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Koutammakou, le pays des Batammariba (extension)

Date of Submission: 16/06/2020
Criteria: (v)(vi)
Category: Cultural
Submitted by:
Délégation permanente du Bénin auprès de l'UNESCO
State, Province or Region:
Nord-ouest du Bénin, Département de l’Atacora
Coordinates: 31 P 263890 1149254 et 31 P 324392 1156965
Ref.: 6482
Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

Le paysage du Koutammakou, situé dans le nord-ouest du Bénin et s’étendant au-delà de la frontière du Togo, abrite les Batammariba dont les remarquables maisons à tourelles en terre s’imposent au fil du temps comme un véritable symbole architectural au Bénin. Dans ce paysage, la nature est étroitement associée aux rituels et aux croyances de la société. D’environ 300.000 hectares, ce paysage doit son aspect remarquable à ses Takienta (tatas), maisons à tourelles qui sont le reflet de la structure sociale, ainsi qu’à ses terres agricoles et ses forêts, et à l’association entre le peuple et le paysage. Le Koutammakou béninois comprend jusqu’à cinq types de tatas, variant selon le nombre d’étages et les aménagements internes. Certains bâtiments possèdent des toits plats, d’autres des toits de chaume coniques. Les maisons sont regroupées en villages qui comprennent également des espaces cérémoniels, des sources, des rochers et des sites réservés aux cérémonies d’initiation.

Le Koutammakou est déjà inscrit par le Togo. Une future extension de Koutammakou par le Bénin permettra de renforcer la Valeur Universelle Exceptionnelle.

Justification of Outstanding Universal Value

Koutammakou est le nom d’une grande région semi-montagneuse située au nord-ouest du Bénin et qui s’étend au-delà de la frontière du Togo. Le Koutammakou du Bénin couvre environ 300.000 hectares et borde la frontière du Togo sur 15 km. Ce paysage culturel vivant est occupé par les Batammariba, peuple dont les remarquables maisons à tourelles en terre nommées « Takienta » sont devenues un symbole au Bénin.

Le Koutammakou est un exemple éminent d’occupation du territoire par un peuple à la recherche constante de l’harmonie entre l’homme et la nature qui l’entoure. Le paysage culturel Koutammakou possède toutefois une caractéristique toute particulière. En effet, la « Takienta », l’habitat familial de base dans lequel tout est à la fois technique, utilitaire et symbolique, est unique en son genre. Si nombre d’habitats de la région possèdent des dimensions symboliques assez fortes, aucun ne possède une interrelation aussi étroite entre symbolisme, fonction et technique. Ce type d’habitat particulier dont l’esthétique repose sur des formes spectaculaires est le résultat du génie créateur des Batammariba : « ceux qui façonnent la terre » ou, par extension, « les bons maçons » d’après la traduction de certains anthropologues.

Le Koutammakou est un paysage évolutif, vivant, représentatif des traits d’une société agricole travaillant en harmonie avec le paysage et la nature. Il est composé d’éléments matériels tels que les roches sacrées, les forêts, les maisons, les champs, une faune sauvage et domestique, ainsi que d’éléments immatériels dont les croyances, les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel, les chants, les danses, les sports traditionnels, etc.

Jusqu’à présent, les  Batammariba sont restés attachés à leur culture. Fiers de leur indépendance naturelle, de leur liberté et du relatif isolement géographique de leur paysage au Bénin, ils démontrent suffisamment de volonté de sauvegarder cette identité. Cette volonté de conservation conjuguée avec la prise de conscience de l’Etat partie, milite en faveur de tout programme de protection et de mise en valeur du Koutammakou béninois, en extension à celui du Togo déjà inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

Critère (v) : Le Koutammakou est un exemple éminent d’occupation du territoire. Il est traditionnel et, non seulement représentatif, mais complètement en correspondance avec la culture des Batammariba. Le Koutammakou possède toujours ses caractéristiques en matière d’aménagement du territoire, marquées par les concessions éparses, les zones agricoles qui les entourent, les collines aménagées en terrasses, les bosquets et autres lieux sacrés, les cheminements rituels, et des zones vierges.

Critère (vi) : Le Koutammakou est un témoignage éloquent de la force de l’association spirituelle entre les peuples et le paysage. Le site ne possède sa signification complète que par rapport aux croyances à partir desquelles il a été modelé. Inspirés par leur environnement, les esprits et les souffles qui l’habitent, les Batammariba ont développé une culture mêlant judicieusement aspects techniques, sociaux et religieux. Leur territoire est un témoin des fabuleuses connaissances de ce peuple et de sa recherche constante de l’harmonie entre les hommes, mais aussi de l’harmonie entre l’homme et la nature qui l’entoure.

Statements of authenticity and/or integrity

Authenticité 

La société tammari présente un mode de vie vivant et évolutif. Si elle a su s’adapter à ses mutations internes, elle a également subi des agressions extérieures générées par les guerres ethniques, l’esclavage et la colonisation, lesquelles ont suscité le raffinement de son habitat défensif. Il est aussi à noter que la colonisation, les indépendances et tous leurs avatars ont influencé le peuple tammari et provoqué des mutations dans l’espace du Koutammakou. Cette évolution continue sous l’influence de l’école, de la centralisation du pouvoir administratif, des religions, du tourisme, de la monétarisation, et de l’apparition de nouveaux besoins.

Malgré ces agressions qui tendent à ébranler la société tammari, il existe dans tous les villages des noyaux très forts et très durs qui constituent ce creuset où des éléments essentiels de la culture tammari se meuvent et se perpétuent à travers le temps et l’espace. En dépit donc de la menace de la mondialisation, des expressions culturelles et identitaires résistent. Ainsi, et malgré le développement de petits centres urbains (uniquement à Natitingou et Boukoumbé), c’est toujours le même paysage que l’on peut observer aujourd’hui, avec des villages aux maisons situées au milieu de leur parcelle cultivable, espacées et indépendantes. L’espace naturel est aussi très présent, même s’il serait souhaitable que certaines de ses composantes soient reconstituées. Il est à noter que cela concerne surtout des zones naturelles « neutres ». En effet, l’authenticité de tous les lieux sacrés demeure.

Intégrité

L’ensemble du paysage du Koutammakou reflète chaque aspect de la vie des Batammariba, et donc le système socio-économico-culturel qu’abrite le bien inscrit. Toutefois, le site du Bénin est une partie du système. L’intégralité de celui-ci est requise avec la partie du Togo.

L’habitat traditionnel reste un modèle d’actualité. Partout dans la région, on constate que le cycle de vie des bâtiments se poursuit : construction, abandon, destruction et reconstruction sur les ruines. Si une observation fine montre qu’il existe des changements en matière de matériaux utilisés, le modèle traditionnel persiste car la maison est plus qu’un habitat : c’est un temple dédié au culte ! De fait, même l’espace du rez-de-chaussée réservé aux animaux et la présence des greniers restent des éléments indispensables. Ainsi, de nombreuses maisons « modernes » sont complétées par un habitat traditionnel qui, s’il est parfois de dimensions réduites, n’en garde pas moins toutes les caractéristiques traditionnelles.

Comparison with other similar properties

Il existe un site africain, similaire au site proposé, qui est déjà inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial. Il s’agit des Falaises de Bandiagara (pays dogon). Mais on est ici dans un cas très différent, et de plus, complémentaire, dès lors que l’on cherche à avoir une représentativité des cultures vernaculaires de l’Afrique de l’ouest. En effet, les villages Dogon sont compacts, alors que l’habitat des Batammariba est dispersé, témoin le plus visible d’une organisation et de règles sociales très différentes.

Il existe des cultures similaires dans la région. Mais aucune comme celle des Batammariba n’a poussé aussi loin cette imbrication totale entre concepts religieux, fonctionnalité, organisation sociale et intelligence technique. Le Koutammakou du Bénin est exceptionnel dans le sens où, d’une part, à l’instar de celui du Togo, il représente un sommet de particularisme au milieu de territoires occupés par des populations ayant des cultures proches et, d’autre part, contrairement à celui du Togo, il contient cinq différents types de Takienta.

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