Le 1er février 2007, l’État partie a soumis un rapport informant des progrès accomplis dans l’application des mesures correctives adoptées par le Comité à sa 29e session (Durban, 2005).
En septembre 2006, l’État partie et le PNUD, avec le financement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), ont lancé le projet de « Co-gestion des ressources naturelles de l’Aïr-Ténéré et des zones adjacentes » (COGERAT). À travers ce projet, l’État partie met en œuvre les mesures correctives établies par le Comité. Les résultats suivants sont consignés dans le rapport de l’État partie sur la mise en œuvre des mesures correctives :
a) Rétablir la présence physique des autorités de gestion à Iférouane et mettre à leur disposition les ressources adéquates
Bien que l’unité de coordination du projet soit basée à Agadez, des cellules du projet ont été créées dans les municipalités qui jouxtent le parc, y compris à Iférouane. Le conservateur du parc est aussi basé à Iférouane. Le conservateur du parc ainsi que les chefs de cellules ont chacun été dotés d’un véhicule 4x4 équipé de matériels de communication. La participation de la population locale au pilotage et à la surveillance a été envisagée, mais reste à mettre en place. L’État partie va augmenter jusqu’à une dizaine le nombre d’employés de l’administration forestière d’ici juin 2007. L’élaboration et la mise en application d’un ensemble de lois et de réglementations régissant le site et les ressources naturelles sont en cours.
b) Créer des commissions foncières dans les quatre municipalités et clarifier les droits respectifs d’utilisation du sol et d’accès aux ressources des populations locales
Suite à la signature d’un accord entre le projet COGERAT et les autorités gouvernementales compétentes, une étude de faisabilité sur la création de commissions foncières à Iférouane, Gogaram, Tabelot, et Timia a été réalisée en novembre 2006, ce qui permettra bientôt de les installer dans ces quatre municipalités. Le projet appuiera également la coopération entre les municipalités et contribuera à l’amélioration des plans communaux de développement.
c) Améliorer de façon notoire le pilotage et la surveillance du bien pour traiter les problèmes de braconnage et d’extraction illégale des ressources naturelles à des fins commerciales
Entre août et décembre 2006, le projet COGERAT a mené à bien trois missions de sensibilisation et d’identification des actions prioritaires avec les services techniques de la région et des collectivités locales, ainsi les représentants des communautés locales. En conséquence, une nouvelle stratégie de lutte contre le braconnage et l’extraction illégale des ressources de la réserve a été élaborée. Pour 2007, le projet organisera des missions de grande envergure avec les forces de sécurité de la région ; ces missions seront financées conjointement par l’État partie et le projet. Elles devraient également faire prendre conscience de l’importance de la conservation et des mesures anti-braconnage au sein des forces armées.
L’État partie réitère la fermeté de son engagement dans la lutte contre le pillage de son patrimoine culturel et naturel. À titre d’exemple, le rapport signale l’arrestation de touristes occidentaux, en novembre 2006, qui tentaient d’exporter des pierres précieuses et des fossiles. Pour mieux faire face au pillage des vestiges culturels, le projet COGERAT a lancé une étude pour établir une charte nationale du tourisme.
d) Mettre fin immédiatement au ramassage du bois et de la paille provenant du bien à des fins commerciales;
Le rapport de l’État partie confirme que des efforts sont faits pour régler ce problème. Les objectifs du projet COGERAT échelonnés sur six ans sont de réduire de 50 % l’exploitation illégale des ressources naturelles à l’intérieur et autour de la réserve, y compris le bois et la paille, et de réduire de 15 % la consommation de bois dans les centres urbains de la région. Pour ce faire, le projet COGERAT envisage avec les services régionaux de l’environnement de créer des structures de gestion locales. D’après une étude visant à clarifier les droits sur l’occupation du sol et l’accès aux ressources, des systèmes de gestion durable du bois et de la paille devraient être mis en place en 2007.
e) Lancer des actions de stabilisation des terres et de la végétation pour contrôler l’érosion du sol et des mesures visant à réduire la déstabilisation des sols due à la circulation automobile
Le combat contre l’érosion du sol et pour la restauration des terres dégradées sont les objectifs majeurs du projet COGERAT. L’approche novatrice du projet repose sur l’instauration d’un système de cogestion des ressources naturelles entre le gouvernement et les collectivités locales sur les 20 millions d’hectares que couvre le projet. Ses objectifs échelonnés sur six ans sont : la restauration de 55 000 ha de terres dégradées et la gestion durable par les municipalités et les communautés locales de 100 000 ha supplémentaires. À ce jour le projet COGERAT a réalisé sept études sur l’amélioration des systèmes d’exploitation agro-sylvo-pastoraux et la lutte contre la dégradation des terres. Cela lui a permis d’identifier des sites pilotes à l’intérieur et aux abords immédiats de la réserve. Des opérations de restauration des sols et des terres sur des sites pilotes sont prévues pour 2007.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN se félicitent du lancement du projet COGERAT qui devrait considérablement aider l’État partie à mettre en œuvre les mesures correctives afin de lutter contre les menaces pesant sur l’intégrité et la valeur universelle exceptionnelle du bien. Vu l’étendue de ces menaces, il faudra du temps avant que le projet puisse porter ses fruits.
Le rapport de l’État partie ne donne pas de nouvelles informations sur l’état des ressources ni sur les tendances concernant leur exploitation, telles que les données sur les populations et la répartition des espèces menacées, les niveaux de braconnage, l’extension et le degré de ramassage du bois et de la paille. Ces données seront importantes pour pouvoir suivre clairement les progrès accomplis au regard des repères établis en vue d’un retrait éventuel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.