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L'UNESCO exprime son inquiétude quant à la levée des zones d'interdiction de pêche dans l’Aire protégée des îles Phoenix de Kiribati

jeudi 2 décembre 2021
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Effort de pêche, tel que reconstitué par Global Fishing Watch, dans l'Aire protégée des îles Phoenix (Kiribati), site du patrimoine mondial, pendant les six mois qui ont suivi l'interdiction de la pêche dans le site en 2014. | Image Source: Global Fishing Watch

L'UNESCO a été informé d'un communiqué de presse publié par le Bureau du Président de Kiribati le 15 novembre dernier, concernant la décision du gouvernement de Kiribati de lever la fermeture de l'aire protégée des îles Phoenix en tant que zone interdite à la pêche et d'introduire une planification de l'espace marin (PEM) pour l'utilisation durable des ressources marines au sein du bien du patrimoine mondial. Une « no-take » zone est une aire marine protégée mise de côté par le gouvernement où la pêche, l'exploitation minière et autres activités extractives sont interdites.

En 2015, le Comité du patrimoine mondial a félicité Kiribati pour sa décision historique de fermer la totalité de la zone protégée des îles Phoenix à la pêche commerciale.

Par conséquent, l’UNESCO est profondément préoccupé par l'annonce selon laquelle la décision de 2014 serait annulée, ce qui pourrait avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial portera cette question à l'attention de la 45e session du Comité du patrimoine mondial (Kazan, Fédération de Russie, 19-30 juin 2022).

D’ici-là, l'UNESCO engage un dialogue avec les autorités de Kiribati et l’Union internationale pour la conservation de la nature à propos des impacts possibles de cette décision sur la VUE de l'Aire protégée des îles Phoenix. L'Organisation est prête à fournir des conseils pour assurer la meilleure préservation possible du bien du patrimoine mondial.

jeudi 2 décembre 2021
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États parties (1)
Régions (1)
Asie et Pacifique
Réunions statutaires (1)
En complément (1)
Biens du patrimoine mondial (1)
Décisions (2)
Code : 39COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.13, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Félicite vivement l’État partie pour sa décision de fermer complètement l’intégralité de l’Aire protégée des îles Phoenix (APIP) à la pêche commerciale ;
  4. Prend note de l’information fournie par l’État partie sur les sommes dont dispose actuellement le Fonds spécial d’affectation et prie instamment l’État partie de poursuivre en priorité ses efforts de capitalisation intégrale du Fonds ;
  5. Accueille favorablement l’engagement de partenaires internationaux pour garantir l’obtention de fonds supplémentaires permettant de couvrir les activités de gestion dans le cadre du nouveau plan de gestion pour la période 2015-2020 ;
  6. Salue également les efforts entrepris par l’État partie et ses partenaires dans la région pour restreindre les activités illégales ; mais note toutefois la préoccupation qu’exprime l’État partie en matière de surveillance et de l’application de la décision du Cabinet des Kiribati qui restent un défi en raison de l’étendue et de l’éloignement du bien, et encourage fortement l’État partie à renforcer sa collaboration avec d’autres pays et organisations, y compris à travers l’exploration d’autres options technologiques potentiellement applicables ;
  7. Prend également note de la demande d’assistance de l’État partie quant à l’enlèvement des épaves et demande à l’État partie de donner des informations complémentaires sur les incidences de la présence de ces épaves sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et les impacts potentiels associés aux différentes techniques d’enlèvement disponibles ;
  8. Note en outre l’information fournie par l’État partie sur les récentes modifications des limites de l’APIP suite aux négociations sur leur démarcation entre le Gouvernement de Kiribati, les États-Unis d’Amérique et Tokelau, et demande également à l’État partie de soumettre une modification officielle des limites du bien d’ici le 1er février 2016 ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, en particulier sur les progrès accomplis en faveur d’une capitalisation intégrale du Fonds.

En savoir plus sur la décision
Code : 34COM 8B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

 1. Ayant examiné les documents WHC-10/34.COM/8B et WHC-10/34.COM/INF.8B2;

 2. Félicite chaleureusement l'État partie pour les efforts qui ont été déployés en vue de la création et de la protection de l'Aire protégée des îles Phoenix qui constitue l'une des plus vastes aires marines protégées du monde et rend hommage à l'État partie pour sa démarche pluriagences exemplaire, son plan de gestion stratégique intégrée, ses succès obtenus dans l'exécution des projets de restauration insulaires, et la proposition d'extension progressive des zones non exploitables au fil du temps;

 3. Inscrit l'Aire protégée des îles Phoenix, Kiribati, sur la Liste du patrimoine mondial, au titre des critères (vii) et (ix);

 4. Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

 Brève synthèse

En tant que vaste milieu médio-océanique quasi vierge, composé d'un chapelet d'atolls pratiquement intacts et inhabités, véritable zone naturelle sauvage océanique, l'Aire protégée des Iles Phoenix (l'APIP) (408 250 km²), la plus grande aire marine protégée du Pacifique, est globalement exceptionnelle et est à ce titre un phénomène naturel d'importance planétaire.

L'APIP contient une impressionnante chaîne de grands volcans submergés, présumés éteints, qui s'élèvent directement au-dessus des fonds marins en moyenne à plus de 4 500 mètres et à une profondeur maximale de plus de 6 000 mètres. Elle ne compte pas moins de 14 monts sous-marins connus, des montagnes submergées qui n'atteignent pas la surface. Les atolls et les îles récifales représentent un ensemble d'éléments qui chapeautent les récifs coralliens sur huit autres sommets volcaniques qui se manifestent à proximité de la surface. L'important gradient bathymétrique du paysage de monts sous-marins submergés se caractérise par des types définis d'habitats d'eaux profondes pleinement représentatifs du biotope médio-océanique.

De par son grand isolement, l'APIP occupe une position unique dans la biogéographie du Pacifique en tant que point d'arrêt essentiel pour l'habitat d'espèces entretenant des voies de migration pélagique/planctonique et les courants océaniques dans la région. L'APIP offre toutes les variétés de milieux marins dans cette aire et présente de hauts niveaux d'abondance marine, ainsi qu'un éventail complet des cohortes d'âge et de taille de plus en plus rares en zone tropicale, notamment dans le cas des poissons superprédateurs, des tortues de mer, des oiseaux marins, des coraux, des bénitiers géants et des crabes de cocotier qui ont pour la plupart disparu partout ailleurs. La dynamique générale de la chaîne trophique marine (relativement intacte) des communautés insulaires qui composent cet archipel fonctionne mieux comparé aux autres systèmes insulaires où l'exploitation et la présence humaines ont fortement dégradé l'environnement. La représentation complète des milieux océanique et insulaire et leur connectivité, l'éloignement et le caractère naturel sont des attributs importants qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle.

Critère (vii) : L'APIP, en tant que zone naturelle sauvage océanique, est suffisamment éloignée et impropre à la colonisation humaine pour être qualifiée d'exceptionnelle en termes de preuve minimale des impacts des activités humaines sur les atolls et dans les mers adjacentes. L'APIP est une aire protégée très étendue, un vaste espace sauvage où prédomine la nature et où la présence humaine n'est qu'occasionnelle. L'APIP se distingue par le fait qu'elle contient toute une chaîne de monts sous-marins dans l'immensité d'une plaine abyssale contextuelle avec un gradient d'élévation bathymétrique de plus de 6 000 mètres, ce qui constitue un phénomène naturel remarquable d'une extrême importance sur le plan mondial. L'environnement pratiquement vierge, l'extraordinaire clarté des eaux profondes, le spectacle de grandes populations d'animaux aquatiques charismatiques (poisson perroquet bosse, poisson napoléon, poisson chirurgien, perroquet des mers, mérou, requin, tortue, dauphin, raie manta, bénitier géant), comme on en trouve rarement dans le monde, les éléments de récifs coralliens d'une beauté remarquable (bénitiers géants, grandes têtes de coraux), tout comme le spectacle d'énormes concentrations d'oiseaux marins sur des atolls isolés, font de l'APIP un 'paysage océanique' naturel véritablement kaléidoscopique d'une beauté naturelle exceptionnelle de grande importance au niveau mondial.

Critère (ix) : Avec la richesse de son écosystème, en tant que lieu de reproduction connu pour de nombreuses espèces terrestres et marines nomades, migratoires et pélagiques, et le taux élevé connu et anticipé de la biodiversité et de l'endémicité associé à ces atolls perdus au milieu de l'océan, ces récifs et ces monts sous-marins submergés, l'APIP apporte une remarquable contribution aux processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes marins de la planète et les communautés de plantes et d'animaux.

L'APIP a une valeur exceptionnelle en tant que laboratoire naturel pour l'étude et la compréhension des processus écologiques et biologiques majeurs en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes marins du Pacifique, le plus grand océanen fait de tous les océans de la planète. L'APIP est d'une importance scientifique majeure dans l'identification et le suivi des processus d'évolution du niveau de la mer, les taux de croissance et l'âge des récifs et des coraux constructeurs de récifs (à la fois sur le plan géologique et historique) et dans l'évaluation des effets du changement climatique.

Intégrité

Les limites de l'APIP sont clairement définies. Ce sont essentiellement des lignes droites avec quelques ajustements au niveau de leur démarcation pour s'aligner sur la Zone économique exclusive de Kiribati (200 mn). Il y a plusieurs zones clairement délimitées à l'intérieur de l'APIP, comme indiqué dans le plan de gestion. La grande dimension de l'APIP et l'inclusion totale des habitats océaniques et insulaires dans cet espace et la couverture de nombreux exemples d'habitats clés (récifs coralliens, îles, monts sous-marins) ainsi que son Etat à prédominance naturelle, donnent une importance exceptionnelle à la conservation. En dépit de certains impacts humains (pêche, espèces envahissantes), l'intégrité du bien et les processus des écosystèmes océaniques à l'échelle sont globalement exceptionnels pour des îles appartenant à un archipel et la plupart des autres milieux marins tropicaux à travers le monde.

Mesures de protection et de gestion requises

L'APIP est un domaine sous haute protection en termes juridiques, créé en vertu du Règlement de 2008 sur l'APIP qui prévoit la mise en œuvre d'un plan de gestion, des demandes de permis clairement établies et des règles concernant les activités autorisées à l'intérieur du site. Le plan de gestion de l'APIP pour 2010-2014, approuvé par le Cabinet de Kiribati en 2009, est en cours d'exécution. La capacité et l'efficacité de la gestion progressent régulièrement et Kiribati utilise 'toute une approche gouvernementale avec les partenaires' pour garantir un système de gestion qui soit durable et adapté aux conditions d'un petit Etat insulaire en développement. On notera en particulier le succès relatif à la capture de bateaux de pêche illégale et qui ont été sanctionnés, ainsi que l'éradication d'espèces envahissantes sur des îles importantes au niveau mondial pour la conservation des oiseaux marins.

S'agissant de la viabilité à long terme, Kiribati et ses partenaires s'appuient sur un Fonds d'affectation spécial de l'APIP. La législation du Fonds, le Conseil, les règles sont maintenant tous en place et une enveloppe de 2,5 millions de dollars EU a été affectée à la dotation, les appels de fonds étant maintenant l'objectif essentiel. Kiribati a reconnu la nécessité de continuer à apporter les capacités nécessaires, notamment en matière de surveillance et d'application des lois, et poursuit cet objectif à travers des partenariats bilatéraux, régionaux, nationaux et locaux. Le lien avec l'Accord de Nauru (8 États insulaires du Pacifique) sur la gestion de la pêche au thon dans la région est important et constitue, grâce aux modalités d'accès avec licences, le premier lien actif avec la gestion des zones en haute mer voisines pour un site du patrimoine mondial. Les licences de Kiribati autorisant la pêche dans la ZEE de Kiribati, y compris dans l'APIP, ne peuvent être accordées que si le détenteur de la licence accepte de ne pas pratiquer la pêche en haute mer dans les zones adjacentes. Cette mesure s'applique selon l'obligation de la couverture d'observateur à 100 %.

5. Recommande à l'Etat partie:

a) De renforcer le cadre de gestion des pêcheries, y compris l'extension des zones non exploitables, de prendre des mesures pour prévenir la dégradation des monts sous-marins et d'adopter un calendrier concret pour programmer l'arrêt de la pêche au thon;

b) D'assurer un budget approprié et durable à la gestion de l'Aire protégée des îles Phoenix dans le cadre d'un fonds d'affectation spécial entièrement financé et fonctionnel ou d'autres mécanismes pertinents;

c) De veiller à apporter les capacités et les ressources nécessaires à un suivi, une surveillance et une application des lois améliorés et systématiques;

6. Se félicite de l'accord de jumelage signé entre les gouvernements de Kiribati et des États-Unis d'Amérique pour la gestion, respectivement, de l'Aire protégée des îles Phoenix et du Monument marin national Papahānaumokuākea, et encourage les États parties à poursuivre et, si possible, à renforcer cette collaboration ;

7. Se félicite également de l'appui vigoureux des États parties de l'Australie, des États-Unis d'Amérique, de la France et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que des institutions internationales et des organisations non gouvernementales, et encourage ces partenaires à continuer de soutenir la gestion, la surveillance et le financement de l'Aire protégée des îles Phoenix.

8. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2012 un rapport sur les recommandations susmentionnées pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.

En savoir plus sur la décision
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