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Le 3 mars est la Journée mondiale de la vie sauvage

vendredi 27 février 2015
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© Luke Sutherland | Luke Sutherland

« La criminalité liée aux espèces sauvages est une menace grave, prenons-la au sérieux »

Le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage de cette année est parfaitement en phase avec l’un des principaux objectifs de la Convention du patrimoine mondial : protéger les sites qui abritent des espèces menacées de la faune et de la flore.

Ces sites inestimables sont menacés plus que jamais, et les activités humaines illégales telles que le braconnage et l'exploitation forestière illégale sont parmi les menaces les plus inquiétantes. Il y a une nette tendance à la hausse de la pression du braconnage, en raison de l’augmentation du commerce illicite, affectant en particulier les éléphants d’Afrique et les rhinocéros. En 2014, de considérables pertes ont été signalées dans les populations de ces espèces dans un certain nombre de biens, incluant un déclin spectaculaire de plus de 80% de la population d’éléphants dans la Réserve de gibier de Selous (Tanzanie) depuis 2005. L’abattage illégal d’essences précieuses constitue également une forte menace : une reprise de l’abattage illégal de palissandre (Dalbergia sp.) a été signalée en 2014 dans certaines parties des Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar), et l’abattage illégal de bois de rose d’Indochine (D. cochinchinensis) dans le complexe forestier de Dong Phayayen-Khao Yai (Thaïlande) qui a été signalé en forte hausse, à la fois en intensité et violence. En 2014, le braconnage, l’abattage illégal et les délits sur les espèces sauvages ont représenté une sérieuse menace sur plus de 50% des biens naturels ayant été examinés par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session (Doha, 2014).

Aussi, le Comité du patrimoine mondial a-t-il adopté sa décision 38 COM 7 par laquelle il a réitéré sa plus vive inquiétude quant aux impacts persistants sur les biens du patrimoine mondial de la pression croissante du braconnage, en particulier d’éléphants, de rhinocéros et de l’abattage d’essences de bois précieuses, liés à un commerce illicite croissant, et la participation accrue du crime organisé dans ce commerce lucratif. Le Comité du patrimoine mondial a également prié instamment les 191 États parties à la Convention du patrimoine mondial de garantir une forte collaboration et coordination internationales afin de contrôler le commerce illicite de la flore et de la faune et de leurs produits.

La Journée mondiale de la vie sauvage est célébrée le 3 mars, date à laquelle la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a été adoptée en 1973. L'objectif de la Journée mondiale de la vie sauvage est de célébrer la faune et la flore sauvages, sous toutes leurs formes, aussi  belles que variées ; rappeler les interactions privilégiées entre la vie sauvage et les populations à travers le monde; et sensibiliser à la nécessité urgente de renforcer la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, qui a un large impact économique, environnemental et social.

Depuis de nombreuses années, le Secrétariat de la CITES et l’UNESCO ont joint leurs efforts dans la lutte contre la criminalité liée à la vie sauvage, avec le soutien total du Comité du patrimoine mondial. En effet, en 2014, celui-ci a réitéré sa demande au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN de consolider leur coopération avec la CITES et a également appelé les Etats parties à la Convention du patrimoine mondial qui sont des pays de transit et de destination de l’ivoire et de la corne de rhinocéros, de soutenir les États parties affectés afin de mettre fin au commerce illégal de faune sauvage et de ses produits dérivés, et en particulier par la mise en œuvre de la CITES.

A sa 39e session prochaine (Bonn, Allemagne, 28 juin – 8 juillet 2015), le Comité du patrimoine mondial examinera de nouveau l’état de conservation d'un certain nombre de biens naturels du patrimoine mondial menacés par les crimes liés à la vie sauvage et adoptera les décisions pertinentes pour assurer que les sites qui abritent quelques-unes des espèces sauvages menacées les plus emblématiques sont intégralement préservés.

Site officiel : http://www.wildlifeday.org/

vendredi 27 février 2015
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Régions (5)
Afrique Amérique latine et Caraïbes Asie et Pacifique États arabes Europe et Amérique du Nord
Site internet

wildlifeday.org

Décisions (1)
Code : 38COM 7

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7,
2. Rappelant les décisions 35 COM 12B, 35 COM 12E et 37 COM 7C adoptées à ses 35e (UNESCO, 2011) et 37e (Phnom Penh, 2013) sessions respectivement,

Problèmes émergeant des rapports de 2014 sur l’état de conservation

3. Notant avec regret que les questions relatives aux plans de gestion/systèmes de gestion demeurent une cause sérieuse de préoccupation, demande à tous les États parties de veiller à ce que l’ensemble des biens du patrimoine mondial soit géré de manière à ce que leur valeur universelle exceptionnelle (VUE) ne soit pas menacée et, chaque fois qu’il y a lieu, d’élaborer/actualiser et mettre pleinement en œuvre des plans de gestion/systèmes de gestion ;
4. Prenant note des avantages que peuvent tirer les États parties d’une utilisation systématique des évaluations d’impact sur le patrimoine et sur l’environnement dans l’étude de projets de développement, recommande aux États parties d’utiliser ces outils dans l’évaluation des projets avant que ceux-ci n’atteignent le stade où le processus du suivi réactif du patrimoine mondial est mis en œuvre ;
5. Notant également que le développement du tourisme dans et autour des biens du patrimoine mondial est un point clé pour leur gestion, encourage vivement les États parties à garantir une planification et une gestion durables du tourisme sur les biens du patrimoine mondial et à contribuer à la mise en œuvre du programme « Patrimoine mondial et tourisme durable » du Centre du patrimoine mondial ;
6. Réitérant sa plus vive inquiétude quant aux impacts persistants sur les biens du patrimoine mondial de la pression croissante du braconnage, en particulier d’éléphants, et de rhinocéros, et de l’abattage d’essences de bois précieuses, liés à un commerce illicite croissant, et la participation accrue du crime organisé dans ce commerce lucratif, réitère sa demande au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN de consolider leur coopération avec le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) pour aider les États parties à mettre en œuvre les mesures prises par la 16e Conférence des Parties de la CITES, et prie les États parties de garantir une forte collaboration et coordination internationales afin de contrôler le commerce illicite de la flore et de la faune et de leurs produits ;
7. Prend note avec inquiétude de la menace persistante qui pèse sur les biens du patrimoine mondial en raison des catastrophes et conflits, de l’absence généralisée de préparation appropriée, et de la nécessité d’intégrer la question du patrimoine dans les politiques et programmes internationaux de réduction des risques liés aux catastrophes, et appelle les États parties à veiller à ce que leurs délégations à la 3e Conférence mondiale sur la réduction des risques liés aux catastrophes (WCDRR), devant avoir lieu en mars 2015 à Sendai (Japon), soient sensibilisées à cette question et promeuvent le patrimoine comme un aspect essentiel de la réduction des risques liés aux catastrophes;
8. Demande également que les États parties intéressés par la promotion du renforcement des capacités en matière de gestion, évaluations des impacts, gestion des risques liés aux catastrophes, gestion du tourisme durable et braconnage et délits sur les espèces sauvages entrent en contact avec les Organisations consultatives, le Centre du patrimoine mondial, les centres de catégorie 2 de l’UNESCO, et soutiennent les formations régionales ou internationales et autres programmes de renforcement de capacités afin de promouvoir leur capacité et celle des gestionnaires de site à élaborer et mettre en œuvre ces important instruments de planification ;

Avancées sur les problèmes précédemment rapportés

9. Accueille avec satisfaction l’engagement pris par TOTAL en juin 2013 de ne pas explorer ni exploiter de pétrole ou de gaz au sein de sites inscrits sur Liste du patrimoine mondial ainsi que la nouvelle politique sur les sites du patrimoine mondial adoptée par la banque d’investissement HSBC de ne pas sciemment proposer de services financiers soutenant des projets qui menacent les caractéristiques spéciales des biens du patrimoine mondial et, prenant également note des discussions entre le Centre du patrimoine mondial, l’UICN et l’International Petroleum Industry Environmental Conservation Association (IPIECA), demande aux autres compagnies de l’industrie extractive et banques d’investissement de suivre ces exemples afin de consolider davantage l’engagement de non-exploration/exploitation ;
10. Accueille également favorablement les progrès dans le dialogue entre le Centre du patrimoine mondial, les Organisations consultatives et le Comité International Olympique (CIO) et encourage l’élaboration d’un mécanisme qui permettrait d’identifier les potentiels impacts des futurs Jeux Olympiques sur les biens du patrimoine mondial très tôt dans le processus d’attribution des Jeux afin de veiller à ce que ces impacts puissent être évités ou atténués de manière adéquate par le pays organisateur ;

Enjeux stratégiques liés à l’état de conservation des biens du patrimoine mondial

11. Rappelant également que les États parties concernés doivent soumettre d’ici le 1er février au Comité par l’intermédiaire du Secrétariat, leurs rapports sur l’état de conservation de biens donnés (paragraphe 169 des Orientations),
12. Reconnaissant que le cycle minimal arrêté à deux ans pour l’examen des rapports sur l’état de conservation pour les biens individuels (en dehors des cas d’extrême urgence et des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril), associé à un report de délai pour la soumission des rapports des États parties serait l’occasion d’un dialogue accru entre les États parties, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, décide que les États parties concernés soumettront leurs rapports sur l’état de conservation au Centre du patrimoine mondial avant le 1er décembre de l’année qui précède l’examen du bien par le Comité du patrimoine mondial, avec effet immédiat, excepté pour les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril et pour les cas d’extrême urgence, et demande par ailleurs au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives de rédiger une proposition en vue d’inclure ce nouveau délai dans les Orientations, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session, en 2015 ;
13. Rappelle aux États parties l’importance de soumettre leurs rapports sur l’état de conservation au Centre du patrimoine mondial dans l’une des langues de travail de la Convention du patrimoine mondial, anglais ou français ;
14. Note avec satisfaction le nombre élevé d’États parties qui ont autorisé le téléchargement public de leurs rapports sur l’état de conservation, facilitant leur consultation par l’ensemble des parties prenantes à la Convention et contribuant à une transparence accrue du processus de suivi réactif, et renouvelle ses encouragement à tous les États parties afin qu’ils continuent sur cette voie à l’avenir.

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