1.         Parc national de l'Iguazu (Argentine) (N 303)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/303/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 20 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/303/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Septembre 2006 : mission UNESCO ; avril 2008 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projet d’aménagements de barrages hydroélectriques ;

b) Exploitation forestière et chasse illégales ;

c) Aménagements non coordonnés ;

d) Absence de coopération transfrontalière ;

e) Absence de financement durable ;

f) Problèmes liés à l'utilisation publique du bien ;

g) Absence de plan général d'utilisation publique.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/303/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 31 janvier 2012, l'État partie a remis un rapport détaillé sur l'état de conservation du Parc national d'Iguazú. Le rapport traite des problèmes soulevés par le Comité du patrimoine mondial dans sa décision 34 COM 7B.30 et détaillés comme suit:

a) Coopération transfrontalière et coordination de la gestion

Lors de sa 34e session, le Comité du patrimoine mondial a été informé par l'État partie du Brésil de la signature imminente d'un accord de coopération internationale destiné à faciliter la coopération transfrontalière de la gestion du parc avec le Parc national d'Iguazú en Argentine, autre bien du patrimoine mondial juste de l'autre coté de la rivière Iguazú. L'État partie ne fait jamais référence à cet accord dans le présent rapport bien qu'il évoque toutefois une coopération transfrontalière accrue dont l'une des preuves est la publication conjointe d'une brochure sur les équipements destinés aux visiteurs dans les deux biens. Le rapport note qu'une révision conjointe des plans de gestion demandée par le Comité n'a pas été possible jusqu'alors car le plan argentin avait été élaboré en 1988 et nécessitait donc une révision immédiate alors que le plan brésilien venait juste d'être finalisé et n'offrait pas matière à révision à ce stade. Le rapport fait état d'un financement par la Banque inter-américaine de développement pour aider à la révision du plan de gestion du bien. Sur la base des informations remises, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment qu'il semble que fort peu de progrès aient été accomplis dans le renforcement de la coopération transfrontalière pour la gestion des deux biens et que les projets de coopération renforcée évoqués auparavant n'aient pas abouti.

b) Barrages hydroélectriques et autres projets d'infrastructures

Le rapport de l'État partie présente une très volumineuse étude hydrographique sur les impacts sur le débit de la rivière de toute une série de barrages hydroélectriques construits en amont de la rivière Iguazú. Ce rapport conclut qu'il y a eu une réduction mesurable tant pour les épisodes de niveau d'eaux bas que pour ceux de niveaux d'eaux élevés. Le barrage le plus proche et le plus récent, celui de Caixa qui date de 1999, est situé à 200 kilomètres en amont des chutes. L'étude précise que la distance entre le bien et le barrage et le fait que le fleuve en aval du barrage coule en grande partie dans des zones protégées (zones où des affluents alimentent le fleuve Iguazú) contribuent grandement à atténuer tout impact potentiellement négatif du barrage sur la qualité et le débit de l'eau. L'étude semble infirmer la théorie précédemment évoquée selon laquelle il existe une variation hebdomadaire du débit d'eau en raison de la fermeture chaque weekend des écluses du barrage. Le rapport de l'État partie signale qu'il n'y a aucun projet de construction de barrage hydroélectrique susceptible d'avoir des conséquences sur la partie argentine du bien, bien qu'il semble, selon des rapports basés sur des informations recueillies sur Internet, que le projet de barrage hydroélectrique de Corpus Christi, situé à environ 250 kilomètres en aval du bien mais ayant un impact inconnu sur les niveaux d'eau du bien, est toujours à l'ordre du jour. De la même façon, de récentes informations publiées dans les médias laissent entendre que le projet hydroélectrique de Baixo Iguaçu, du coté brésilien dans le voisinage immédiat du bien, est à nouveau envisagé. Le rapport sur l'état de conservation du bien du parc national d'Iguaçu (Brésil) évoque plus précisément ce problème.

L'État partie fait remarquer qu'une longue route de terre parcoure actuellement le territoire du bien, ce qui laisse à penser que dans l'avenir des pressions s'exerceront pour que cette route soit bitumée, bien que de telles pressions ne semblent pas d'actualité.

c) Conservation de la biodiversité

L'État partie établit une liste de plusieurs projets de recherche écologique actuellement en cours sur le territoire du bien, aucun lien entre ces études et les interventions en termes de gestion n'est cependant établi. Il déclare que le rapport détaillé sur la biodiversité soumis au Centre du patrimoine mondial en 2009 concluait que la conservation générale du bien était bonne, ces conclusions sont toujours d'actualité. Les principales menaces pour la biodiversité sont constituées par la présence d'espèces principalement aquatiques introduites et une inquiétude toute particulière est née de la situation des écosystèmes des rives de la rivière. Aucune information complémentaire n'est donnée sur la menace que constitue le développement de l'agriculture dans la péninsule argentine de Bottleneck, une étendue de terre privée en Argentine qui est un corridor biologique entre les deux biens, comme précédemment relevé par la mission de suivi réactif de 2008. Lors de la 34e session, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN avaient noté que la déforestation sur cette péninsule de Bottleneck limitait de plus en plus le brassage génétique entre certaines populations d'espèces, y compris les jaguars, ce qui a pour conséquence des changements dans les dynamiques d'écosystème de la forêt et devrait donc être contrôlé par les deux États parties. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN notent l'absence actuelle de progrès significatifs accomplis dans la coopération transfrontalière officielle. Dans l'absolu, ces deux biens distincts, qui sont en de nombreux points semblables, devraient être considérés comme un seul et même bien au titre de la Convention. Actuellement, dans la situation contraire, il incombe aux États parties d'Argentine et du Brésil d'améliorer la coopération dans la gestion transfrontalière par des accords officiels internationaux au titre desquels des projets communs pourraient être élaborés régulièrement, mis en oeuvre et suivis. Les barrages hydroélectriques jouent un grand rôle dans le débit de la rivière qui traverse le territoire du bien et un contrôle continu de leurs impacts, ainsi qu'un suivi des projets de nouveaux barrages, sont nécessaires. L'évocation d'espèces introduites en tant que nouvelle menace à la valeur universelle exceptionnelle du bien devrait conduire à un contrôle précis et à des actions de conservation adaptées. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.28

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B.Add,

2.   Rappelant la décision 34 COM 7B.30, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3.   Regrette que peu de progrès aient été accomplis dans l'officialisation et la mise en œuvre opérationnelle de la coopération transfrontalière avec le bien du patrimoine mondial voisin, le Parc national d'Iguaçu (Brésil), et ce, malgré l'information donnée par l'État partie du Brésil, lors de sa 34e session, selon laquelle la signature d'un tel accord était imminente;

4.   Réitère sa demande afin que l'État partie d'Argentine, en coopération avec l'État partie du Brésil, officialise la coopération transfrontalière au moyen d'instruments internationaux adaptés sous l'égide desquels la coopération entre les sites peut être structurée, mise en œuvre et suivie;

5.   Prend note du rapport hydrographique sur le débit de la rivière Iguazú et recommande que l'État partie d'Argentine, en coopération avec l'État partie du Brésil, poursuive le contrôle du débit de la rivière afin que des discussions, basées sur une information avérée, avec les responsables du barrage de Caxias puissent garantir la sauvegarde de la valeur universelle exceptionnelle du bien;

6.   Rappelle à l'État partie que selon le paragraphe 172 des Orientations, le Centre du patrimoine mondial devrait être tenu informé de toute volonté d'entreprendre ou d'autoriser des travaux d'infrastructures susceptibles d'avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien;

7.   Prend également note des inquiétudes soulevées par l'État partie au sujet des menaces naissantes que constituent les espèces allogènes présentes sur le territoire du bien et le prie instamment d'entreprendre, en collaboration avec l'État partie du Brésil, des efforts concertés pour garantir que ces problèmes soient l'objet d'une attention suffisante en termes de gestion;

8.   Demande à l'État partie d'Argentine, en coopération avec l'État partie du Brésil, de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un seul et unique rapport conjoint sur l'état de conservation du bien, faisant particulièrement état des progrès accomplis dans la coopération, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.