1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, novembre 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

À sa 30e session (Vilnius, 2006), le Comité a noté avec une vive préoccupation que les nouveaux aménagements proposés autour des biens du patrimoine mondial constitués par [la Tour de Londres et] le palais de Westminster, l’abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite, semblent ne pas respecter l'importance de ces biens du patrimoine mondial, ni leur cadre, ni les perspectives visuelles qui leur sont associés. La politique générale du Plan pour Londres, destinée à protéger le bien du patrimoine mondial et son environnement, ne semble pas se traduire dans les faits, le degré de protection statutaire des perspectives visuelles qui s’offrent vers et depuis les [biens] pourrait diminuer et les plans de gestion ne sont pas finalisés. 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Il a été demandé à l'État partie d'inviter dès que possible une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l'impact des projets actuels de planification dans l'esprit du Mémorandum de Vienne de 2005 sur le patrimoine mondial et l’architecture contemporaine, Gestion du paysage urbain historique et étudier la possibilité d'inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en incluant des repères de référence et des calendriers pour les mesures correctives. Il a été demandé à l'État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2007 un rapport actualisé sur l'avancement de ses engagements dans ce domaine et sur l'état de conservation du bien, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.

Dans son rapport, la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS (qui a visité les biens du patrimoine mondial de la Tour de Londres et de Westminster) constate que l'état de conservation général des deux biens est satisfaisant et relève seulement des problèmes mineurs affectant les biens, telles les structures récemment érigées pour des raisons de sécurité à Westminster. Aucun problème majeur n'a été identifié dans la zone centrale de ces biens du patrimoine mondial.

La mission conclut qu'il est essentiel pour les autorités britanniques de combler l’écart existant entre la politique nationale du Royaume-Uni en matière de patrimoine mondial et son interprétation à l'échelon local. Il est nécessaire d'intégrer les politiques de développement local des quartiers (Boroughs) et les plans de gestion des biens du patrimoine mondial dans le plan de développement stratégique du Grand Londres (GLA - Greater London Authority). L'absence d’engagement vis-à-vis des propositions de plans de gestion préparées par les instances compétentes, malgré leurs déclarations sur le respect et l'intégration du patrimoine culturel dans les concepts de développement, doit être surmontée.

Pour le bien du patrimoine mondial de Westminster, l'étude approfondie du panorama urbain en préparation devrait déterminer quelles sont les perspectives visuelles importantes qu’offre le bien pour maintenir son intégrité et en apprécier pleinement le cadre. Avant que ces mesures et autres mesures de protection soient mises en place, les nouveaux aménagements proposés pourraient avoir un effet préjudiciable sur les valeurs du bien.

La mission a fait les recommandations suivantes :

a) Sachant que plusieurs projets de construction d'immeubles de grande hauteur sont à l'étude, il est nécessaire de les confiner au quartier des affaires de la City ;

b) Les projets immobiliers des ‘Three Sisters’ près de Waterloo Station (réaménagement d’Elizabeth House en trois tours de 140 m), la tour Beetham à Southwark (226 m) et la tour de Doon Street à Lambeth (168 m) à proximité de Westminster, y compris de la rive Sud, devraient être révisés afin d'être ajustés de façon à garantir l'intégrité visuelle du bien du patrimoine mondial ;

c) Un rapport devrait être soumis sur l'avancement d'une étude d'impact visuel dynamique du site pour faciliter une évaluation rapide et complète des futures applications en matière de planification ;

d) Le plan de gestion de Westminster devrait être finalisé en temps voulu d'ici juin 2007 pour être disponible pour la 31e session du Comité. Il devrait inclure la protection des abords immédiats du site, garantie par la création validée d’une zone tampon adéquate qui permettrait d'avoir de meilleures directives concernant la hauteur et le volume des futures projects en matière de planification et la protection des points de vue les plus remarquables. Ce plan d'aménagement et ceux des quartiers doivent être incorporés dans la stratégie de développement du Grand Londres (GLA).

L'État partie a soumis un rapport détaillé au Centre du patrimoine mondial en janvier 2007, répondant à la décision du Comité de 2006. Il fait savoir que les actions suivantes ont été prises :

a) Les directives révisées sur les immeubles de grande hauteur préparées par English Heritage et la Commission d'architecture et du patrimoine bâti, conseillers statutaires du gouvernement pour le cadre historique, ont été soumises au public pour commentaire ;

b) Les modifications supplémentaires du Plan pour Londres contiendraient de nouvelles références pour renforcer la protection des biens du patrimoine mondial ;

c) Le Livre blanc sur la protection du patrimoine (document de consultation), intitulé The UK Heritage Protection Review, publié en mars 2007, propose :

(i) qu’une protection statutaire soit assurée dans le système de planification des biens du patrimoine mondial afin de contrôler l’aménagement de l’espace à l'intérieur des biens et de leur cadre ;

(ii) que la politique de planification soit remaniée pour accroître la protection des biens du patrimoine mondial dans le système de planification ;

(iii) que des notifications de retrait spécifiques soient présentées dans le cas d’aménagements conséquents qui affectent les biens du patrimoine mondial ;

(iv) que les biens du patrimoine mondial soient dotés de zones tampons, s'il y a lieu.

Le statut des biens du patrimoine mondial deviendrait équivalent en termes de planification à celui des autres aires protégées telles que les Zones de conservation, les Parcs nationaux et les Aires d'une beauté naturelle exceptionnelle (ABNE).

En ce qui concerne le bien du patrimoine mondial de Westminster, la mission a fait les recommandations suivantes :

a) Sachant que des permis de construire sont en cours d’examen pour plusieurs immeubles de grande hauteur, ces nouvelles constructions devraient être limitées au quartier des affaires de la City de Londres ;

b) Les projets immobiliers des ‘Three Sisters’ près de Waterloo Railway Station (réaménagement d’Elizabeth House en un ensemble de trois tours de 140 m), Beetham Tower à Southwark (226 m) et Doon Street Tower à Lambeth (168 m) près de Westminster sur la rive sud de la Tamise, devraient être révisés et ajustés de façon à garantir l'intégrité visuelle du bien du patrimoine mondial ;

c) L’Etat partie devrait préparer et présenter au Comité du patrimoine mondial une étude d'impact visuel dynamique du bien du patrimoine mondial de manière à faciliter une évaluation rapide et complète des futures applications en matière de planification ;

d) Le plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial de Westminster devrait être finalisé d'ici juin 2007. Il devrait inclure une protection des perspectives visuelles les plus remarquables et des abords immédiats du site grâce à la création d’une zone tampon adéquate, définie d’un commun accord, permettrant d'avoir de meilleures directives concernant la hauteur et le volume des futures applications en matière de planification et la protection des points de vue les plus remarquables. Ce plan devrait de plus être intégré dans la stratégie de développement du Grand Londres de la GLA.

La mission a conclu que le bien remplirait alors les critères d'inscription sur la Liste en péril si le plan de gestion basé sur une étude d’impact visuel dynamique et la protection des perspectives visuelles les plus remarquables et des abords immédiats du site grâce la création d'une zone tampon adéquate, n'était pas finalisé au moment où le Comité du patrimoine mondial se réunirait pour sa 31e session.

Le plan de gestion et la protection des vues les plus remarquables pourraient aussi être considérés comme des repères de référence pour un retrait éventuel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le 16 mars 2007, l'État partie a répondu au rapport de la mission et a assuré le Centre du patrimoine mondial de l'engagement du Royaume-Uni en faveur de la protection du bien du patrimoine mondial. Une réponse constructive aux questions soulevées dans le rapport de la mission sera disponible en temps opportun pour la 31e session du Comité du patrimoine mondial. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.91

Le Comité du patrimoine mondial,

1.        Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2.        Rappelant la décision 30 COM 7B.74, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3.        Se déclare satisfait des mesures prises par l'État partie en réponse aux demandes préalables du Comité et note qu’un London View Management Framework (Cadre de gestion des vues de Londres) entrera en vigueur le 13 juillet 2007, tout en reconnaissant que l’étude d’impact visuel demandée par le Comité n’est pas encore finalisée ;

4.        Engage l'État partie à adopter les mesures figurant dans le Heritage Protection White Paper (Livre blanc sur la protection du patrimoine) et prie instamment l’État partie d’appliquer fermement le principe de regroupement des bâtiments de grande hauteur de manière à ce qu’ils n’aient aucun effet préjudiciable sur la valeur universelle exceptionnelle des sites du patrimoine mondial de Londres en redéfinissant les limites du bien et des zones tampons ; 

5.        Demande à l’État partie de préparer et de présenter au Comité du patrimoine mondial une étude d’impact visuel dynamique du bien du patrimoine mondial pour faciliter une évaluation complète et rapide des futures applications en matière de planification ;

6.        Prie aussi instamment l’État partie de réviser et d’ajuster les trois projets d’aménagement proposés sur la rive Sud de la Tamise de façon à garantir l’intégrité visuelle du bien du patrimoine mondial ;

7.        Prend acte du fait que l’État partie a finalisé le plan de gestion du bien du patrimoine mondial de Westminster ;

8.        Demande, dans la mesure où le plan de gestion et le Cadre de gestion des vues de Londres ont été finalisés récemment, que le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS étudient ces documents pour juger de leur efficacité à assurer la protection du cadre et des perspectives visuelles qu’offre le site et qu’il en rende compte au Comité à sa 32e session ;

9.        Prend note du fait que l’État partie a manifesté son engagement à répondre favorablement à la demande du Comité (décision 30 COM 7B.74) de protéger le bien du patrimoine mondial, son cadre et ses perspectives visuelles ;

10.      Demande également à l’État partie de soumettre un rapport d’avancement au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2008, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session en 2008.