêt complet de toutes les activités d'exploitation minière sur le site du patrimoine mondial.

L’UICN a aussi reçu des informations sur un projet de création d'aéroport sur l'île de Lipari. Mais aucune autre information n'est disponible actuellement. Aucune nouvelle information n'a été donnée non plus sur la mise en œuvre du Plan d'aménagement du territoire qui devrait aider à résoudre les problèmes de planification et de gestion. Compte tenu des rapports incessants de personnes et d'ONG concernées, et des documents photographiques et audiovisuels disponibles, une mission conjointe UNESCO/UICN est requise pour évaluer l'état de conservation du bien et, en particulier, les progrès réalisés dans la recherche des solutions à long terme susmentionnées en ce qui concerne les activités d'exploitation minière sur le site. L’État partie avait précédemment offert d'inviter cette mission sur le site du patrimoine mondial, comme indiqué dans son rapport de 2004. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.23

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 27 COM 7B.18 et 28 COM 15B.26, adoptées respectivement lors de ses 27e (Paris, 2003) et 28e (Suzhou, 2004) sessions,

3. Note avec inquiétude que les activités d'exploitation minière continuent d'avoir des impacts négatifs majeurs sur l'intégrité du bien;

4. Regrette que peu de progrès ait été fait eu égard à l'arrêt de toutes les activités d'exploitation minière qui avait été demandé pour le bien du patrimoine mondial;

5. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN à évaluer l'état de conservation du bien, en particulier l'impact des activités d'exploitation minière, du projet hôtelier et de la mise en œuvre du Plan d'aménagement du territoire;

6. Demande également à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1 février 2007 un rapport à jour sur l'état de conservation du bien pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.