Cova e Montantes de Ribeiras da Torre et do Paul
Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.
Cap-Vert (Afrique) |
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| Date de soumission : | 07/05/2004 |
| Catégorie : | Naturel |
| Soumis par : | Ministerio da Cultura e Desportos
Instituto da Investigaçao e do patrimonio cultural |
| Coordonnées | 17°00' N / 25°05' W Ile de Santo Antao |
| Ref.: | 1905 |
Description
De par leurs noms, on peut se faire une idée de 1'impressionnant spectacle qu'offre cette zone protégée. « COVA » est la traduction en portugais du terme français « fosse » de la géographie physique. « MONTANTES » signifie les colonnes et "RIBEIRAS" les rivières. Nous sommes donc la dans une zone ou les différences d'amplitude entre les zones les plus élevées et les plus basses offrent un spectacle presque abyssal. De plus, le microclimat qu'occasionne 1'étagement, la pédologie engendrée par la présence de plusieurs types de roches font de cette zone l'un des plus importants écosystèmes non seulement du Cap-Vert mais surtout de toute la zone sahélienne. Ainsi nous avons une biodiversité des plantes endémiques suivant la hauteur, 1'exposition aux vents dominants, l'orientation des versants, etc. Par exemple, sur les versants N-NE des marges dominant les deux rivières de Paul et de Torre entre 200 et 1200m nous avons plusieurs formations de végétation arbustive dominé par le Sang-de-dragon ou Dragonnier et un euphorbiacée assez rare « euphorbia tuckeyana », dont le nom local est Tortolho ou Tira-olho. Extrêmement toxique, cette plante était manipulée par les esclaves dévolus au tannage des peaux. Sa sève pouvait provoquer des inflammations et rendre aveugle d'ou son nom local, « la plante qui rend aveugle ». Le dragonnier dont la gomme donne une teinture rouge entrait aussi dans le tannage et est aujourd'hui l'une des plantes emblématiques du Cap-Vert. Sur les versants les plus élevés, entre 1000 et 1200m, 1'abruption, la force des vents et surtout le recouvrement nuageux entraînent la constitution d'une végétation plus dense avec des espèces endémiques rares telles que les daltonii (dendrosonchus daltonii, nom local Corva-de-rei) les campanules (campanula jacobaea, nom local: Contra¬bruxa-azul), des astéracées (Tolpis farinulosa et Phagnalon melanoleucum, noms local: Mato-branco).Cette zone protégée est habitée par des espèces aviaires rares pour cette région du globe : des passereaux (Passer iagoensis nom local: Pardal-de-terra ; Sylvia atricapilla, nom local: Toutinegra) ; des falconides (Falco tinnunculus, faucon crecerelle, nom local: Filili) ; des corbeaux (Corvus ruficollis, nom local Corvo). D'autres espèces y séjournent pour se reproduire dans les escarpement des vallées de Torre et de Paul: ainsi on peut y rencontrer un oiseau marin rare en voie de disparition, le Petrel Soyeux (Pterodroma feae, nom local: Gon-gon) ; de la famille des falconides on peut y rencontrer un rapace très rare, Buteo bannermani (nom local: Asa-curta) ; une espèce de chouette extrêmement rare pour cette zone est 1'effraie, Tyto alba detorta (nom local : Coruja). Cette zone est habitée par des gens qui ont su conserver le style ancien d'habitation : on y trouve le premier type de maison construite par les esclaves qui y travaillaient la terre et celui des propriétaires d'esclaves reconverti en propriétaires terriens. L'habitat y est lâche et semble s'incruster harmonieusement avec la nature.
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