1.         Île de Mozambique (Mozambique) (C 599)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/599/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-2001)
Montant total approuvé : 134 880 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/599/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Fonds en dépôt japonais : 1 108 078 dollars EU pour le projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien ; UCCLA : 526 015 dollars EU pour le projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien ; Portugal/IPAD 102 900 dollars EU pour le projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien.

Missions de suivi antérieures

2000, mission de suivi réactif de l'ICOMOS ; 2005, missions du Centre du patrimoine mondial ; 2006, missions du Centre du patrimoine mondial ; février 2007 mission de l'ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Retard dans la mise en œuvre de la réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien ;

b) Plan de gestion pas encore finalisé ;

c) Absence de gestionnaire de site ;

d) Bâtiments sur le point de s'effondrer ;

e) Absence de contrôle du développement et menaces à l'égard de l'authenticité ;

f) Absence de réseau d'égouts digne de ce nom .

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/599/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

En février 2007, l'État partie a sous un rapport sur l'état de conservation faisant état de l'engagement et de l'attention prioritaire du gouvernement à l'égard du projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien et du projet de schéma directeur intégré UNESCO-Banque africaine de développement (AfDB). Le rapport informe le Comité que les mesures suivantes ont été prises pour améliorer la gestion du bien :

a) un cabinet pour la conservation et restauration de l'Île de Mozambique (GACIM) a été créé pour la gestion de l'île et un directeur a été nommé ;

b) un séminaire de coordination financé par le gouvernement du Portugal a été organisé en février 2007 dans l'optique de parler des priorités en matière de conservation, gestion et mécanismes de planification ;

c) le mandat pour le schéma directeur de l'île devant être financé par l'intermédiaire du projet UNESCO-AfDB a été élaboré ;

d) un comité de pilotage co-présidé par le bureau de l'UNESCO à Maputo et le ministre de l'Éducation et de la Culture a été créé dans l'optique de coordonner les activités concernant la réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien.

La mission de suivi de l'ICOMOS demandée par le Comité à sa 30e Session (Vilnius, 2006) a été entreprise afin d'évaluer l'état de conservation du bien et de faire des recommandations au Comité du patrimoine mondial notamment sur les progrès accomplis en ce qui concerne la réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien, le développement du programme UNESCO-AfDB et la finalisation du plan de conservation et gestion.

Le rapport indique clairement qu'en dépit des efforts de l'État partie, un travail urgent est nécessaire pour prendre en compte les menaces sévères qui pèsent sur le bien. Ces dernières ont été identifiées par la mission comme suit :

a) Manque d'infrastructures de base :

Il manque non seulement un réseau d'égouts digne de ce nom mais également un réseau routier approprié et il est impossible de contrôler les inondations dans le quartier de Macuti.

b) Abandon des bâtiments et des structures :

Certains édifices de l'État seraient loués à des gens qui soit les laissent se détériorer soit les ferment, réduisant ainsi le nombre de bâtiments habitables au sein du site ; il semble n'y avoir aucune volonté d'entretenir ces édifices et beaucoup sont fortement menacés d'effondrement. Le mur de soutènement du quartier de Macuti est fissuré, laissant passer les eaux de pluie vers les habitations les plus pauvres. L'authenticité du bien est sérieusement menacée.

c) Manque de moyens d'entretien pour les résidents :

Les nombreux résidents qui viennent d'arriver sur l'île en conséquence de la guerre civile et ceux qui gardent les bâtiments pour de riches propriétaires fonciers n'ont ni les ressources ni la volonté d'entretenir les bâtiments.

d) État d'avancement insuffisant de la restauration de la Forteresse de Saint-Sébastien :

Depuis que l'accord de restauration a été signé conjointement par l'UNESCO et le gouvernement du Mozambique en 2003, les progrès accomplis dans le lancement des travaux de restauration de la forteresse ont été très lents.

e) Absence de plan de gestion et de conservation :

Suite à la mission de suivi réactif de 2000, la préparation d’un plan de gestion a été proposé et celle-ci a été finalement lancée en 2003. Il n'a pas encore été finalisé. De même, aucun programme fonctionnel provisoire n'a été mis en place.

L'ICOMOS a identifié les faiblesses structurelles suivantes qui contribuent à ces menaces :

(i) capacités insuffisantes au sein de l'autorité locale gérant l'île ;

(ii) sentiment local que l'UNESCO ‘possède’ le site et est chargé d'initier les actions ;

(iii) prise de conscience insuffisante quant au fait que le quartier de Macuti ainsi que le quartier de Pierre font partie du site inscrit ;

(iv) absence de coordination au niveau national et local pour la conservation du site;

(v) aucune stratégie à court terme en place pour prendre en compte les menaces de conservation et autres.

Cependant, le rapport a confirmé que les actions suivantes ont été prises pour traiter de manière urgente les menaces :

(i) Le processus de nomination du gestionnaire de site pour la réalisation du plan de gestion est déjà à un stade avancé.

(ii) Le Cabinet pour la Restauration et Conservation de l'Île (GACIM) a été établi, son directeur nommé et des bureaux trouvés dans le bâtiment occupé par le bureau de l'UNESCO sur l'île. Le GACIM émana de la restructuration du Cabinet technique pour la Réhabilitation de l'Île de Mozambique qui a été instauré en 1994.

(iii) Un travail de base se poursuit en ce qui concerne la planification de la restauration de laForteresse de Saint-Sébastien par le cabinet-conseil d'architectes à Maputo.

La mission a conclu qu'un engagement bien plus important s'avérait nécessaire pour remédier à ces menaces par des actions immédiates. Les réparations des édifices, sites et structures ne peuvent pas attendre le plan de gestion ou autre schéma directeur, dans la mesure où lorsqu'ils seront prêts, il risque de rester peu de choses du bien du patrimoine mondial en état de dégradation avancé. Une stratégie d'urgence doit être mise en place, impliquant la participation des communautés locales pour consolider les édifices et structures délabrés, combler les mares, déraciner les arbres sur les structures, nettoyer les décombres, etc. pendant que le plan de gestion est finalisé et qu'une structure administrative à long terme est mise en place.

Le plan de gestion et de conservation doit prendre en compte non seulement les menaces mais également les opportunités de développement économique et social afin d'exploiter les importantes ressources culturelles que présente le site dans l'intérêt des communautés locales.

Des progrès significatifs ont cependant été accomplis par l'État partie avec l’assistance technique du Bureau UNESCO de Maputo et du Centre du patrimoine mondial depuis juillet 2006 en ce qui concerne le projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien et l'UNESCO. L'autorisation respectivement obtenue des trois partenaires bailleurs de fonds, le Japon, le Portugal et l'UCCLA, pour revoir et étendre le budget du projet et les dates limites de mise en œuvre ont permis à l'État partie et à l'UNESCO d'envisager et de commencer la phase de mise en œuvre du projet avec succès. Afin de prioritiser la prévention contre toute autre détérioration de la forteresse et de commencer de manière urgente les travaux de restauration, un conseiller technique en chef du projet a été recruté et a pris ses fonctions en février 2007 sur l'île, le cabinet-conseil d'architectes internationaux retenu prépare la documentation technique pour les travaux de restauration depuis mars 2007, et le comité de pilotage du projet a tenu sa première réunion en mai 2007.

Le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport de la Direction Nationale de la Culture au Mozambique en date du 5 février 2007 intitulé “Partenariat pour le Développement durable de l'Île de Mozambique – Mandat pour le schéma directeur ”. Le principal objectif du partenariat proposé est d'atteindre un développement durable de l'Île et de la région côtière qui lui est associée, en faisant de la réhabilitation du patrimoine mondial un élément moteur du développement des entreprises des communautés locales. L'approche intégrée de ce partenariat se fera en trois phases : conservation du patrimoine historique de valeur ; réhabilitation et expansion des infrastructures ; et développement économique et création d'opportunités d'emploi ; elle est par ailleurs conforme au plan de développement proposé par la Banque africaine de développement. Le Centre du patrimoine mondial a également reçu un plan stratégique pour la municipalité de l'Île de Mozambique pour 2005-2010 préparé avec l'aide de l'Organisation des villes du patrimoine mondial – un projet de réseau entre l'île, la ville de Bergen en Norvège, les îles de Zanzibar en Tanzanie et Lamu au Kenya. Le principal objectif de ce plan est d'établir des orientations viables et opérationnelles pour la bonne gestion municipale de l'île.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.48

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.42 adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Remercie l'État partie pour son rapport soumis en février 2007, en particulier sur les progrès accomplis dans la création d'un cabinet pour la restauration et conservation du bien, la réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien, le développement du programme UNESCO-AfDB et la finalisation du plan de conservation et de gestion ;

4. Note les résultats de la mission de suivi réactif de l'ICOMOS réalisée en février 2007 sur le bien ;

5. Note également avec appréciation l'assistance technique du Bureau UNESCO de Maputo et du Centre du patrimoine mondial, permettant au projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastiende progresser de façon significative ;

6. Félicite l'État partie pour les progrès satisfaisants accomplis dans la mise en œuvre du projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien financé par l'UCCLA et les gouvernements du Japon et du Portugal et demande que des fonds soient alloués à l'avenir à l'achèvement du projet de restauration et à la conservation de la structure urbaine ainsi qu'au développement des capacités locales;

7. Réaffirme sa vive inquiétude quant au fait que l'Île de Mozambique reste menacée par une sérieuse dégradation des monuments historiques et structures urbaines et risque de perdre son authenticité ;

8. Note en outre le manque de capacités pour mettre en place des mécanismes de protection contre l'écroulement des maisons et murs d'enceinte, le manque d'infrastructures appropriées en matière de réseau d'égouts et de réseau routier, l'absence de plan de gestion achevé, l'absence de gestionnaire de site ;

9. Prie instamment l'État partie d'accorder la priorité à l'élaboration d'un plan d'action d'urgence pour traiter les dégradations les plus sévères, ainsi qu'à des actions correctives à court terme, en concertation avec toutes les parties prenantes ;

10. Demande au Centre du patrimoine mondial de poursuivre son appui technique au projet de réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien pour garantir sa mise en œuvre intégrale ;

11. Prie aussi instamment l'État partie :

a) d'achever le plan de gestion en tant que base au développement durable du bien en collaboration avec toutes les parties prenantes et par l'intermédiaire d'une approche structurée impliquant les autorités nationales et locales ;

b) d'élaborer un calendrier pour la réalisation des travaux de restauration de la Forteresse de Saint-Sébastien ;

c) de renforcer la sensibilisation sur l'importance du site du patrimoine mondial et les responsabilités qui en découlent;

12. Demande enfin à l'État partie de soumettre un rapport au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d'action d'urgence, sur la réhabilitation de la Forteresse de Saint-Sébastien, sur la réalisation du plan de gestion et de conservation, et sur les actions nécessaires prises pour un travail efficace des structures administratives du Cabinet pour la Restauration et Conservation de l'île (GACIM), pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008.