Lors de sa 27e session, le Comité avait demandé à l’Etat partie de fournir au Centre, avec l’aide des projets « Enhance our Heritage » et « Proyecto Sangay » mis en place par l’UNF/UNESCO/UICN et par la Fundación Natura, respectivement, une mise à jour détaillée de l’état de conservation du Parc national Sangay, notamment des données de référence et des indicateurs pour les programmes de suivi, afin de faciliter le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Un rapport des coordinateurs des deux projets a été reçu en février 2004, mais sans mention de données de référence ni d’indicateurs. Aucun rapport officiel de l’Etat partie n’a été reçu.
Le rapport indique que la construction de la route Guamote – Macas devrait s’achever d’ici la fin du premier semestre 2005 avec le creusement d’une petite portion de tunnel d’environ 800 m. Bien que le rapport indique qu’une étude d’impact sur l’environnement a été effectuée avant la construction de ce tronçon de route, aucune information n’est donnée sur d’éventuelles mesures d’atténuation. Pourtant, à sa 27e session le Comité avait instamment prié l’Etat partie de prendre toutes les mesures possibles pour réduire les impacts de la route sur le bien. Le Centre n’a reçu aucune information sur l’application de telles mesures.
Le rapport indique également qu’aucune activité pétrolière ou minière n’est engagée sur le site ou autour et qu’un corps d’ingénieurs de l’armée continue d’apporter son aide à la lutte contre le prélèvement illégal de bois dans la zone andine du Parc. Depuis 2002, l’Etat partie a adopté de nouvelles normes de gestion des forêts ainsi qu’un système de surveillance de la forêt (appelé « Vigilancia Verde »). Ce mécanisme consiste à effectuer des contrôles sur les routes principales pour prévenir le prélèvement illégal de bois dans le Parc national Sangay et sa zone tampon.
En 2001, l’ONG Fundacion Natura a financé deux études sur la chasse dans la zone tampon amazonienne habitée par des communautés Shuar. Il en ressort que les activités de chasse ont diminué dans la zone tampon. Ceci est apparemment dû principalement à la distance qui sépare les communautés Shuar du bien et à la participation de ces groupes indigènes aux activités de gestion de la chasse. Dans les fermes le long de la route Guamote-Macas, le conflit entre faune sauvage et agriculture persiste.
Les études notent que depuis 1999 les relations entre le personnel de l’aire protégée et les populations locales, problématiques dans le passé, se sont nettement améliorées et qu’un climat de confiance, de compréhension et de respect mutuel s’est installé. De plus, le ministère de l’Environnement a mis en place de nouveaux mécanismes pour encourager une plus grande participation des parties prenantes à la gestion des aires protégées, notamment des comités de gestion et des groupes d’assistance techniques auxquels participent les collectivités locales, des universités, des ONG et le secteur privé. Cette stratégie, appliquée avec succès dans plusieurs aires protégées, est actuellement à l’essai dans le Parc national Sangay.
Dans la région de Guamote – Macas, l’administration du Parc et les populations qui résident dans la région ont défini ensemble des critères de gestion et un zonage pour les activités d’utilisation du sol dans la zone adjacente à la route. Actuellement, le « Projet Sangay » travaille avec les populations locales à l’adoption de pratiques durables pour la gestion des ressources naturelles. Le but est de réduire la pauvreté dans la région, sachant que la pauvreté est un facteur déclenchant de la déforestation et d’autres activités contraires au développement durable.
Le ministère de l’Environnement a effectué, en collaboration avec le « Projet Sangay », un recensement des biens situés aux abords de la route Guamote-Macas. Apportant des informations récentes sur l’état actuel du régime foncier et des ressources, il servira de point de départ pour s’attaquer aux problèmes de régime foncier et empêcher l’installation de nouvelles populations dans la zone.
L’UICN note qu’en réponse à l’appel lancé aux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux pour financer les activités prioritaires du plan de gestion une aide financière complémentaire a été fournie par le Gouvernement néerlandais.
Sous réserve des résultats d’une mission d’évaluation et de l’accord de l’Etat partie, une recommandation concernant le retrait de ce bien de la Liste du patrimoine mondial en péril sera présentée à la 29e session du Comité en 2005.