Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN a eu lieu en 2006 sur le site du patrimoine mondial, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 29e session (Durban, 2005). Elle avait pour objectif d’évaluer les mesures prises par l’État partie pour mettre en œuvre les recommandations des missions précédentes de 2001 et 2005, ainsi que la faisabilité du Plan de conservation et de gestion. Elle a défini des mesures correctives pour faire face aux menaces qui pèsent sur le bien dans la perspective d’un retrait possible du site de la Liste du patrimoine mondial en péril. Ces mesures ont été approuvées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006).
Dans son rapport de mars 2007, l’État partie mentionne diverses initiatives qui ont été présentées à la mission de suivi d’avril 2006 et indique avoir entrepris certaines mesures correctives, mais pas toutes, à savoir :
a) Stratégie de ressources
Le but était d’adopter une stratégie de ressources au niveau du pays, des provinces, des villes et des villages pour permettre la mise en œuvre du Plan de conservation et de gestion, en particulier la stabilisation des rizières en terrasses et le maintien des variétés locales de riz. S’il n’est pas fait état de progrès concernant la stratégie générale, la Commission nationale pour la culture et les arts (NCCA) a effectué en décembre 2006 le dernier versement des fonds alloués par l’État partie pour contribuer à la conservation et à la préservation des rizières en terrasses après l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, soit un montant de 102 396 dollars EU. Ces fonds seront utilisés pour les activités suivantes sur les sites identifiés comme prioritaires :
(i) Réhabilitation des réseaux d’irrigation en béton ;
(ii) Gestion des bassins d’alimentation – reboisement ;
(iii) Gestion de l’agriculture – réparation des rizières en terrasses.
b) Mécanismes de gestion adaptés pour mettre en œuvre le Plan de gestion
En réponse à la nécessité de mettre en place une « autorité de gestion efficace dotée d’un personnel qualifié », la Province Ifugao a récemment créé le Bureau du patrimoine culturel Ifugao (ICHO) et supprimé l’ancienne autorité de gestion du site en vertu de l’arrêté provincial n° 2006-032, avec création d’un poste de responsable culturel. L’ICHO aura les fonctions suivantes :
(i) Sauvegarder le patrimoine culturel matériel et immatériel des Ifugao ;
(ii) Assurer la protection, la préservation et la conservation du patrimoine culturel et historique local des Ifugao ;
(iii) Assurer la mise en place d’activités pour la promotion, le mise en valeur, la protection, la transmission et la conservation de la culture et des arts locaux ;
(iv) Encourager la mise en valeur de la culture et les arts au sein de la population.
La création de ce bureau est un pas en avant positif, mais doit s’accompagner d’une dotation en ressources suffisantes. Il faudrait ajouter la mise en œuvre du Plan de conservation et de gestion à la liste de ses fonctions.
c) Plans de zonage et d’utilisation des terres
Aucun progrès concernant leur mise en place n’est signalé.
d) Plan de promotion d’un tourisme implanté au sein de la communauté
Bien qu’aucun progrès ne soit signalé concernant un plan global pour un tourisme implanté au sein de la communauté sur le bien du patrimoine mondial, l’État partie indique qu’un atelier prévu le 21 juillet 2007 et réunissant toutes les parties prenantes discutera, entre autres choses, d’un programme de développement du tourisme durable dans le cadre du Schéma directeur 2003-2012 de la province.
e) Mesures de limitation de la construction d’infrastructures
En septembre 2006, le Comité national pour l’UNESCO (UNACOM) a organisé une réunion avec le gouvernement de la province d’Ifugao et la Commission nationale pour la culture et les arts (NCCA). Il a été décidé d’organiser un atelier de 10 semaines pour nouer des liens entre le gouvernement de la province et l’université de Santo Tomas - Centre pour la conservation des biens culturels dans les tropiques sur le thème : « Élaborer des lignes directrices pour la construction d’infrastructures sur le site du patrimoine des Rizières en terrasses d’Ifugao ». Il devrait avoir lieu au premier trimestre 2007.
f) Un programme de reboisement renforcé
Le reboisement bénéficiera des fonds alloués par l’État partie (voir plus haut).
Il est essentiel que le Plan de conservation et de gestion devienne le principal outil de développement durable sur le site. Actuellement, si des progrès ont été faits dans plusieurs endroits, ils ne semblent ni coordonnés, ni axés principalement sur les besoins spécifiques du bien. Les ressources allouées par les autorités nationales et le gouvernement de la province d’Ifugao restent insuffisantes pour régler les problèmes de conservation indiqués dans le Plan de conservation et de gestion préparé avec l’assistance d’urgence du Fonds du patrimoine mondial.
Après révision des progrès accomplis par l’État partie par rapport aux mesures spécifiées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006), le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS estiment qu’il faudrait revoir le calendrier et fixer un délai plus réaliste afin de tenir compte des problèmes à résoudre et de la réalité du terrain, parallèlement à la définition de repères appropriés. Il est en outre suggéré que l’État partie consulte le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS au cours de l’année à venir pour définir les repères et le calendrier de mise en œuvre des mesures correctives, pour considération par le Comité à sa 32e session en 2008.