1.         Monts Rwenzori (Ouganda) (N 684)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1999-2004

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/684/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2006)
Montant total approuvé : 116 739 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/684/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission conjointe UICN/UNESCO en 2003

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation minière sur le bien;

b) Ressources humaines et financières insuffisantes;

c) Dégradation de la zone tampon;

d) Impact du tourisme et des expéditions en montagne.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/684/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

En février 2007, l'Etat partie a remis un rapport détaillé sur la conservation et l'état de la gestion du Parc national des Monts Rwenzori (PNMR) décrivant les problèmes suivants:

a) Activités du parc et maintenance de l'infrastructure:

Les bureaux du PNMR ont été créés avec l'aide de l'usine de ciment Hima Ltd, du WWF, de la MacArthur Foundation et de l'UNESCO. Les enjeux majeurs sont la construction d'avant-postes, le logement du personnel, les portes, la signalisation, l'information des visiteurs, les centres éducatifs et le musée. L'UWA (Uganda Wildlife Authority), le PAMSU (Protected Area Management and Sustainable Use Project), l'UNESCO et le WWF ont apporté une aide pour les moyens de transports du parc. Le parc emploie 72 personnes. Par ailleurs, une formation complémentaire et un renforcement des capacités sont demandés.

Le PNMR collabore avec l'UPDF (Uganda Peoples Defence Forces) et avec d'autres services de sécurité pour collecter des informations et des renseignements et participer à des patrouilles communes de maintien de la sécurité dans les montagnes. Cette collaboration semble avoir amélioré l'engagement des communautés, du gouvernement local et des autres partenaires dans les activités de conservation du bien.

Les recettes provenant de l'UWA représentent à peu près 47% des dépenses courantes. Un plan de financement, développé avec l'aide de la Wildlife Conservation Society (WCS), aidera à résoudre la question du financement durable du bien.

b) Conservation des ressources et protection:

Les principales menaces sur la zone sont l'exploitation forestière illégale, le braconnage de faune sauvage pour une consommation locale et les récoltes illégales de ressources naturelles, en particulier, le bambou.

En 2006, 62% des patrouilles prévues ont été effectuées, couvrant a peu près 70% des surfaces où l'on peut patrouiller dans le parc. Ces patrouilles ont permis une protection accrue des ressources naturelles du parc et se sont soldées par une augmentation de 20% du nombre d'articles confisqués.

D'autres menaces sont la pollution le long du circuit central causé par un système de ramassage des ordures défaillant et la destruction de marécages causée par un manque de passages en bois. Un plan complet de gestion des ordures est en cours de développement. Le nombre de touristes dans le parc a augmenté régulièrement d'à peu près 20% depuis la réouverture et a atteint 40% du niveau antérieur à la fermeture du parc. Le tourisme dans le parc est géré par la société concessionnaire Rwenzori Mountaineering Services (RMS).

La société Kilembe Mines Ltd à un droit d'exploitation pour une mine de kaolin dans le parc. L'Etat partie demande l'aide de l'UNESCO pour négocier avec Kilembe et encourage la société à honorer l'engagement pris par le Conseil International des Métaux et Minéraux (ICMM), lors du Congrès mondial des parcs en 2003 (Durban), de ne pas exploiter de mines sur les biens du Patrimoine mondial.

Le marquage des limites du parc a été effectué et des zones empiétées illégalement ont été réclamées. Cependant aucune Etude d'Impact Environnemental n'a été menée en vue d'un développement dans et autour du parc.

Le PNUD, en collaboration avec l'UWA et l'Anti-mine Trust, prévoit de retirer les mines dans le secteur sud du parc et les lieux concernés par cette action ont été identifiés.

c) Conservation et communautés locales:

Le PNMR mène des programmes de sensibilisation sur la conservation du sol, la protection environnementale et la protection de l'eau, et dirige des projets à but lucratif comme l'élevage d'abeilles et la pêche, en collaboration avec les services gouvernementaux concernés, les organisations communautaires et les institutions. Le parc agit en coopération avec les Wildlife Clubs of Uganda pour inciter et soutenir les écoles à aider à la reforestation.

Les communautés demandent à avoir accès aux ressources telles que le bambou, le smilax, l'acalpha, le miel et les plantes médicinales. Conformément aux règles de l'UWA, les ressources situées dans un rayon de 3 kilomètres en deçà des limites du parc peuvent être utilisées durablement par les communautés. Des experts mènent des études visant à déterminer les niveaux durables d'utilisation des ressources, afin de préparer des protocoles d'entente à signer avec les communautés locales. Cinq accords communautaires visant à gérer les limites du parc ont été négociés et signés avec 200 fermiers, qui sont autorisés à utiliser de façon durable les délimitations naturelles de limite du parc que sont les Eucalyptus grandis et les Spathodea campanulata.

Le PNMR s'est engagé dans une volonté délibérée d'associer les pouvoirs politiques locaux à la gestion du parc.

d) Collaboration trans-frontalière:

WCS a promu des initiatives de collaboration trans-frontalière, qui comprennent des réunions de coordination tous les trimestres et des patrouilles communes avec le Parc National des Virunga (RDC) le long des 50 kilomètres de frontière commune. Les problèmes survenus au cours de cette collaboration sont la barrière de la langue, les limitations de déplacement à la frontière, les échecs d'interprétation des lois nationales respectives sur la faune sauvage, et la suspicion liée à la situation sécuritaire.

e) Suivi et recherche

Les données collectées par les gardes forestiers sont stockées et analysées dans un programme fait sur mesure appelé le Management Information System (MIST). Un certain nombre de projets de recherche indépendants sont menés depuis 2005. L'Etat partie a identifié le besoin de développer un plan de suivi écologique du parc.

L'UICN et le Centre du patrimoine mondial apprécient les progrès significatifs réalisés par l'Etat partie dans la prise en compte des diverses menaces pesant sur le bien et dans la mise en place du plan de gestion.

L'attention des medias a été récemment attirée par la fonte des glaciers des Monts Rwenzori qui seraient sous la menace du réchauffement de la planète. L'Etat partie devrait envisager un travail avec les organisations scientifiques spécialisées afin de réaliser un suivi du processus.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.9

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.6, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Prend note avec satisfaction des progrès réalisés par l'État partie dans la prise en compte des diverses menaces pesant sur le bien et dans la mise en place du plan de gestion;

4. Félicite l'État partie pour la coopération entretenue avec les pays voisins en matière de conservation;

5. Demande à la compagnie minière Kilembe Mines Ltd. de respecter les normes internationales concernant l'exploitation minière dans le périmètre des biens du patrimoine mondial, comme le précise la Déclaration du Conseil international des mines et métaux sur l'exploitation minière et les aires protégées (2003);

6. Demande à l'État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de l'état des activités minières et des autres menaces pesant sur le bien et des mesures prises pour y faire face, ainsi que de la mise en place d'évaluations d'impact environnemental pour tout projet d'aménagement;

7. Demande également à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2009, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, y compris des informations sur la mise en œuvre du plan de gestion et les actions entreprises pour remédier à l'exploitation forestière illégale, au braconnage, à la récolte illégale et à l'exploitation minière, ainsi que des informations sur les efforts réalisés dans le suivi de la fonte des glaciers, pour examen par le Comité, lors de sa 33e session, en 2009.