1.         Îles Galápagos (Équateur) (N 1bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2001)
Montant total approuvé : 567 850 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien: 3,5 millions de dollars EU

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO/UICN (y compris le Président du Comité) en juin 1996; Mission UNESCO en juin 2003; Visite informelle UNESCO en avril 2005; Mission UNESCO/UICN en février - mars 2006; Mission UNESCO/UICN (y compris le Président du Comité) en avril 2007

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Mise en oeuvre insatisfaisante de la Loi spéciale et absence de mesures de coercition ;

b) Mauvaise gouvernance ;

c) Mesures de quarantaine insuffisantes et inefficaces ;

d) Pêche illégale ;

e) Instabilité du poste de Directeur du Parc ;

f) Fort taux d’immigration ;

g) Développement touristique non durable ;

h) Réforme éducative non mise en œuvre ;

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

A la demande du Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006) et à l’invitation de l’Etat partie, une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN, incluant le Président du Comité, s’est rendue sur les îles Galápagos du 8 au 13 avril 2007. La mission a participé à une réunion avec toutes les parties prenantes, organisée par l’Etat partie, à la demande du Comité ; s’est entretenue avec différentes parties prenantes et, sur cette base, a évalué l’état de conservation du bien.

La mission a relevé que tous les facteurs affectant le bien, décrits de façon très détaillée dans le rapport de la mission UNESCO/UICN de 2006, sont toujours présents et inquiétants, et qu’aucun des 15 problèmes majeurs mentionnés dans la décision 30 COM 7B.29 n’a été traité par l’Etat partie. Au contraire, elle a même relevé des indications claires que la situation se détériore, comme l’indiquent les exemples suivants :

a) Le 17 mars 2007, la Directrice du parc national des Galápagos et son personnel ont été agressés par des membres des Forces armées écuatoriennes basées sur l’île Baltra, alors qu’ils faisaient leur devoir et mettaient en œuvre le règlement ;

b) Un point d’entrée supplémentaire sur les îles a été créé avec le projet de construction d’un aéroport sur l’île Isabella ;

c) Le nombre de vols commerciaux vers les Galápagos, chacun représentant un risque potentiel d’introduction d’espèces exotiques dangereuses, a pratiquement doublé depuis 2001, alors qu’au même moment, le nombre d’agents de quarantaine et d’inspecteurs phytosanitaires mandatés pour réduire le risque d’introduction d’espèces exotiques a diminué de 20% ;

d) Le Centre du patrimoine mondial a reçu des rapports sur l’abattage massif et illégal des forêts de mangroves protégées sur l’île Isabella, sous le patronage du gouvernement municipal.

Réunion des parties prenantes

La réunion des parties prenantes, qui a eu lieu sur l’île Santa Cruz le 9 avril 2007, afin de poursuivre le développement du processus « Vision Galápagos 2020 », a également mis en évidence le nombre de problèmes constants, comme suit :

a) L’approche fragmentaire de la planification régionale, le manque de coordination inter agences et le manque continu de volonté politique, de chef de file et d’autorité se montre être néfaste au développement et à la mise en œuvre d’une vision commune pour les Galápagos. C’est également un facteur limitant l’application totale de la Loi spéciale pour les Galápagos. En conséquence, il y a une fragilisation des institutions, des conflits de juridiction, et plus généralement, un manque de gouvernance efficace.

1. Les risques dus aux espèces exotiques invasives ont rapidement augmenté, principalement du fait de l’augmentation des visiteurs, alors que le Service sanitaire agricole de l’Equateur (SESA) - Système d’inspection et de quarantaine des Galapagos (SICGAL) a un personnel et des capacités à traiter la nature et l’ampleur du problème inadéquats. Puisqu’il n’y a pas de système de fumigation des avions et des bateaux, le SICGAL estime que 779 invertébrés ont pu être introduits sur les îles en 2006 par voie aérienne.

2. La croissance rapide du secteur touristique est anarchique et non durable, et certaines activités, telles que la pêche sportive, ont été promues et mises en œuvre en dépit du cadre législatif existant qui ne prévoit pas ces activités. Le tourisme n’est pas équitable et la plupart des bénéfices ne profite pas aux communautés. Il y a eu une augmentation de 26% du nombre d’avions et de 15% du nombre de bateaux arrivant sur les îles en 2006. D’autres rapports indiquent qu’au cours des 15 dernières années, le nombre de jours/passagers de croisières a augmenté de 150%, et que le nombre d’hôtels a doublé. Cette augmentation a également engendré une hausse de l’immigration sur les îles, laquelle en retour, entraîne une hausse du trafic interinsulaire, renforçant ainsi d’autant plus les menaces sérieuses dues aux espèces introduites.

3. En dépit des lois très claires limitant l’immigration vers les Galápagos, l’Institut national des Galápagos (INGALA) n’est pas en mesure de contrôler les arrivées d’immigrants illégaux, puisqu’il n’y a pas de système de contrôle de l’immigration efficace à chacun des points d’entrée. Alors que le taux d’accroissement de la population continentale est de 2,1% en Equateur, il est de 6,1% sur les îles Galápagos, la population doublant tous les 10 ans. Environ 20% des résidents sont probablement illégaux. Ceci met une forte pression sur les services civiques, les infrastructures et les ressources naturelles.

4. Le personnel du parc national et de la réserve marine n’a pas de sécurité de l’emploi, de stabilité, ni les capacités et les infrastructures nécessaires à une bonne mise en application de la loi.

5. Le système éducatif n’a pas été réformé comme préconisé par la Loi spéciale pour les Galápagos, et ne comprend pour le moment toujours pas d’éléments liés à la gestion de l’environnement, la préservation du patrimoine, le développement de la conservation des ressources naturelles, repoussant d’autant le besoin crucial de développer une culture insulaire focalisée sur le développement durable.

Suite à la réunion des parties prenantes, le Ministère de l’environnement a préparé et soumis (le 24 avril 2007, et en espagnol) au Centre du patrimoine mondial un rapport de la réunion ainsi qu’un tableau (mentionné ci-après comme le « plan d’action ») présentant les activités proposées en relation avec les 15 problèmes indiqués dans la décision 30 COM 7B.29, le calendrier pour leur achèvement, les indicateurs permettant de mesurer le progrès, et les institutions responsables pour la mise en œuvre de ces activités. Par ailleurs, le plan d’action comprend des activités spécifiques proposées par les secteurs de la santé et de l’agriculture.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que ce plan d’action, avec les indicateurs et le calendrier, constitue le programme de mesures correctives qui permettra de surpasser un certain nombre de menaces pesant sur le bien, et qu’il peut être utilisé comme un outil de suivi des progrès de la mise en œuvre.

Décret émis par le Président de l’Equateur :

Alors que la mission conjointe était aux îles Galápagos le 10 avril 2007, le Président de l’Equateur a publié un décret déclarant la conservation et la gestion de l’environnement de l’archipel des Galápagos dans un état précaire et comme priorité nationale. Le décret demande au gouverneur de la province des Galápagos d’organiser une réunion du conseil de l’Institut national des Galápagos (INGALA) sous 15 jours, afin d’aborder les problèmes suivants :

a) Déterminer l’état de conservation actuel, le développement et l’aspect sanitaire de l’archipel et de sa réserve marine,

b) Déterminer l’efficacité du système de contrôle total des espèces introduites,

c) Etudier la possibilité de suspendre temporairement l’émission de nouveaux brevets touristiques et de permis pour les activités aériennes,

d) Etudier la possibilité de suspendre temporairement les permis de résidence,

e) Faire respecter, en priorité, les termes des articles 4 (fonctions de l’INGALA) et 6 (pouvoirs du conseil de l’INGALA) de la Loi spéciale pour les Galápagos ;

f) Coordonner l’accomplissement des pouvoirs et responsabilités de chacune des institutions ayant des activités dans la province des Galápagos ;

g) Demander la réalisation d’un recensement de la population de l’archipel et le rapatriement sur le continent des habitants vivant illégalement sur les îles.

Le décret présidentiel demande également au SESA-SICGAL, en coordination avec le Ministère de l’environnement, de soumettre dans les 30 jours, une proposition pour l’éradication des espèces primaires introduites et les besoins financiers et techniques pour ce faire. Il demande en outre au Ministère de l’économie et des finances d’allouer les ressources financières requises pour la mise en application du décret et les résolutions adoptées sur le statut de la province des Galápagos par le conseil d’administration de l’INGALA, le Ministère de l’environnement, le SESA-SICGAL, et le Ministère pour la coordination de la sécurité intérieure et extérieure (CIES).

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que le bien du patrimoine mondial des îles Galápagos est très manifestement menacé par plusieurs dangers, tels qu’évalués durant la mission, qui ont un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien et ainsi, recommande que celui-ci soit inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.29, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Note que les menaces sérieuses identifiées lors des précédentes missions se sont intensifiées;

4. Félicite l'État partie de l'Équateur pour l'action décisive prise par le biais du décret présidentiel publié le 10 avril 2007, déclarant la conservation et la gestion de l'environnement de l'archipel des Galápagos dans un état précaire et constituant une priorité nationale, et décrivant un cadre pour adresser systématiquement les divers facteurs affectant l'état de conservation du bien;

5. Fait appel à la communauté internationale de la conservation et aux donateurs pour travailler avec le gouvernement de l'Équateur, d'une manière pleinement coordonnée et complémentaire, pour soutenir la mise en œuvre efficace et urgente du cadre de réformes indiqué dans le décret présidentiel, suivant les priorités des recommandations de la mission Centre du patrimoine mondial/UICN de 2006 et encourage l'État partie à organiser une conférence de donateurs visant à l'identification et la coordination des soutiens à la conservation du bien, au sein d'un cadre de conservation commun;

6. Rappelle aux États parties leur obligation, selon l'article 6.3 de la Convention du patrimoine mondial, de ne prendre aucune mesure délibérée susceptible de porter atteinte aux biens du patrimoine mondial situés sur le territoire d'autres États parties;

7. Prend note du plan d'action d'ensemble établi par le Ministère équatorien de l'Environnement pour traiter les 15 questions soulignées parle Comité dans sa décision 30 COM 7B.29, et recommande vivement que sa mise en œuvre soit harmonisée et coordonnée avec le processus mentionné dans le décret présidentiel;

8. Encourage l'État partie à évaluer la structure, les finances et le fonctionnement du Service du Parc national des Galápagos, pour s'assurer que celui-ci est bien en mesure d'assumer toutes ses responsabilités;

9. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, au plus tard le 1er novembre 2007, un rapport d'avancement sur la mise en œuvre du processus mentionné dans le décret présidentiel, ainsi qu'un plan d'action pour l'achèvement des actions indiquées dans ce décret;

10. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle, un projet de déclaration sur l'état de conservation souhaité et un rapport exhaustif sur l'état de conservation du bien, incluant la mise en œuvre des mesures correctives identifiées dans le plan d'action, et les diverses mesures mentionnées dans le décret présidentiel, pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008;

11. Décide d'inscrire les îles Galápagos (Équateur) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 31 COM 8C.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-07/31.COM/7B, WHC-07/31.COM/7B.Add ; WHC-07/31.COM/7B.Add.2) et des propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-07/31.COM/8B et WHC-07/31.COM/8B.Add.Rev),

2. Décide d'inscrire le bien suivant sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

 

Décision adoptée: 31 COM 8C.11

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-07/31.COM/7B, WHC-07/31.COM/7B.Add; WHC-07/31.COM/7B.Add.2) et des propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-07/31.COM/8B et WHC-07/31.COM/8B.Add.Rev),

2. Décide d'inscrire le bien suivant sur la Liste du patrimoine mondial en péril: