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Les 10 et 11 mars 2008 la troisième session du Comité de pilotage annuel de l'initiative pour le Patrimoine Mondial Forestier d'Afrique Centrale (CAWHFI) s'est tenue à Brazzaville, sous la Présidence de la Commission des Forêts d'Afrique centrale (COMIFAC). Cette initiative vise à renforcer la gestion durable de trois complexes écologiques forestiers transfrontaliers du Bassin du Congo. Il s'agit des complexes TRIDOM (Tri-national Dja, Odzala, Minkebe), Gamba-Conkouati et Tri-National de la Sangha (TNS). Ces unités écologiques sont reparties entre le Cameroun, le Congo, le Gabon et la République Centrafricaine et englobent 12 aires protégées et leurs vastes zones périphériques, représentant au total un espace de près de 230 000 km2. L'objectif du programme est d'améliorer la gestion durable de ces paysages écologiques incluant des complexes protégés qui pourraient être proposés comme sites de patrimoine mondial.

Le comité de pilotage CAWHFI réunit chaque année les institutions nationales et régionales des pays concernés (Ministères de l'économie forestière de chaque pays, la COMIFAC et le RAPAC[1]), les partenaires bailleurs de fonds (Fondation des Nations Unies et Fonds Français pour l'Environnement Mondial -FFEM), les organisations internationales (Agences des Nations Unies - UNESCO et FAO), les représentants du secteur privé impliqués (secteur forestier et mines), les ONG de conservation responsables de la mise en œuvre des activités sur le terrain (WCS et WWF) afin de passer en revue les réalisations de l'année écoulée et de fixer les orientations stratégiques pour le futur. A travers cette plateforme d'acteurs, le comité de pilotage de CAWHFI entend catalyser les synergies régionales visant à concilier conservation et exploitation durable des ressources naturelles biologiques, en accord avec le plan de convergence adopté à Brazzaville il y a tout juste trois ans (février 2005).

Les travaux de ce 3ème Comité de Pilotage CAWHFI, se sont articulés autour des axes suivants :

  • l'examen des résultats à mi-parcours du programme CAWHFI - UNF;
  • l'adoption du plan d'action annuel par rapport aux priorités nationales et aux activités CAWHFI ayant fait l'objet de financement en 2007;
  • l'analyse des actions à exécuter sur les sites écologiques transfrontaliers de la TNS, du TRIDOM et du complexe Gamba-Conkouati.

Au terme de ces travaux, le Secrétaire exécutif du RAPAC, en sa qualité de rapporteur général, a rappelé que le comité de pilotage s'est engagé dans la poursuite de l'initiative en œuvrant davantage sur les aspects ayant trait à l'ouverture et au renforcement des partenariats, au développement des systèmes d'information et à l'amélioration de la communication à tous les niveaux. Les activités financées par le FFEM, qui renforcent l'initiative par une intervention dans sept zones périphériques des Parc nationaux soutenus pour inscription au patrimoine mondial de l'humanité, doivent se consolider en mettant en œuvre une gestion participative durable des ressources naturelles, et tout particulièrement de la faune, avec le secteur privé et les populations rurales.

Il s'agit notamment de la coordination des actions concertées, du renforcement des capacités judiciaires, de la mise en œuvre d'alternatives socio-économiques viables.

Il apparaît nécessaire de renforcer d'une part, la concertation entre les administrations compétentes dans les complexes écologiques transfrontaliers (environnement, forêts, mines et hydrocarbures, justice, transport, défense, etc.) aux niveaux national et sous-régional par exemple par la création et/ou l'opérationnalisation de Comités nationaux et régionaux du patrimoine mondial, et, d'autre part la concertation entre administrations, représentants des communautés locales, opérateurs privés et ONGs de conservation.

Le Comité de Pilotage CAWHFI a rappelé que le développement des systèmes d'information pour le suivi de l'état des forêts du bassin du Congo via des standards régionaux homogénéisés est essentiel à l'harmonisation du niveau de connaissance des milieux et de leur dynamique, à l'aménagement du territoire rationnel performant et à la prise de décision en terme de stratégie de développement, de conservation pour le respect des engagements internationaux.


[1] Réseaux des Aires Protégées d'Afrique Centrale - http://www.rapac.org/