1.         Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie) (N 1161)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 19 950 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2010 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pressions dues au développement touristique et résidentiel.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 12 février 2012, l'État partie a remis un rapport concis sur l'état de conservation du bien.

a) Pression accrue liée au développement touristique et résidentiel

L'État partie déclare avoir accordé des permis d'aménagement sur le territoire du bien. Le Centre du patrimoine mondial a demandé des précisions sur la nature de ces permis, et, le 23 avril 2012, l'État partie a transmis les documents des permis accordés et les décisions du cabinet de 2011 s'y référant (Décisions du cabinet N° 404 et 1039). Cinq projets d'aménagement ont été autorisés sur le territoire du bien dont un projet de villas individuelles, des projets composés de plusieurs villas, d'un restaurant et de l'extension des infrastructures hôtelières préexistantes, Jalousie et Ladera. Les travaux de construction ont déjà débuté pour certains de ces projets et l'un d'entre eux est partiellement achevé. L'État partie estime que ces permis sont en conformité avec le paragraphe 172 des Orientations et précise qu'il continue à imposer un moratoire pour tous les projets.

L'État partie fait état de son travail en collaboration avec le Bureau de l'UICN pour la Mésoamérique et les Caraïbes afin de garantir une aide technique à la Zone de gestion des Pitons (ZGP), y compris une aide au choix d'un consultant pour entreprendre une étude sur les limites de changement acceptable (LCA) demandée par le Comité, ainsi qu'une aide à l'engagement des partenaires et acteurs locaux et à l'élaboration d'un cadre de gestion du bien. L'État partie précise qu'il reconnait l'importance de la participation des partenaires locaux dans l'étude LCA et a l'intention d'encourager activement un tel dialogue. Il précise par ailleurs qu'il va préparer une demande d'Assistance internationale pour l'étude LCA mais de donne aucune précision quant à l'état d'avancement de cette étude, pas plus que sur les progrès accomplis dans la révision des actuelles orientations et réglementations sur l'aménagement.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN sont très préoccupés par l'accord de permis de construire à cinq nouveaux projets, et ce, malgré l'engagement de l'État parti, pris lors de la 34e session du Comité (Brasilia, 2010), d'imposer un moratoire pour tous les projets d'aménagement.

L'UICN précise qu'elle poursuit l'aide accordée à l'État partie dans le choix d'un consultant pour mener l'étude LCA et dans le développement d'un cadre de gestion du bien, mais que les récents changements à la tête du Gouvernement de Sainte Lucie ont retardé la mise en place de cette aide. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN rappellent que l'étude LCA a pour but de définir si et où des projets d'aménagement peuvent être autorisés sur le territoire du bien et de guider l'élaboration de nouvelles orientations et réglementations de contrôle des aménagements visant à éviter une dégradation supplémentaire de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Cependant, au vu des conclusions de la mission de suivi Centre du patrimoine mondial/UICN de 2010 selon lesquelles les aménagements immobiliers existants sur le territoire du bien sont susceptibles d'avoir d'ores et déjà créé la situation de perte de la valeur universelle exceptionnelle du bien, il est évident que tout projet d'aménagement dans le périmètre du bien devrait être très strictement restreint ou totalement stoppé. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La zone de gestion des Pitons, dont la valeur universelle exceptionnelle est étroitement liée au spectaculaire paysage de pitons volcaniques émergeant de la mer et de la canopée, a connu d'importants projets d'aménagement depuis son inscription en 2004. En 2011, l'État partie a autorisé cinq projets d'aménagement sur le territoire, malgré la position très claire du Comité selon laquelle l'aménagement sur le territoire du bien devrait être strictement restreint afin d'éviter toute dégradation supplémentaire de sa valeur universelle exceptionnelle (décisions 33 COM 7B.39, 34 COM 7B.37 et 35 COM 7B.35).

La mission Centre du patrimoine mondial/UICN qui s'est rendue sur le territoire du bien en 2010 a conclu que la valeur universelle exceptionnelle du bien était gravement menacée et a recommandé l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, au vu de l'absence de mécanisme de contrôle strict de l'aménagement. Ce n'est que suite à l'intervention de l'État partie lors de la 34e session du Comité (Brasilia, 2010) et son engagement à imposer un strict moratoire de l'aménagement que le Comité a décidé de ne pas inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Étant donné la petite taille du bien et le caractère sensible de ses valeurs, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que les permis accordés aux cinq projets d'aménagement sur le territoire du bien représentent un danger avéré, conformément au paragraphe 180 des Orientations, et sont susceptibles d'avoir des conséquences importantes et irréversibles sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils recommandent que le Comité inscrive le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en envisagent, au cas où des aménagements inappropriés se poursuivraient sur le territoire du bien, son retrait de la Liste du patrimoine mondial. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.34

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B.Add,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.35, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Rappelant également l'intervention de l'État partie lors de sa 34e session (Brasilia, 2010), aux termes de laquelle il s'est engagé à imposer un strict moratoire sur les nouveaux projets d'aménagement sur le territoire du bien ;

4.   Prend note avec une vive préoccupation des nouveaux projets d'aménagement sur le territoire du bien auxquels des permis ont été accordés en 2011, et ce, malgré la rédaction, à ce jour incomplète, du projet de limites de changement acceptable et l'élaboration de règlementations et d'orientations d'aménagement, ces projets d'aménagement étant susceptibles de dégrader encore plus la valeur universelle exceptionnelle du bien;

5.   Note que la valeur universelle exceptionnelle du bien est susceptible d'avoir été déjà compromise par les aménagements sur le territoire du bien;

6.   Demande à l'État partie, si tant est que les travaux de construction n'aient pas encore commencé, d’ordonner un arrête de travail et d’annuler les cinq permis accordés en 2011 aux projets d'aménagement et de n'accorder aucune autorisation à aucun autre projet, jusqu'à l'achèvement et l'intégration officielle dans le mécanisme de contrôle des projets d'aménagement, de l'étude sur les limites au changement acceptable et de réglementations et d'orientations d'aménagement;

7.   Demande en outre à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien, mettant particulièrement l'accent sur les progrès accomplis dans l'annulation des permis déjà accordés aux projets d'aménagement sur le territoire du bien et dans l'établissement d'un mécanisme effectif de contrôle de l'aménagement, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013, en vue de considérer l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril si les mesures requises par le Comité ne sont pas mises en œuvre