1.         Centre historique de Riga (Lettonie) (C 852)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (i)(ii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/852/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2002)
Montant total approuvé : 108 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/852/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien: missions d’experts de la Convention France-UNESCO en 2002, 2004, 2005 -11 500 Euros

Missions de suivi antérieures

Visite du site UNESCO/ICOMOS en 2003 ; missions de coopération France-UNESCO en 2004, 2005, 2006 et 2007 ; visites du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projets de construction de grande hauteur dans la zone tampon qui menacent l’intégrité visuelle du bien ;

b) Règlementations des permis de construire et directives pour les nouveaux projets de construction dans Riga et sa zone tampon

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/852/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Conformément à la demande présentée par le Comité lors de sa 29e session (Durban, 2005), l’Etat Partie a fourni un rapport daté du 24 janvier 2007 sur l’état de conservation du Centre historique de Riga incluant les progrès accomplis en ce qui concerne la mise en oeuvre de la décision du Comité.

En septembre 2005, après une série de révisions demandées par l’Inspection d’Etat, le Département du développement urbain du Conseil de la Ville de Riga a présenté au public le troisième projet du plan de préservation et de développement du Centre historique de Riga (et sa zone tampon). L’Inspection a approuvé le plan avec certaines clauses de mise en oeuvre, en particulier en ce qui concerne la situation des constructions de grande hauteur dans la zone tampon, afin de préserver l’intégrité visuelle du Centre historique. Le 7 février 2006 le Conseil de la ville de Riga a adopté le Plan de préservation et de développement et les Règlementations de construction pour le Centre historique de Riga et sa zone tampon. L’Inspection a adopté le plan à la condition qu’un “Projet de conception ” sur le développement de la rive gauche de la Daugava soit établi.

Le Département du développement urbain du Conseil de la Ville de Riga et le Bureau de l’architecte de la ville de Riga ont ensuite achevé le Projet de conception demandé, qui est considéré comme le document règlementaire pour le développement urbain de la rive gauche de la Daugava et qui contient le plan définissant la hauteur de construction autorisée dans la zone tampon. Le Projet de conception mentionne que des propositions seront préparées en vue d’amendements au règlement n° 127 déjà adopté (2004) par le Cabinet des ministres, qui limite à 121 mètres la hauteur des bâtiments dans la zone tampon de la rive gauche de la Daugava, afin de permettre des constructions de hauteur plus importante. Il faut noter que ce Projet de conception ne concerne pas les projets de construction déjà envisagés, les projets préliminaires ou techniques acceptés, ou les concours d’architecture dont le vainqueur a été désigné. L’Inspection d’Etat n’a pas approuvé le Projet de conception, en estimant qu’à Riga, historiquement, les églises étaient les accents verticaux principaux et que sans une limitation appropriée de la hauteur des constructions, le Centre historique de Riga pourrait être entouré de bâtiments de grande hauteur qui nuiraient au caractère du bien.

Le rapport de l’Etat Partie contient aussi des études d’impact visuel effectuées en 2006 par l’Inspection d’Etat sur l’impact des constructions de grande hauteur envisagées dans la zone tampon sur le Centre historique de Riga, et conclut à la nécessité de clauses législatives spécifiques pour la limitation des hauteurs. En juillet 2006, après la session du Comité, à l’invitation des autorités nationales, le Directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a entrepris une brève visite à Riga pour discuter avec les autorités du plan de démolition d’un gratte-ciel des années 1980 situé dans Republikas Square 2 (zone tampon nord) dans le cadre de la Loi sur la protection des monuments culturels (1992), qui permet de considérer un tel bâtiment comme “objet dégradant pour l’environnement ”. Toutefois, la décision définitive sur ce point sera prise après d’autres discussions avec des experts appropriés et après un séminaire international prévu les 16 et 17 avril 2007. Pendant la visite du site, le Directeur a exprimé ses inquiétudes concernant les projets de développement de grande hauteur à l’intérieur et à l’extérieur de la zone tampon.

En novembre 2006, une délégation lettone composée de l’architecte en chef de Riga, du chef de l’Inspection d’Etat pour la protection du patrimoine et du secrétaire général de la Commission nationale lettone auprès de l’UNESCO est venue au Centre du patrimoine mondial. La délégation a informé le Centre de la révision des concepts concernant le développement du profil pour la rive gauche de la Daugava. Tout en appréciant cette initiative, le Centre du patrimoine mondial a exprimé son inquiétude grave concernant un développement urbain inapproprié dans la zone tampon du Centre historique et a souligné que les bâtiments de grande hauteur envisagés dans la zone tampon ne seraient pas la meilleure solution pour la zone de Ķīpsala et risqueraient de mettre en péril le statut du Centre historique de Riga en tant que bien du patrimoine mondial. Malgré la qualité de l’analyse présentée et des outils de planification utilisés (p.e. études de profil urbain ; analyse de point de vue ; analyse du caractère historique et carte des voisinages protégés), ces outils de planification ont semblé être appliqués uniquement pour justifier les plans de constructions de grande hauteur proposées, notamment dans la zone tampon, au lieu de servir à déterminer l’emplacement, le type et la forme appropriés des projets de développement. 

D’autre part, les résultats du concours pour la Salle de concert de Riga, jugé par un jury auquel participait un expert UNESCO-ICOMOS, méritent d’être relevés.

Le rapport de l’Etat Partie mentionne également que les dispositifs juridiques et le nouveau plan de préservation et de développement prévoient l’examen de tous les projets concernant le Centre historique de Riga et sa zone tampon. Ces mesures sont destinées à garantir que tous les nouveaux bâtiments respectent totalement l’intégrité visuelle du Centre historique de Riga, que les cours d’eau historiques soient préservés en tant qu’espaces ouverts au public, et qu’aucun bâtiment nouveau ne soit construit. De plus, un séminaire régional et atelier sur “Bâtiments de grande hauteur et Centre historique (dans les Pays Baltes)” a été organisé par le Centre du patrimoine mondial et l’ICCROM les 7 et 8 décembre 2006 à Vilnius (Lituanie) ; un représentant de l’Inspection d’Etat de Lettonie y a participé.

Par ailleurs, l’Inspection d’Etat pour la protection du patrimoine de Lettonie a organisé un séminaire international sur la préservation et le développement des centres historiques de villes (16 -17 avril 2007, Riga) auquel ont assisté des experts locaux et internationaux, y compris des représentants du Conseil de l’Europe et de l’UNESCO. Les résultats du séminaire et des visites sur place ont souligné que la plus grande attention doit être portée à la continuité entre le profil de la ville, la Daugava et ses deux rives. La valeur de Riga en tant que bien du patrimoine mondial repose sur les rapports entre ces éléments. Pour préserver l’intégrité visuelle de ce paysage urbain exceptionnel, il est absolument nécessaire d’opter pour une approche intégrée de tout projet de développement urbain pour la ville, basé sur ces valeurs et sur une vision claire de l’avenir de la ville.  A cet égard, le séminaire a conclu que les bâtiments de grande hauteur sont incompatibles pour ce bien (zone centrale, zone tampon et au-delà), et que les projets en cours pour des constructions de grande hauteur sur la rive gauche de la rivière menacent les valeurs de ce bien.

Dans une lettre en date du 12 avril 2007, l’Inspection d’Etat pour la protection du patrimoine a informé le Centre du patrimoine mondial de la toute dernière visualisation du projet révisé de concept pour le développement envisagé sur la rive gauche de la Daugava et a demandé l’assistance de l’UNESCO pour évaluer ce document.

Si le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS apprécient l’information à jour qu’ils ont reçue, ils demeurent extrêmement inquiets du fait que les précédentes Décisions du Comité concernant les constructions de grande hauteur sur la rive gauche de la Daugava n’ont pas été prises en compte par l’Etat Partie. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.99

Le Comité du patrimoine mondial,

1.        Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2.        Rappelant ses décisions 28 COM 15B.74 et 29 COM 7B.78, adoptées respectivement lors de ses 28e et 29e sessions (Suzhou, 2004 et Durban, 2005),

3.        Prend acte des informations communiquées par les autorités lettones sur l’adoption du plan de développement et de conservation et la réglementation de la construction dans le centre historique de Riga et sa zone tampon, ainsi que l’avancement du « projet de conception » pour contrôler l’aménagement de la rive gauche de la Daugava ;

4.        Note les efforts de l’Inspection publique concernant l’analyse d’impact visuel des immeubles de grande hauteur en projet, qui est en cours dans la zone tampon, et prie instamment l’État partie de mettre pleinement en application ses résultats pour éviter tout impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et de sa zone tampon, ainsi que sur les perspectives visuelles remarquables depuis et vers le bien ;

5.        Prie aussi instamment l’État partie de continuer à renforcer la législation actuelle sur la conservation et la protection du centre historique de Riga en limitant la hauteur des nouveaux immeubles dans les zones centrale et tampon du bien du patrimoine mondial, et au-delà, si nécessaire, afin de limiter l’impact visuel préjudiciable pour le paysage urbain du centre historique ;

6.        Prie en outre instamment l’État partie, en étroite coopération avec les autorités municipales, de renforcer la planification en amont et d’examiner attentivement tous les projets actuels et futurs dans la zone centrale et la zone tampon et, en particulier, de mettre fin aux chantiers de construction d’immeubles élevés en cours et autres plans inappropriés sur la rive gauche de la Daugava, jusqu’à ce qu’une analyse indépendante et approfondie des impacts potentiels sur les valeurs, l’authenticité et l’intégrité du centre historique ait été entreprise et que le « projet de conception » ait été entièrement révisé ;

7.        Demande à l’État partie d’entreprendre une étude d’impact visuel global du bien et de ses abords afin de prévoir un cadre pour les nouveaux aménagements proposés en veillant à ce qu’ils respectent pleinement la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8.        Demande également à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à évaluer l’état de conservation du bien, y compris les valeurs archéologiques du site, notamment en ce qui concerne les nouveaux projets d’aménagement proposés dans la zone tampon sur la rive gauche de la Daugava ;

9.        Demande en outre à l’État partie de soumettre un rapport au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2008 sur l’avancement du « projet de conception » concernant la rive gauche de la Daugava et de fournir les détails de tout projet qui pourrait avoir un impact sur l’intégrité visuelle du bien, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008, en vue d’une éventuelle inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.