Le rapport soumis par la Comisión de Monumentos Nacionales (Commission des monuments nationaux - CNM) du Chili, l'autorité nationale en charge de l'état de conservation du bien, répond à la situation générale du bien, analysée par le Comité du patrimoine mondial en juillet 2006. Il s'en dégage les points suivants :
a) L'État partie s'est engagé à trouver les ressources nécessaires pour effectuer les travaux de consolidation pour les 30 projets principaux identifiés dans le programme d'interventions hautement prioritaires dans le but de renforcer leurs structures, pour les bâtiments industriels en particulier, pour un coût global estimé de 700 000 dollars EU. Le budget 2007 approuvé de 93 000 dollars EU permettra de débuter les travaux, vraisemblablement en avril 2007. Il a néanmoins été dit que le calendrier d'exécution risquait d'être prolongé jusqu'en 2009.
b) Le nombre de visiteurs a été calculé, cohérent avec les valeurs des années précédentes : le bien a été visité par 49 253 personnes en 2005 et 49 948 personnes en 2006.
c) La lutte contre le démantèlement et le vol des matériaux se poursuit. Des individus jugés coupables de vol ont été condamnés à des peines de prison, dans le cadre d'un nouveau système juridique mis en œuvre à travers le pays en 2005, et en conformité avec les dispositions introduites dans la législation concernant les monuments nationaux cette même année. L'application de ces mesures s'est intensifiée et a rendu les sanctions en casd'atteinte au patrimoine culturel plus efficaces (Loi n° 20.021, 14 juillet 2005).
d) Des informations ont été fournies sur la restauration des bâtiments urbains tels que l'hôtel, l'école et le théâtre de la ville. L'élaboration des projets de restauration pour les deux bâtiments en est à un stade avancé et l'un et l'autre projets dépendent d'un financement provenant de sources privées.
e) En ce qui concerne la mise en œuvre du plan de gestion, l'amélioration du cadre juridique, les procédures administratives et les principes fondamentaux des projets ont débuté. Un architecte et un ingénieur civil industriel ont été nommés. Aux termes de discussions entre parties prenantes, il a été décidé d'organiser une réunion en avril 2007 pour revoir le plan de gestion, afin d'incorporer, après accord général, le point de vue et l'expérience des administrateurs du site lors de leur mandat, de 2004 à aujourd'hui.
f) L'État partie a déclaré que la “semaine du salpêtre”, en novembre de chaque année, rassemble un grand nombre de ‘pampinos’ – habitants de la région historiquement liés au bien. Cet événement a une grande importance et renforce la compréhension du bien en tant que patrimoine vivant. Cependant, ce grand rassemblement soumet le site à une forte pression. À cet égard, des progrès ont peu à peu été faits lors de la “semaine du salpêtre” 2006, et ce point essentiel devra être débattu lors de la réunion d'avril 2007.
g) Le nettoyage du site s'est poursuivi, tout comme la recherche et l'étude de matériel industriel entreposé comme déchet, qui a été effectuée avec minutie. Cela a permis de mieux comprendre le processus industriel d'extraction du salpêtre, fournissant des informations utiles au musée du site. L'installation d'un matériel roulant d'origine sur les voies ferrées qui servaient autrefois à transporter le nitrate a été une intervention positive et enrichissante.
h) En ce qui concerne les réglementations urbaines, le plan d'urbanisme réglementaire de la ville de Pozo Almonte, où sont situés les centres de Humberstone et de Santa Laura, a récemment été modifié et l'amendement a officiellement stipulé l'obligation d'établir un instrument de réglementation spécifique pour la zone tampon.
Le rapport ne contenait aucune information officielle concernant l'identification d'un autre tracé pour la route A-16 proposée qui traverse la zone protégée. Le Centre du patrimoine mondial n'a pas non plus reçu d'informations détaillées concernant les travaux de restauration entrepris en 2006 en collaboration avec des bailleurs de fonds privés.
Des membres du Centre du patrimoine mondial ont visité le site avec les représentants de la fondation du musée du salpêtre, des représentants du Conseil des monuments nationaux et du ministère des Travaux Publics les 19 et 20 mars 2007. À la suite de cette visite et en collaboration avec les experts nationaux, les recommandations suivantes ont été formulées :
a) Le personnel en charge du site n'est pas assez multidisciplinaire dans son approche pour être en mesure de mettre en œuvre les phases suivantes du plan de gestion jusqu'en 2009 ;
b) Aucun progrès significatif n'a été fait dans le plan d'interventions prioritaires en vue de la consolidation urgente des bâtiments industriels ;
c) En ce qui concerne les bâtiments industriels, une étude plus complète des risques structurels potentiels est grandement recommandée. Elle devrait être accompagnée d'une étude sur la typologie des structures et l'utilisation des matériaux de construction locaux tels que le stucco pampino et de l'élaborationd'une recherche appliquée sur la détérioration des matériaux, bois, enduit, habillage métallique et bois d'œuvre notamment. Les résultats de ces études devraient servir de base pour mener à bien le plan de conservation des bâtiments industriels et urbains.
d) Selon le paragraphe 172 des Orientations et en raison de la nature extrêmement fragile des bâtiments et de leur singularité, les interventions prévues dans le cadre du programme de consolidation des structures hautement prioritaires devraient être examinées par l'ICOMOS.
e) Il est urgent de mettre en place un mécanisme permettant d'améliorer la coopération par des échanges d'informations entre les autorités locales/régionales et nationales et les processus de prise de décision technique pour la mise en œuvre du plan de gestion.
f) En dépit de la confiance générale en la capacité de développement touristique du bien nécessaire à son entretien, une coopération plus soutenue avec les universités, centres de recherche appliquée, sociétés industrielles et organismes nationaux tels que le FOCI (Fondo de Solidaridad e Inversión social), le FONDART (Fondo del Desarrollo de las Artes), le CONICIT (Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología), la CORFU (Corporación de Fomento) et le gouvernement régional de Tarapacá, est primordiale.
g) À l'occasion de la réunion qui aura lieu en avril 2007, il est fortement recommandé qu'un groupe plus important de partenaires soit impliqué dans la mise en œuvre du plan de gestion afin de débattre d'une participation sociale plus proactive de la population locale et régionale et de profiter de cet atelier pour envisager de futures alliances locales transversales et contribuer à la protection du bien.
h) Une étude archéologique et, le cas échéant, des fouilles scientifiques devraient être entreprises dans certaines zones lorsque le processus de sélection et de nettoyage des dépôts de matériaux industriels n'est pas en surface.