1.         Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) (N 63)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)(viii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1994-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Des repères sont encore à établir ; les discussions sont engagées avec l’État partie.

Mesures correctives identifiées

a) Créer un « Comité de sauvetage des Virunga » (CSV) pour répondre aux menaces pesant sur le bien ;

b) Réduire de manière significative le nombre de positions militaires à l’intérieur du bien et garantir un suivi étroit des cas d’activités illégales auxquelles se livre le personnel militaire ;

c) Fermeture et suppression immédiates du camp d’entraînement et de réunification de l’armée à Nyaleke, conformément à la décision du Ministre de la Défense ;

d) Poursuivre les efforts d’évacuation pacifique et intégrée de tous les occupants clandestins du bien, assortis de mesures appropriées pour faciliter la réinsertion des populations dans leur région d’origine ;

e) Renforcer la coopération entre l’organe de gestion du parc (ICCN) et ses partenaires en dressant un plan commun pour toutes les interventions à l’intérieur du parc, avec des responsabilités clairement établies et un plan d’application ;

f) Développer une stratégie de partage des bénéfices, comme ceux que rapporte le tourisme associé aux gorilles, avec les communautés locales, afin d’améliorer les relations ;

g) Renforcer l’application de la loi sur le site en se concentrant sur les zones prioritaires. En même temps, il est également important de stimuler le personnel du parc et de le rendre plus efficace grâce à des formations spécialisées ;

h) Créer un fonds spécial pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la RDC ;

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2005)
Montant total approuvé : 268 560 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Première phase du programme financé par la FNU et la Belgique pour la conservation des biens du patrimoine mondial de la RDC (« programme de la RDC »). (2001–2005) : environ 900.000 dollars EU pour les indemnités du personnel, l’équipement, la conservation communautaire, le suivi et les activités de formation. Phase en cours (2005-2008) : 300.000 dollars EU pour la mise en œuvre du plan d’action d’urgence. En janvier 2007, soutien accordé par le Service de réponse rapide (30.000 dollars EU) pour renforcer les capacités de l’ICCN à organiser des patrouilles anti-braconnage dans le secteur de Mikeno. 

Missions de suivi antérieures

Missions de suivi de l’UNESCO en 1996 et 2006. Plusieurs missions de l’UNESCO dans le cadre du projet. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conflit armé, insécurité et instabilité politique ;

b) Braconnage par des groupes militaires et armés ;

c) Empiètement ;

d) Expansion de zones de pêche illégales ;

e) Déboisement et pâturage du bétail.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Le 12 février 2007, un rapport succinct sur l’état de conservation des cinq biens du patrimoine mondial de la RDC a été soumis par l’État partie. Ce rapport donne un bref aperçu des opérations de gestion en cours dans le parc, mais ne livre malheureusement aucun détail sur la mise en application des mesures correctives.

Durant la mission de suivi de 2006, un plan d’action d’urgence a été dressé par l’ICCN et ses partenaires en matière de conservation pour étayer la mise en œuvre de certaines recommandations de la mission. Un budget triennal de 300.000 dollars EU est mis à disposition au titre de la seconde phase du programme de la RDC. Ses principales composantes sont : le renforcement de la coopération entre l’organe de gestion du parc, ses partenaires, l’armée congolaise, le gouvernement provincial et la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC), la poursuite des efforts visant à évacuer de façon consensuelle les parties du bien empiétées, le renforcement de la législation et de la surveillance du bien à travers la matérialisation des limites du parc, l’équipement et la formation des gardes, et la sensibilisation des communautés locales et des autorités militaires et politiques.

Le principal obstacle à l’entrée en vigueur des mesures correctives et du plan d’action d’urgence demeure l’insécurité qui règne dans la région. Les conditions de sécurité se sont sensiblement dégradées autour du parc avec les élections présidentielles et provinciales. En juillet 2006, le général dissident Nkunda a déclenché une nouvelle rébellion en installant son poste de commandement à l’intérieur du parc dans la région de Kirolirwe. Suite aux affrontements avec l’armée congolaise et les forces de la MONUC en novembre, les hommes de Nkunda se sont enfuis à travers le parc et ont installé une nouvelle base près du secteur de Mikeno où vit une grande partie de la population de gorilles. En août 2006, les combattants Maï-Maï ont aussi envahi le secteur central du parc en montant des camps au bord du lac Édouard.

L’entrée en vigueur des mesures correctives a, en outre, été gênée par les premières élections présidentielles multipartites, législatives et provinciales qui ont été au premier plan des préoccupations gouvernementales depuis la 30e session (Vilnius, 2006). Comme beaucoup de mesures correctives requièrent des décisions et des engagements politiques, peu de progrès ont été accomplis jusqu’à maintenant. Les nouveaux gouverneurs provinciaux et le nouveau gouvernement ont été nommés en février 2007.

L’insécurité accrue a sérieusement entravé la mise en œuvre de certaines mesures correctives mais elle a aussi contribué à la recrudescence du braconnage et à la déforestation. La population d’hippopotames autour du lac Édouard n’a cessé de se décimer et est aujourd’hui estimée à moins de 300 têtes (contre 20 000 au moment de l’inscription du bien et 900 estimées en 2005). Début janvier, 2 gorilles solitaires à ‘dos argenté’ ont été tués par des soldats de l’armée de Nkunda. Avant la rédaction de ce rapport, il manquait encore 4 autres gorilles. Le Centre du patrimoine mondial et le Bureau de l’UICN en RDC ont écrit au Représentant spécial des Nations Unies en RDC en demandant l’appui de la MONUC pour expulser ces troupes rebelles du parc, mais la MONUC semble hésitante à s’engager dans ces opérations d’autant que son mandat ne lui confère pas de responsabilité précise au niveau de la protection de l’environnement. Les activités de déforestation dans le secteur de Mikeno pour la production de charbon de bois ont aussi progressé de manière significative, avec le soutien d’éléments des troupes régulières.

Heureusement, les conditions de sécurité se sont améliorées depuis peu. Le 18 janvier 2007, un accord a été conclu entre le gouvernement et le général Nkunda, aux termes duquel il a été convenu d’intégrer ses troupes dans l’armée, et ce processus est en cours. L’armée congolaise mène aussi des opérations dans le parc contre les rebelles rwandais et maï-maï. Le 22 février 2007, deux des principaux camps des Maï-Maï au bord du lac Édouard ont été pris d’assaut par l’armée et 300 combattants se sont rendus après l’attaque.

Cette situation difficile s’est soldée une fois de plus par le paiement d’un lourd tribut pour le personnel du parc. Plusieurs gardes ont trouvé la mort ou ont été blessés au cours des diverses attaques. Début novembre, le chef du poste de Rumangabo a été torturé par le commandant du camp de l’armée à Rutshuru, sans doute pour décourager ses efforts visant à contrôler la production de charbon de bois dans laquelle des militaires sont impliqués à titre personnel. Face aux protestations de la communauté internationale, le Ministre de la Défense a ordonné une enquête sur ce tragique événement. Suite aux mouvements des troupes de Nkunda en décembre, les gardes de 3 postes de patrouille ont dû partir de chez eux avec leur famille (au total plus de cent personnes) en laissant derrière eux leurs effets personnels. Grâce à la subvention du Service de réponse rapide, ils reçoivent maintenant une aide humanitaire (abri, médicaments et nourriture). Le 16 février, deux des postes de patrouille abandonnés ont été réoccupés par le personnel du parc.

La détérioration de la situation sécuritaire, ajoutée aux élections, a empêché jusqu’à présent de beaucoup progresser dans la mise en œuvre des mesures correctives :

a) Créer un « Comité de sauvetage des Virunga » (CSV) pour faire face aux menaces pesant sur le bien ;

Vu la situation, ce comité n’a pas encore été créé mais des discussions se sont engagées avec les autorités militaires locales et les commandants locaux de la MONUC.

b) Réduire de façon significative le nombre de positions militaires à l’intérieur du bien et garantir un suivi étroit des cas d’activités illégales auxquelles se livre le personnel militaire ;

Suite à la décision d’intégrer les troupes de Nkunda dans l’armée, nombre d’entre elles ont quitté le parc. Toutefois, après les avoir réintégrées dans l’armée (en les incorporant dans les troupes régulières), plusieurs de ces unités ont été réaffectées à des postes à l’intérieur du parc. À l’issue des récentes interventions de l’armée, il y a eu également une diminution du nombre de combattants maï-maï et rwandais dans le parc. Un atelier est prévu en avril entre l’ICCN et ses partenaires et l’armée afin de discuter du rôle de cette dernière dans la conservation du parc et de l’éventualité de réductions des troupes dans le parc. Entre-temps, des brochures d’information sur l’importance du parc ont aussi été diffusées aux différentes positions militaires qui y sont établies.

c) Fermeture et suppression immédiates du camp d’entraînement et de réunification de l’armée à Nyaleke, conformément à la décision du Ministre de la Défense ;

En dépit des promesses du Ministre de la Défense de fermer le camp en avril 2006, cette mesure n’a pas encore pris effet. Le 12 février 2007, une mission conjointe de l’ICCN et de l’armée sur le site a conclu qu’il fallait 316.318 dollars EU pour pouvoir transférer le camp. Début avril commencera un nouveau cycle de formation des effectifs et le transfert du camp avant cette date ne semble plus réalisable. En outre, durant la mission, les autorités militaires ont fait savoir qu’après la réunification le processus de formation serait finalisé et que les camps d’entraînement continueraient à servir de lieux de formation permanente. Il semble y avoir un risque réel que le camp de Nyaleke devienne une structure permanente.

d) Poursuivre les efforts d’évacuation pacifique et intégrée de tous les occupants clandestins à l’intérieur du bien, assortis de mesures appropriées pour faciliter la réinsertion des populations dans leur région d’origine ;

Peu de progrès ont été accomplis en raison de la conjoncture actuelle, en particulier dans les principales zones d’empiètement de Kirolirwe et au bord du lac Édouard. L’amélioration récente de la sécurité dans la zone de Kirolorwi a permis de recenser les occupants clandestins et de lancer une campagne de sensibilisation avec le concours des parlementaires provinciaux. Pour la partie Ouest du parc, 28 agents de communication ont été recrutés au sein des communautés afin de sensibiliser les occupants. Une étude des lieux de réimplantation possibles des émigrés est également en cours.

e) Renforcer la coopération entre l’ICCN et ses partenaires en dressant un plan commun pour toutes les interventions à l’intérieur du parc, avec des responsabilités clairement établies et un plan d’application ;

Pour le secteur Sud du parc ; un plan stratégique commun a été élaboré par l’ICCN et ses partenaires. Le plan a été envoyé pour approbation au siège de l’ICCN.

f) Développer une stratégie de partage des bénéfices, comme ceux que rapporte le tourisme associé aux gorilles, avec les communautés locales, afin d’améliorer les relations ;

Le tourisme reste insignifiant dans le parc, en raison de l’insécurité. Le développement de la stratégie devra faire appel à la participation des nouvelles autorités mises en place après les élections. L’ICCN a également entamé un processus de restructuration.

g) Renforcer l’application de la loi sur le site en se concentrant sur les zones prioritaires. En même temps, il est aussi important de dynamiser le personnel du parc et de le rendre plus efficace grâce à une formation spécialisée ;

La force avancée de gardes forestiers est aujourd’hui pleinement opérationnelle. Un camion a été livré dans le cadre du plan d’urgence. La force avancée qui n’avait pas pu contrôler le braconnage intensif des groupes armés pendant la période électorale, s’est révélée dernièrement beaucoup plus efficace pour sécuriser le secteur de Mikeno et la zone d’Ishango au bord du lac Édouard où vit l’un des derniers groupes d’hippopotames. Plusieurs patrouilles mixtes ont aussi été organisées récemment avec l’armée autour du village de pêcheurs de Vitshumbi.

h) Créer un fonds spécial pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la RDC ;

Il convient d’espérer que le nouveau gouvernement respectera cet engagement pris à la conférence de Paris en 2004. L’UNESCO et le WWF sont en pourparlers avec le gouvernement belge au sujet d’un financement permettant de mener les études préliminaires pour la création de ce fonds.

 

Comme cela est mentionné dans le rapport sur Kahuzi-Biega, une carte récente publiée par l’institut de cartographie du ministère des Mines indique que plusieurs permis d’exploitation ont été délivrés dans la réserve. Suite à une intervention de l’ICCN et du Ministre, ce dossier qui est à l’étude, a été confié à un groupe de travail formé entre l’ICCN et le ministère.

Jusqu’à présent aucun repère de référence ni aucun calendrier n’a été fixé. Le Centre du patrimoine mondial, en coopération avec l’UICN, poursuit ses discussions avec l’ICCN sur l’établissement de repères. Il est proposé de définir ces repères lors d’un atelier prévu sur le site à la fin de 2007, au moment d’entreprendre l’évaluation du plan d’action d’urgence. En préparation à cette discussion, une Déclaration de Valeur universelle exceptionnelle a été rédigée pour le parc et soumise à l’approbation du Comité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7A.32

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant évalué les rapports sur l'état de conservation des biens de la République démocratique du Congo (RDC) présentés dans les documents WHC-07/31.COM/7A et WHC-07/31.COM/7A.Add,
  2. Demande au Directeur général de l'UNESCO et au Président du Comité du patrimoine mondial d'organiser une réunion avec les autorités de la RDC, ainsi qu'avec des représentants de l'Union africaine, des organisations sous-régionales compétentes et le Président de l'UICN, pour discuter de l'avancement quant à la manière de traiter la détérioration de l'état de conservation des biens du patrimoine mondial de la RDC avec l'assistance du Fonds du patrimoine mondial. Dans ce contexte, le futur rôle des Nations Unies pour la préservation des biens naturels et culturels du patrimoine mondial et des Réserves de biosphère de la RDC devra être révisé, y compris le futur rôle de l'UNESCO dans le cadre du programme «une ONU unique» en RDC;
  3. Demande que l'État partie adopte une approche globale pour l'ensemble des biens en péril de l'Etat partie par afin de prendre les mesures correctives qui s'imposent dans le cadre d'un programme échelonné, avec l'aide active du Centre du patrimoine mondial et de l'UICN;
  4. Demande aussi à la communauté internationale à soutenir l'initiative susmentionnée;
  5.  Décide de recommander l'application du mécanisme de suivi renforcé conformément aux procédures décrites dans le document WHC-07/31.COM/5.2 et dans la décision 31 COM 5.2 pour suivre l'état de conservation des cinq biens de RDC en vue d'aider l'État partie à atteindre ces objectifs.

Décision adoptée: 31 COM 7A.4

  Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 30 COM 7A.7, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),
  3. Exprime ses sincères condoléances aux familles des gardes qui ont été tués au cours d'opérations liées à la protection du bien;
  4. Regrette que l'insécurité permanente à l'intérieur et autour du bien continue d'entraver les activités de conservation, ce qui aboutit à des progrès limités dans la mise en œuvre des mesures correctives établies par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006);
  5. Prie instamment l'État partie, en coopération avec la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), étant donné les conséquences extrêmement négatives de la présence de groupes armés dans le parc et aux alentours, de prendre des mesures pour désarmer et d'évacuer les groupes armés, et pour réduire de façon significative le nombre de positions militaires à l'intérieur du bien;
  6. Prie aussi instamment l'État partie et l'ICCN, organe de gestion des aires protégées, de mettre en œuvre dès que possible les mesures correctives établies par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006);
  7. Regrette vivement qu'en dépit des promesses du Ministre de la Défense, le camp d'entraînement et de réunification de l'armée de Nyaleke à l'intérieur du bien n'ait pas été fermé et réitère sa demande de fermeture et de déplacement immédiates de ce camp du bien;
  8. Se déclare préoccupé de la carte produite par le ministère des Mines, qui montre que des concessions de prospection minière ont été octroyées à l'intérieur du bien, demande aux titulaires de toute concession de respecter les normes internationales concernant l'exploitation minière à l'intérieur des biens du patrimoine mondial, comme le souligne l'Exposé de la position du Conseil international des mines et métaux sur l'industrie minière et les aires protégées (2003), et prie en outre instamment l'État partie de retirer immédiatement toutes les concessions qui auraient été accordées, sachant que l'exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial du bien;
  9. Demande à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, d'établir un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien, mentionnant les conditions d'intégrité, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008;
  10. Demande en outre à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, d'établir un projet de déclaration sur l'état de conservation souhaité du bien, fondé sur sa valeur universelle exceptionnelle;
  11. Demande également à l'État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial un rapport actualisé avant le 1er février 2008 sur l'état de conservation du bien et sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives établies par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006) pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008;
  12. Décide de maintenir le Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 31 COM 8B.74

Le Comité du patrimoine mondial, 

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/8B.Add,

2. Approuve la déclaration de valeur suivante pour le Parc national des Virunga, République Démocratique du Congo:

Le Parc national des Virunga se distingue par sa chaîne de volcans actifs et la richesse de sa diversité d'habitats qui surpasse celle de tout autre Parc africain, avec sa gamme de steppes, savanes et plaines de lave, marécages, basses terres et ceintures forestières afromontagnardes jusqu'à sa végétation afro-alpine unique et aux champs de glace des monts Rwenzori dont les pics culminent à plus de 5 000 m. Le site inclut les massifs spectaculaires des Rwenzori et des Virunga qui abritent les deux volcans les plus actifs d'Afrique. La grande diversité des habitats a donné lieu à une biodiversité exceptionnelle, notamment des espèces endémiques et des espèces rares et mondialement menacées comme le gorille de montagne.

Critère (vii) : Le Parc national des Virunga offre certains des paysages de montagne les plus spectaculaires d'Afrique. Les monts Rwenzori aux reliefs tourmentés, avec leurs sommets enneigés, leurs falaises et leurs vallées abruptes, et les volcans du massif des Virunga couverts d'une végétation afro-alpine de fougères arborescentes et de lobélies et leurs pentes couvertes de forêts denses, sont des lieux d'une beauté naturelle exceptionnelle. Les volcans, qui manifestent leur activité par des éruptions à intervalles réguliers de quelques années, constituent les formes terrestres dominantes de ce paysage exceptionnel. Le Parc présente plusieurs autres panoramas spectaculaires comme les vallées érodées des régions de Sinda et d'Ishango. Le Parc abrite aussi d'importantes concentrations de faune sauvage, notamment des éléphants, buffles et cobs de Thomas, et la plus forte concentration d'hippopotames d'Afrique, avec 20 000 individus vivant sur les berges du lac Édouard et le long des rivières Rwindi, Rutshuru et Semliki.

Critère (viii) : Le Parc national des Virunga est situé au centre du Rift Albertin, lui-même dépendant de la Vallée du Grand Rift. Dans la partie sud du Parc, l'activité tectonique due à l'extension de l'écorce terrestre dans cette région a fait émerger le massif des Virunga, composé de huit volcans, dont sept sont situés totalement ou partiellement dans le Parc. Parmi eux figurent les deux volcans les plus actifs d'Afrique - le Nyamuragira et le Nyiragongo tout proche - responsables à eux seuls des deux cinquièmes des éruptions volcaniques historiques sur le continent africain et qui se caractérisent notamment par l'extrême fluidité de leurs laves alcalines. L'activité du Nyiragongo a une importance mondiale en tant que témoignage du volcanisme d'un lac de lave : le fond de son cratère est en effet occupé par un lac de lave quasi permanent, qui se vide périodiquement avec des conséquences catastrophiques pour les communautés locales. Le secteur nord du Parc inclut environ 20 % du massif des Monts Rwenzori - la plus vaste région glaciaire d'Afrique et la seule chaîne de montagnes véritablement alpine du continent. Il jouxte le Parc national des Monts Rwenzori en Ouganda, classé au patrimoine mondial, avec qui il partage le Pic Marguerite, troisième sommet d'Afrique (5 109 m).

Critère (x) : En raison de ses variations d'altitude (de 680 m à 5 109 m), de pluviométrie et de nature de sols, le Parc national des Virunga possède une très grande diversité de plantes et d'habitats qui le mettent au premier rang des Parcs nationaux africains pour la diversité biologique. On a identifié plus de 2 000 plantes supérieures, dont 10 % sont endémiques au Rift Albertin. Les forêts afromontagnardes représentent environ 15 % de la végétation. Le Rift Albertin abrite aussi plus d'espèces de vertébrés endémiques que toute autre région du continent africain et le Parc en possède de nombreux exemples. Le Parc abrite aussi 218 espèces de mammifères, 706 espèces d'oiseaux, 109 espèces de reptiles et 78 espèces d'amphibiens. Il sert aussi de refuge à 22 espèces de primates, dont trois espèces de grands singes - le gorille de montagne (Gorilla beringei beringei), le gorille des plaines de l'Est (Gorilla beringei graueri) et le chimpanzé de l'Est (Pan troglodytes schweinfurthi), et à un tiers de la population mondiale de gorilles de montagne. Les zones de savane du Parc abritent une population diverse d'ongulés et la densité de biomasse de mammifères sauvages est l'une des plus hautes de la planète (314 tonnes/km2). Parmi les ongulés, on trouve certains animaux rares comme l'okapi (Okapi johnstoni), endémique à la RDC, et le céphalophe rouge (Cephalophus rubidus), endémique aux Monts Rwenzori. Le Parc comporte aussi d'importantes zones humides essentielles pour l'hivernage de l'avifaune paléarctique.

Décision adoptée: 31 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-07/31.COM/7A et WHC-07/31.COM/7A.Add, WHC-07/31.COM/7A.Add.2 et WHC-07/31.COM/7A.Add.3),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril: