La décision 31 COM 7B.24 a pris note avec une vive inquiétude des problèmes de conservation et de gestion ayant une incidence sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, suite à l'évaluation de la mission menée en mars 2007 par le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, en particulier de l'absence de plan et de structure de gestion, de la poursuite de l'activité minière et de l'exploitation par la PUMEX dans le périmètre du bien, de l'absence d'échéance fixée pour l'achèvement du retrait des matières stockées, ainsi que de l'absence de réglementation et de mécanismes appropriés pour contrôler l'aménagement du port et des infrastructures côtières.
Le rapport de l'Etat partie, remis le 31 janvier 2008, a été examiné dans sa version traduite, avec les limites que cela impose, et les réponses apportées en relation avec la décision 31 COM 7B.24 sont les suivantes:
a) Extraction minière dans des zones situées dans le périmètre et aux alentours du bien du patrimoine mondial, interdiction de nouvelles exploitations minières:
Le rapport fait état de l'arrêt de toute activité minière, la saisie des infrastructures d'exploitation et d'exportation en août 2007 semble en être la garantie.
b) Echéance pour le retrait de la pierre ponce stockée:
Alors qu'aucune échéance n'a été fixée pour le retrait des matières stockées, il semblerait qu'il existe un plan pour les utiliser le long de la côte afin de lutter contre l'érosion et d'entretenir des plages. Un tel plan devrait être soumis à une évaluation environnementale car il est susceptible d'avoir des impacts sur l'environnement marin des Îles.
c) Plan de gestion utilisant des données scientifiques actualisées disponibles et identifiant les sources de financement, le recrutement, le suivi et la sensibilisation:
Bien que l'Etat partie ait soumis un plan de gestion, celui-ci est principalement descriptif et apporte peu d'informations quant aux politiques spécifiques à chaque site et aux stratégies et actions envisagées pour garantir la protection des valeurs du patrimoine mondial pour lesquelles le bien a été inscrit. Le programme de sensibilisation, tel qu'il est prévu, est bien élaboré mais le plan de gestion soumis n'est pas adapté à la protection des valeurs environnementales du bien.
d) Désigner une structure de gestion adaptée et en assurer le financement:
La réponse de l'Etat partie évoque le problème de cette structure de gestion mais son fonctionnement n'est pas détaillé. Il n'est pas fait état de son financement.
e) Evaluation d'impact environnemental globale du projet d'agrandissement du port de Lipari:
La réponse juge le projet d'agrandissement "trop vaste" mais n'indique pas qu'une évaluation d'impact environnemental a été menée.
f) Projet scientifique de restauration de la végétation et plan de conversion des infrastructures minières à des fins éducatives et écotouristiques, conjointement avec un programme de réembauche:
La réponse n'aborde que partiellement cette recommandation et ne fait aucune proposition spécifique quant à la restauration de la végétation.
g) Redéfinir le périmètre du projet de réserve de Lipari et soumettre une proposition de modification des limites du bien:
Les limites de la réserve de Lipari, bien du patrimoine mondial, n'ont apparemment pas encore été officiellement ratifiées. La réponse semble indiquer qu'aucun aéroport ne sera aménagé, mais à cette fin, une modification du plan d'aménagement du territoire serait appropriée. Une modification des limites n'a pas été proposée pour examen par le Comité du patrimoine mondial.
h) Création d'un Parc régional pour toutes les Îles Eoliennes:
La réponse de l'Etat partie estime que la Loi de finances de 2008 "anticipe" la création d'un Parc national par l'état italien. Celui-ci comprend les sites marins recommandés par la mission de mars 2007 UNESCO/UICN.
i) Nouvelle proposition d'inscription du bien afin d'inclure des critères additionnels et de protéger les habitats côtiers et marins importants:
La réponse esquisse une prise en considération plus large des autres valeurs environnementales et culturelles du bien, mais ne soumet aucune nouvelle proposition d'inscription et n'inclut pas les zones côtières et marines.
En résumé, alors que la réponse de l'Etat partie donne des assurances écrites en ce qui concerne les principales menaces planant sur le bien, aucune réponse adaptée n'est apportée et aucune action n'a été menée pour résoudre la majorité des problèmes soulevés dans la décision 31 COM 7B.24. A ce jour, aucun véritable plan de gestion, susceptible d'entretenir les valeurs environnementales pour lesquelles le bien a été inscrit, n'a vu le jour. L'UICN conclut que, alors que l'Etat partie a fourni la preuve que le bien n'est plus en danger à court terme, des actions décisives doivent être envisagées par l'Etat partie afin de mettre en œuvre les nombreuses recommandations de la mission et de la décision 31 COM 7B.24.