1.         Site des premiers hommes de Sangiran (Indonésie) (C 593)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1996

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/593/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2005)
Montant total approuvé : 40 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/593/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission de suivi d’expert de l’UNESCO en septembre 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence d’agence permanente de gestion du site pour assurer la coordination entre les organismes de conservation, de recherche et de développement ;

b) Médiocrité de la présentation du site et de l’exposition du musée ;

c) Absence de plan de gestion complet pour assurer la conservation et la mise en valeur du site.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/593/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Sangiran, qui est l’un des plus grands sites de fossiles du monde, recèle des données potentiellement importantes pour comprendre le processus général d’évolution de l’homme.

A la demande du Département de la Culture et du Tourisme de l’Indonésie, le Président du Comité du patrimoine mondial a approuvé en mars 2005 un montant de 15 000 dollars EU au titre de l’assistance internationale pour soutenir un atelier de consultation nationale pour la sauvegarde du bien du patrimoine mondial de Sangiran. Cet atelier s’est déroulé du 20 au 25 septembre 2006, en même temps qu’une mission d’experts de l’UNESCO sur le site. Le but de la réunion était de consulter les acteurs locaux concernés par la conservation et la gestion du bien, de faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre des recommandations d’un atelier antérieur (avril 2002) et d’élaborer des orientations pour le développement des infrastructures du site en relation avec la recherche scientifique et le développement du tourisme. Le compte rendu de l’atelier a été transmis par l’État partie au Centre du patrimoine mondial en février 2007.

Depuis 2002, le gouvernement indonésien a fait des efforts notables pour préserver et conserver le bien, améliorer l’éducation et la participation des communautés locales au processus décisionnel, promouvoir la recherche scientifique sur le site, ainsi que pour développer les installations touristiques sur le site et aux alentours. Les participants à l’atelier de 2006 ont en effet noté des changements positifs sur le site, notamment :

a) L’augmentation du nombre d’officiers de police présents sur le site ;

b) L’élaboration en 2005 d’un Schéma directeur pour la conservation et la gestion du site de Sangiran ;

c) le renforcement de la loi contre le trafic illégal de fossiles ;

d) la formation du personnel du musée ;

e) l’amélioration du musée du site de Sangiran.

Néanmoins, malgré ces initiatives positives, il reste un certain nombre de problèmes. Il semble que le Comité de coordination pour la protection et la gestion du site du patrimoine mondial de Sangiran, qui avait été établi en 2002, n’ait pas réussi à mettre en œuvre les recommandations de l’atelier de 2002 et soit resté pour l’essentiel non opérationnel. Il n’a toujours pas été mis en place une agence de gestion du site avec du personnel qualifié, le personnel responsable de la gestion du site appartenant actuellement au Service d’archéologie de la province centrale de Java.

Les participants à l’atelier de 2006 ont également noté les menaces qui pèsent sur le bien (qui s’étend sur plus de 56 km²) en raison d’un mode d’occupation des sols inapproprié à l’intérieur du site inscrit, faute de règlements explicites basés sur l’importance du bien en tant que patrimoine. Il s’agit notamment d’une annexe du Musée du site où des laboratoires et des installations de stockage doivent être aménagés et de la construction d’une tour d’observation de trois étages ; d’une proposition de création d’un parc de loisirs sur le Pléistocène à l’intérieur du bien ; de la construction d’un pont au-dessus de la Cemara pour relier Sragen et Karanganyar Regents ; du forage de puits artésiens et de la proposition de créer une décharge à l’intérieur du site du patrimoine mondial (ce dernier projet a été retiré en 2004). Ces initiatives pourraient avoir un impact négatif sur les valeurs du bien, du fait de la présence de couches archéologiques précieuses très proches de la surface et de la nécessité de préserver l’intégrité du paysage. Par ailleurs, des découvertes archéologiques importantes ont été faites récemment hors des limites actuelles de la zone centrale du bien du patrimoine mondial.

Les participants ont de même pris note de la nécessité d’améliorer la présentation et l’interprétation du site dans le musée, en insistant sur les valeurs qui ont justifié l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial, et de sensibiliser la population locale établie sur le site à l’importance de celui-ci en tant que patrimoine et à la nécessité de le protéger.

Par rapport aux questions susmentionnées, les participants à l’atelier ont recommandé que :

f) le Comité de coordination pour la protection et la gestion du site des premiers hommes de Sangiran, établi en mai 2002, soit réactivé et restructuré par les autorités nationales et locales afin qu’il y ait une agence opérationnelle de gestion du site ;

g) les activités de formation à l’intention des autorités locales et du personnel du services d’archéologie soient organisées afin de renforcer les capacités locales en matière de conservation et de gestion à long terme du site, le cas échéant en demandant l’aide de l’UNESCO ;

h) le Schéma directeur 2005 du site soit mis en œuvre et renforcé en coordination avec l’UNESCO, y compris en révisant les limites de la zone centrale, si possible en établissant une zone tampon et en adoptant des dispositions pour évaluer l’impact des projets d’infrastructures ou de développement du tourisme à l’intérieur du bien, afin de s’assurer qu’ils ne remettent pas en cause la valeur universelle exceptionnelle de Sangiran;

i) le musée du site de Sangiran soit encore amélioré sur le plan de la présentation et de l’interprétation, en consultation étroite avec le Comité de coordination, afin de faire comprendre la valeur universelle exceptionnelle du bien et de renforcer la participation des communautés locales, notamment des jeunes, à la conservation du site.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.70

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B.Add,

2. Remercie l'État partie d'avoir organisé un atelier de consultation des acteurs concernés sur la conservation et la gestion du bien du patrimoine mondial de Sangiran;

3. Notant toutefois avec inquiétude les risques potentiels associés à l'absence d'agence opérationnelle de gestion du site ainsi que de règlements concernant l'occupation des sols, conjugués aux projets d'aménagement en cours à l'intérieur du bien, lesquels pourraient avoir un impact négatif sur ses valeurs de patrimoine,

4. Demande à l'État partie de revoir et de renforcer la gestion du bien en:

a) Restructurant et réactivant le Comité de coordination pour la protection et la gestion du bien du patrimoine mondial de Sangiran,

b) Renforçant l'efficacité du Schéma directeur pour protéger les valeurs de patrimoine du bien, notamment en élaborant des règlements concernant l'occuption des sols et des procédures d'évaluation de l'impact des projets d'aménagement proposés; en envisageant la révision éventuelle de la zone centrale pour tenir compte des découvertes archéologiques récentes, et en définissant une zone tampon appropriée pour le bien avec les dispositions légales et les règlements d'occupation des sols correspondants, pour considération par le Comité,

c) Améliorant la présentation et l'interprétation du bien et de son musée, et en élaborant des programmes de sensibilisation à l'intention de la population, et en particulier des jeunes;

5. Demande également à l'État partie d'inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien pour évaluer son état de conservation et aider à traiter les questions soulevées dans le paragraphe 4 ;

6. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un rapport sur l'état de conservation du bien, avec notamment des informations sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des actions mentionnées ci-dessus, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008.