Évaluation du site archéologique de Zeugma et de ses abords, Turquie

© Michel Brodovitch / Michel Brodovitch
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Zeugma est une cité antique située sur l'Euphrate au sud de la Turquie. Elle est composée de deux villes situées de part et d’autre de l’Euphrate : Séleucie et Apamée. La construction d’un nouveau barrage sur le cours de l’Euphrate en Turquie a entraîné la destruction d’une vingtaine de sites majeurs pour l’histoire de la vallée. Des fouilles de sauvetage par des équipes franco-turques ont été entreprises sur les trois sites les plus importants de cette région : Séleucie-Zeugma et Apamée.

L’UNESCO, dans le cadre de la Convention France-UNESCO, a apporté une expertise ponctuelle, un avis technique sur le lieu d’implantation et une thématique muséographique pour le musée des mosaïques et pour la gestion paysagère des rives de l’Euphrate. Une fois la mise en eau du barrage réalisée et effectué le sauvetage d’une partie des trésors archéologiques enfouis, il restait à élaborer une stratégie de protection et de mise en valeur du site dans ces composantes nouvelles. L’enjeu porte à la fois sur la gestion des paysages, l’exploitation des résultats des fouilles de sauvegarde et le développement d’un territoire dont l’écosystème a été recréé par la mise en eau.

Concernant le musée des mosaïques, l’objectif est de disposer d’un lieu où exposer et donner à lire les mosaïques découvertes à Zeugma et élaborer un choix des pièces afin de privilégier la qualité des œuvres à présenter face à un ensemble qui doit pouvoir rester accessible aux chercheurs sans pour cela faire l’objet d’une mise en scène muséographique.

Pour le site du nouveau lac, outre Zeugma dont l’acropole ménage des vues à 360° sur le paysage, l’ensemble du site recèle des vestiges exceptionnels tels la forteresse de Rumkale et le village partiellement submergé de Halfeti. L’enjeu pour les autorités est la préservation de ces vestiges isolés et par un contrôle de l’ensemble des rives du lac.

À cet effet, hormis les lieux d’implantation des villages reconstruits, la collectivité publique a pris une mesure conservatrice de gel de tous les espaces dans une bande de 300 mètres à partir des rives du lac. Une fois passé le traumatisme occasionné par les expropriations et la disparition du terroir ancestral des habitants il convient de s’approprier le nouveau site créé par le barrage et d’établir un projet de gestion conservation. Les collectivités sont en attente d’expertises sur les moyens d’assurer un développement intégré de ces espaces. Un état des lieux devrait porter sur les modifications apportées aux milieux par le barrage, tant au plan écologique qu’humain. Il permettra de dégager les actions à réaliser, en priorité, pour corriger les effets néfastes engendrés par ce nouvel environnement, ou maintenir les effets positifs constatés, notamment en matière de maintien de la qualité des eaux ou d’impact positif sur l’environnement bâti, tel ces anciens villages, aujourd’hui en position riveraine du lac, dégageant ainsi un potentiel important pour les aménagements futurs.

States parties (2)
Strategic objectives
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