1.         Parc national d'Iguaçu (Brésil) (N 355)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1999-2001

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Environ 50 000 dollars EU au titre du Programme brésilien du patrimoine mondial pour la biodiversité, pour planifier la lutte contre l’incendie.

Missions de suivi antérieures

Missions UNESCO/UICN de mars 1999 et mars 2005.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projet d’aménagements de barrages hydroélectriques ;

b) Pression pour rouvrir une route illégale ;

c) Abattage illégal de bois et chasse ;

d) Aménagements non coordonnés ;

e) Absence de coopération transfrontalière ;

f) Absence de financement durable.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Comme le demandait la décision 30 COM 7B.31, l’État partie du Brésil a adressé le 1er décembre 2006 un rapport officiel sur le projet de barrage hydroélectrique de Baixo Iguaçu, qui devait être construit à proximité du bien. Les résultats de l’étude d’impact environnemental réalisée pour ce projet par l’Agence pour l’Environnement de l’État du Paraná, ainsi que les commentaires négatifs de l’IBAMA (Institut brésilien de l’Environnement) ont abouti à un refus d’autorisation du projet de la part des autorités de l’État du Paraná, qui ont invoqué d’importants effets négatifs prévus sur le Parc national d’Iguaçu.

Le rapport de l’État partie mentionne également l’existence de 5 autres barrages hydroélectriques sur l’Iguaçu, le plus proche se trouvant à 30 km en amont du bien. Le rapport explique que ces barrages ont déjà entraîné une modification du volume et de la nature des eaux du fleuve en direction du bien, mais poursuit en précisant que mesurer précisément la nature et l’ampleur de ces effets négatifs exigerait une recherche intensive et un travail de suivi.

Les réseaux hydrographiques de l’Iguaçu et du Paraná tout proche, qui délimitent les frontières entre le Brésil, l’Argentine et le Paraguay, continuent à provoquer beaucoup d’intérêt chez de nombreux partisans de la construction de barrages hydroélectriques. Compte tenu de la complexité des travaux de génie civil et de la nature hydrologique de telles initiatives, il est difficile au vu des informations reçues de déterminer dans quelle mesure la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien peuvent être menacées si l’on ne connaît pas en détail le réseau hydrologique et les différents projets à l’étude.

Lors d’une mission dans le Parc national d’Iguazú (Argentine) du 1er au 3 septembre 2006, le Centre du patrimoine mondial a constaté la forte intensité d’utilisation publique du Parc concentrée aux abords des chutes, et le fait que le développement des infrastructures touristiques pour répondre au nombre de visiteurs a largement négligé la nécessité de tenir compte de l’exceptionnelle beauté naturelle (critère vii) des deux biens, argentin et brésilien.

Un second rapport, reçu par le Centre du patrimoine mondial le 26 avril 2007, a fourni des explications sur les points complémentaires soulevés dans la décision 30 COM 7B.31. Le rapport explique que l’Estrada do Colono (route de Colono) – source permanente de problèmes de gestion pour le bien – reste fermée. Cette route qui traversait initialement le bien a été fermée en 1986 et rouverte de force en 1998 par des usagers locaux, ce qui a incité le Comité à inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1999. L’État partie a de nouveau fermé la route en 2000, ce qui a conduit au retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2001. Une nouvelle incursion en octobre 2003, cette fois seulement pour quelques semaines, a suscité de nouvelles craintes concernant l’engagement à une fermeture de cette route. Une procédure judiciaire en cours devrait bientôt trancher la question de la fermeture de la route et le Centre du patrimoine mondial en sera informé. Entretemps, le rapport fourni par l’État partie indique que la pression politique pour une réouverture de la route a diminué, en partie grâce à la mise en œuvre par l’administration du Parc de diverses initiatives – notamment la création d’emplois associés au Parc. Le rapport signale que 24 000 personnes, pour la plupart des élèves et des enseignants, ont participé à diverses activités conçues pour faire mieux apprécier le Parc.

Le rapport fournit également des détails sur le financement du Parc, dont le budget était d’environ 9 200 000 réaux brésiliens en 2006 (environ 4 500 000 dollars EU), dont 2 600 000 réaux fournis par le Gouvernement fédéral pour les frais de fonctionnement, ce qui couvre également indépendamment les frais de personnel. Les autres sources de financement proviennent notamment d’une partie des droits d’entrée, et de fondations privées. L’État du Paraná est cité comme l’un des premiers à utiliser les revenus d’une taxe environnementale pour permettre aux municipalités qui entourent le Parc de financer des activités associées à la protection de la nature.

Les rejets agricoles dans les cours d’eau qui pénètrent dans le Parc sont mentionnés dans le rapport comme présentant un risque de pollution. Des programmes d’amélioration de l’environnement des zones riveraines à l’extérieur du Parc sont en cours d’exécution, avec la participation du personnel du Parc.

Ledit personnel a réalisé une évaluation de l’efficacité de la gestion pour aider à en identifier les lacunes et les possibilités d’action. Il envisage de créer un système d’indicateurs de l’état de conservation du Parc, comme le recommandait la décision 30 COM 7B.31.

Par ailleurs, l’UICN signale avoir reçu des informations sur les impacts visuels et sonores associés aux hélicoptères qui survolent le bien ; le Comité du patrimoine mondial avait déjà fait part de sa préoccupation concernant ce problème, car cela a une incidence négative sur la qualité de la visite de ce bien, surtout du côté argentin. L’UICN mentionne également des rapports signalant l’absence permanente de coopération entre les États parties du Brésil et de l’Argentine en matière de protection et de gestion de ce bien – et notamment de développement touristique. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.39

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.31, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Félicite l'État partie d'avoir décidé de refuser le permis de construire au projet de barrage hydroélectrique de Baixo Iguaçu;

4. Prie instamment l'État partie de mener un processus commun de planification générale d'utilisation publique, en collaboration avec la direction du Parc national de l'Iguazú (Argentine) pour veiller à la préservation appropriée de la valeur universelle exceptionnelle du bien et de ses conditions d'intégrité, notamment en ce qui concerne le critère (vii);

5. Demande à l'État partie du Brésil, en coordination avec l'État partie de l'Argentine, d'inviter une mission conjointe de suivi UNESCO/UICN pour évaluer l'état de conservation du bien, pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008, en mettant notamment l'accent sur:

a) l'établissement d'un cadre pour évaluer la capacité d'accueil des deux biens adjacents;

b) l'identification de solutions aux problèmes liés à l'utilisation publique; et

c) l'obtention d'informations détaillées sur les projets d'aménagements hydroélectriques dans la région.