1.         Montagnes dorées de l'Altaï (Fédération de Russie) (N 768rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO-PNUD en 2001

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Impact d’un projet de route traversant le bien

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

En mars 2007 l’Etat Partie a fourni un rapport sur les programmes de suivi de gestion des risques et d’éducation concernant ce bien. Les autorités exercent un suivi des menaces, qui comprennent les feux de forêt, le braconnage des poissons et de la faune sauvage, les constructions illégales au bord des lacs et la pollution pétrolière. De vastes programmes de suivi sont en cours pour la faune et la végétation dans ce bien. Pour la Réserve de Katunsky, l’Etat Partie a largement assuré la promotion des valeurs de patrimoine mondial par l’intermédiaire d’un programme d’éducation visant les écoles proches du bien. Le rapport couvre aussi les points suivants :

a) Extension transfrontières envisagée

En réponse à une demande du Comité lors de sa 22e session (Kyoto, 1998), l’Etat Partie développe actuellement un partenariat avec la Mongolie en vue d’établir une Réserve UNESCO de biosphère transfrontière entre la Russie, la Mongolie, le Kazakhstan et la Chine. La zone de calme d’Ukok en serait le coeur. L’Etat Partie a également créé une équipe interdisciplinaire de planification composée de spécialistes pour préparer un plan de gestion pour la zone de calme d’Ukok, qui fait partie de ce bien.

b) Gazoduc Russie-Chine

Le rapport de l’Etat Partie fournit aussi des informations sur l’état actuel du projet de gazoduc vers la Chine, qui traverserait la zone de calme du parc naturel d’Ukok où les activités économiques sont strictement limitées. Le ministère des Ressources naturelles et son Service fédéral d’inspection écologique n’ont reçu jusqu’ici aucune documentation ou correspondance concernant ce projet, bien que l’administration du parc ait envoyé une demande d’information à l’entreprise chargée du développement du gazoduc, une filiale de GAZPROM nommée Giprospetsgaz.

En complément de cette information, l’UICN a appris que l’Etat Partie a établi un projet de rapport sur le gazoduc pour cette région, rapport qui a été mis à la disposition du public. Selon le site Internet officiel du Conseil international de coordination, "L’Altaï, notre bien commun", le président Poutine a discuté de la construction d’un nouveau gazoduc franchissant la frontière entre la Russie et la Chine, qui fournira annuellement à la Chine 60-80 milliards de mètres cubes de gaz et doit être inauguré en 2011. Les études de terrain pour ce gazoduc doivent commencer en 2007 et un accord a déjà été signé entre le gouvernement de la République de l’Altaï et GAZPROM. La proposition d’investissement rendue publique ne contenait aucune information sur l’état du bien du patrimoine mondial et sa protection. Il est également possible que la route d’accès pour la construction du gazoduc devienne publique.

Comme le demande le paragraphe 172 des Orientations, l’Etat Partie doit fournir une information sur ce projet, mais aucune information n’a été reçue jusqu’ici.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN demandent à l’Etat partie de clarifier l’état de ce projet et son impact potentiel sur le bien. L‘information fournie par l’Etat Partie doit comprendre une copie en anglais des documents concernant ce développement, y compris l’évaluation d’impact environnemental, ainsi qu’une carte donnant la position exacte du gazoduc par rapport aux limites du bien et à ses zones de gestion. L’UICN note que GAZPROM affirme sur son site s’engager à garantir que le projet Altaï sera soumis à toutes les évaluations publiques et écologiques statutaires et aux auditions (industrielles et d’Etat), à un audit environnemental indépendant, et que le projet sera préparé et exécuté avec le maximum de transparence, en partenariat avec la communauté scientifique et écologique et avec les médias. Toutefois, l’UICN s’inquiète du fait que les travaux de construction et le risque de fuites ou d’accident ne menacent la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien.

Il faut noter que la construction d’un gazoduc à travers ce bien du patrimoine mondial constituerait sans équivoque un cas d’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le gouvernement de la République de l’Altaï fait activement la promotion du tourisme dans la région, ce qui doit être considéré comme un problème de gestion dans les documents de planification de gestion du bien. L’UICN demande que l’Etat Partie fournisse des résumés de ces documents, qui doivent comprendre une stratégie pour gérer une pression touristique accrue et garantir que le tourisme soit cohérent avec les valeurs naturelles du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.25

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.19, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Note que l'État partie a élaboré des programmes éducatifs et de suivi détaillé du bien et que l'aménagement d'une réserve de biosphère transfrontalière est en cours;

4. Regrette que l'État partie n'ait pas communiqué d'informations précises sur ses projets de construction de gazoduc, comme l'avait demandé le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006) et conformément au paragraphe 172 des Orientations;

5. Prie instamment l'État partie, en concertation avec les communautés locales, d'évaluer l'impact des projets de développement proposés sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien avant qu'ils soient mis en œuvre, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, dès qu'ils seront disponibles, les documents de planification, y compris l'évaluation d'impact environnemental et une carte indiquant l'emplacement prévu pour le gazoduc par rapport à la délimitation du bien et de ses zones;

6. Note également que la construction d'un gazoduc à travers ce bien du patrimoine mondial représenterait clairement un motif d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril;

7.Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN sur le site pour évaluer l'état de conservation du bien ;

8.Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2008 un rapport sur l'état de conservation du bien, avec des informations sur l'état du projet de gazoduc, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008.