1.         Parc national de Keoladeo (Inde) (N 340)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Visite du Centre du patrimoine mondial sur le site en 2005.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

En février 2007, l’État partie a soumis un rapport préparé selon le format d’un rapport périodique, qui répond brièvement à seules quelques-unes des recommandations faites par le Comité à ses 29e (Durban, 2005) et 30e (Vilnius, 2006) sessions. Des informations supplémentaires ont, cependant, été communiquées par l’État partie le 11 avril 2007.

a) Gestion de l'eau

L’État partie signale que le Parc national de Keoladeo a souffert ces dernières années d'une baisse d’alimentation en eau, mais qu’il s’engage à tout faire pour que la pénurie d’eau n’entame pas la valeur universelle exceptionnelle de ce bien. En 2006, les pluies de mousson aussi peu abondantes ont provoqué l’assèchement du parc et le manque d'eau persistant menace fortement la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien. Au fil des ans, la qualité de l'habitat s'est sérieusement dégradée et la prolifération d’une variété d’herbe, Prosopis juliflora, l’a emporté sur l’effort de régénération de l’ensemble des écosystèmes du parc. Le rapport ajoute que si la tendance à la déperdition d’eau se maintient, le Parc national se verra privé de sa valeur économique et de conservation dans les huit prochaines années.

L’État partie étudie diverses options pour résoudre les problèmes d'alimentation en eau qui mettent en péril les valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Parmi les mesures prises à court terme à cet égard, huit puits peu profonds et un puits profond ont été forés afin de pomper l'eau pour remplir partiellement quelques-unes des principales zones lacustres. Deux générateurs diesel très puissants ont été achetés récemment à cet effet. De plus, le gouvernement du Rajasthan a autorisé 2.400.000 roupies (54.295 dollars EU) pour creuser quatre autres puits profonds dans le parc et, d’après les informations obtenues, les travaux sont en cours. La mission du Centre du patrimoine mondial qui s’est rendue sur le site en 2005 a constaté que l'eau des puits peu profonds et profonds n’est pas approprié pour la régénération et le maintien de l'écosystème marécageux complexe du parc, car cette eau ne contient pas de micro-organismes, de fingerlings de poissons, de tortues, etc. qui peuplent les eaux fluviales et sont essentiels au fonctionnement des zones humides.

L’État partie étudie également plusieurs mesures à long terme pour garantir au parc un apport d’eau suffisant. Un de ces projets est le projet de Chambal Dholpur - Bharatpur d’approvisionnement en eaux, qui a essentiellement pour but d’alimenter les habitants de Bharatpur en eau potable. Toutefois, le National Board for Wildlife, qui dépend du gouvernement indien, a stipulé que ce projet devrait permettre au Parc national de recevoir annuellement 310 millions de pieds cubiques d’eau. Selon les informations obtenues, le chantier est en cours, mais les travaux avancent lentement à cause d’un litige contractuel. Le rapport de l’État partie ne dit pas quand ce projet est censé se terminer ni quand l'eau viendra alimenter le parc. Il annonce par ailleurs trois autres propositions de projets, mais aucune d’elles n’a encore obtenu le financement nécessaire.

L’État partie signale une insuffisance notoire de moyens financiers pour mettre en œuvre les solutions à long terme concernant l'alimentation en eau et l'éradication des espèces envahissantes, et note la nécessité de recevoir des fonds provenant de sources internationales.

b) Observation des oiseaux

L’État partie annonce qu'un programme d’observation des oiseaux est en place, qui inclut la grue de Sibérie et autres oiseaux migrateurs paléarctiques, le héron et les oiseaux d'eau. Cependant, l’État partie n’a pas fourni de données concernant les séries chronologiques, comme l’avait demandé le Comité à sa 29e session (Durban, 2005) pour pouvoir estimer la diversité des espèces et les tendances des populations d'oiseaux.

c) Espèces envahissantes

D’après les informations obtenues sur la gestion des espèces envahissantes, l’État partie a entrepris de transférer les troupeaux sauvages de l'intérieur à l’extérieur du parc. La mission de 2005 avait relevé la présence de 2 000 animaux sauvages dans ce parc de 29 km². Le Paspalum distichum (chiendent d’eau) a été contrôlé par les crues soudaines et le contrôle des niveaux d’eau, et la jacinthe d'eau est enlevée régulièrement. Le traitement de l'espèce envahissante Prosopis juliflora a donné des résultats d’autant moins satisfaisants que la régénération / dispersion des semences surpasse les opérations d'éradication entreprises par le personnel du parc. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’en raison du manque d'eau, l'efficacité des mesures de contrôle de ces espèces envahissantes sera minime, en particulier dans le cas du Paspalum, tandis que le Prosopis prolifère d’autant plus vite que s’assèchent les zones humides.

d) Tourisme

L’État partie explique que plus de 110 000 personnes visitent le parc chaque année. Un programme a été établi, avec le soutien du WWF Inde et de la maison Swarowski pour régler les questions relatives à la gestion des visiteurs.

L’UICN et le Centre du patrimoine mondial constatent qu'il est nécessaire d'examiner diverses options pour résoudre le problème du manque d'eau et le conflit avec les communautés voisines qui dépendent des mêmes sources d'eau que le parc, comme l’a recommandé la mission de l’UNESCO de 2005. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.17

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B;

2. Rappelant les décisions 29 COM 7B.8 et 30 COM 7B.13, adoptées respectivement à ses 29e et 30e sessions (Durban, 2005 et Vilnius, 2006);

3. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN en 2008 pour évaluer l'état de conservation du bien, en particulier l'avancement réalisé en matière de gestion de l'eau et autres recommandations de la mission de suivi de 2005, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008;

4. Demande en outre à l'État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2008 un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien mentionnant notamment les progrès accomplis pour régler la situation de pénurie d'eau, indiquant la date d'achèvement des travaux mis en œuvre à long terme, traitant de la lutte contre les espèces envahissantes et la présentation de données de suivi de l'évolution de séries d'espèces au cours du temps, de la diversité des espèces et des populations d'oiseaux d'eau, pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008.