1.         Parc national de Pirin (Bulgarie) (N 225bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (vii)(viii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2004)
Montant total approuvé : 21 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions Centre du patrimoine mondial/UICN en 2002 et 2004.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Aménagements du domaine skiable de Bansko ;

b) Absence de mécanismes de gestion efficaces ;

c) Problèmes de limites ;

d) Abattage de bois illégal.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

En 2006, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu un rapport d’une ONG de coalition, « Sauver Pirin », évaluant les problèmes juridiques et les impacts environnementaux et socio-économiques dus aux aménagements du domaine skiable de Bansko, situé dans le Parc national de Pirin et faisant actuellement partie du bien. L’ONG a indiqué que le domaine skiable, avec ses 100 ha construits « légalement » et ses 150 ha construits « illégalement », a triplé sa superficie depuis 2000. Selon le rapport, la station de ski comprend actuellement 12 pistes de ski (dont seulement 6 ont fait l’objet d’une EIE), 21 remontées mécaniques (dont seulement 7 ont fait l’objet d’une EIE), des bâtiments et autres infrastructures, ainsi que trois routes skiables.

En septembre 2006, l’État partie a fourni les informations suivantes en réponse au rapport de l’ONG, dans un courrier adressé au Centre du patrimoine mondial : une station de ski avec 6 pistes de ski a d’abord été construite dans le périmètre du bien, près de la ville de Bansko, en 1986. Un nouveau Plan d’aménagement du territoire (TAP), qui a fait l’objet d’une étude d’impact environnemental en 2000, prévoyait l’aménagement de nouvelles pistes de ski et d’autres installations dans les 99,55 ha du domaine skiable, ainsi que la réhabilitation de deux anciennes pistes de ski abandonnées dans l’intervalle. Un contrat de concession pour la construction et l’exploitation du domaine skiable a été confié à la société Yulen en 2001 et les activités de l’entreprise ont été suivies au niveau national et local. Jusqu’à la fin de 2005, on a enregistré 12 violations des accords de concession, ce qui a entraîné des sanctions de plus de 30 000 dollars EU. Il n’y a pas eu de nouvelles violations depuis. Un amendement au TAP a été approuvé en 2005 à la demande du concessionnaire. Cet amendement prévoit des changements dans l’aménagement des pistes de ski et d’autres installations dans le domaine skiable de 99,55 ha. Le plan de gestion décennal du Parc national de Pirin, approuvé en 2004, interdit la construction de nouvelles zones skiables et l’expansion des zones skiables du Parc. Le concessionnaire entreprend actuellement des mesures pour limiter l’érosion causée par l’aménagement des pistes de ski. Le Ministère de l’Environnement et de l’Eau contrôle ces activités.

En janvier 2007, le Centre du patrimoine mondial a reçu une nouvelle présentation complète de la proposition d’inscription du Parc national de Pirin, qui comprend maintenant l’importante zone centrale de haute montagne qui ne faisait pas partie du Parc national lors de l’inscription. Avec cette nouvelle présentation de la proposition d’inscription – en cours d’évaluation pour la 32e session du Comité du patrimoine mondial en 2008 – l’État partie propose d’augmenter la superficie actuelle de 27 400 ha d’environ 13 000 ha. Toutefois, contrairement aux recommandations précédentes qui tendaient à exclure le domaine skiable de Bansko du bien du patrimoine mondial pour l’inclure dans une zone tampon étendue, le nouveau dossier propose de maintenir le domaine skiable de Bansko dans le périmètre étendu du bien du patrimoine mondial. La mission commune Centre du patrimoine mondial/UICN de 2004 avait confirmé que l’extension du domaine skiable avait été effectuée à l’intérieur du bien du patrimoine mondial d’alors. En principe, d’importantes infrastructures ne devraient pas être situées à l’intérieur des limites de biens naturels du patrimoine mondial.

L’UICN et le Centre du patrimoine mondial s’inquiètent du fait que les aménagements du domaine skiable de Bansko aurait eu des impacts environnementaux et socio-économiques, notamment à cause de la politique d’octroi de concessions à des entreprises privées dont les buts sont incompatibles avec les objectifs de conservation du bien, et cela concerne notamment l’aménagement du domaine skiable de Bansko. L’absence de contrôle des concessionnaires a fait que ceux-ci ne travaillent plus selon les accords des concessions, ce qui a des effets néfastes sur les valeurs du bien. L’État partie devrait étroitement surveiller les aménagements et la mise en œuvre des mesures palliatives.

Autre motif de préoccupation, le développement hôtelier permanent dans la ville de Bansko, à l’extérieur du bien, ne cesse d’entraîner une forte augmentation de la capacité d’hébergement de la ville, sans contrepartie avec la capacité d’accueil de l’actuel domaine skiable. Cela crée une nouvelle pression pour créer de nouvelles installations de ski dans cette région. L’État partie devrait s’assurer – comme le précise le plan de gestion de 2004 – qu’il n’y ait aucun nouveau développement des installations de ski ou aucune expansion supplémentaire des zones touristiques dans le périmètre du bien, et confirmer son engagement en ce sens. Par ailleurs, la pression touristique, spécialement en haute saison et pendant les week-ends, entraîne un trafic automobile intense sur la route principale à l’intérieur du bien. Il est devenu urgent de contrôler les conséquences de cette circulation, et de prendre des mesures pour limiter les effets négatifs sur le bien. L’État partie pourrait donc souhaiter étudier certaines solutions, comme la mise en place d’un service de navettes en haute saison et pendant les week-ends pour limiter la circulation, comme cela a été fait dans le Parc national de Vitosha.

Enfin, parmi les activités récentes liées à la mise en œuvre du plan de gestion, on signale la création d’un Conseil scientifique et d’un Conseil consultatif. L’UICN fait toutefois remarquer que le bien pourrait encore bénéficier de l’établissement et de la mise en œuvre d’un programme général de suivi à long terme. Ce programme comporterait des indicateurs que le personnel du Parc pourrait facilement contrôler pour mesurer objectivement les impacts des aménagements touristiques et l’avancement de la mise en œuvre du plan de gestion.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 28 COM 15B.21 et 29 COM 7B.23, adoptées respectivement à ses 28e et 29e sessions (Suzhou, 2004 et Durban, 2005),

3. Félicite l'État partie pour les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de 2004 et prie instamment les autorités de continuer à appliquer intégralement les recommandations, en particulier l'établissement et la mise en œuvre d'un programme de suivi à long terme;

4. Note que l'État partie a soumis à l'évaluation de la 32e session du Comité en 2008 une nouvelle proposition d'extension du bien qui devrait aider à mieux définir ses limites en se fondant sur sa valeur universelle exceptionnelle et sur les questions d'intégrité;

5. Demande à l'État partie de s'assurer que l'on n'autorise aucun nouvel aménagement de domaines skiables, ni aucune extension des zones touristiques dans le périmètre du bien;

6. Prie aussi instamment l'État partie de s'assurer que toutes les concessions actuelles et nouvelles accordées à des entreprises privées travaillant sur le site soient compatibles avec les objectifs de conservation, surveiller attentivement les aménagements en cours et la mise en œuvre des mesures palliatives, et rechercher des solutions pour limiter la circulation des véhicules privés dans le périmètre du bien;

7. Demande à l'État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial et l'UICN informés des progrès réalisés dans l'application des recommandations de la mission conjointe de 2004 et de toute importante modification de l'état de conservation du bien.