1.         Monastère de Ghélati (Géorgie) (C 710bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2010-2017

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

8 au 16 novembre 2003 et du 2 au 10 juin 2008 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Travaux de conservation nécessaires à l'intérieur et à l'extérieur des monuments;

b) Manque de coordination entre l'Église géorgienne et les autorités nationales ;

c) Absence de coordination du système de gestion;

d) Reconstruction majeure de la structure de la cathédrale de Bagrati.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007), le Ministère de la culture, des monuments, de la protection et des sports de Géorgie a remis un rapport sur l'état de conservation, daté du 25 janvier 2008, qui confirme qu'aucun progrès majeur n'a été accompli depuis la dernière décision du Comité du patrimoine mondial.

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS s'est déroulée du 2 au 10 juin 2008, elle a visité les "Monuments historiques de Mtskheta" et "la cathédrale de Bagrati et le monastère de Ghélati", elle a rencontré tous les représentants concernés par les deux biens et a évoqué les problèmes suivants:

Cathédrale de Bagrati

En janvier 2008, le Président géorgien et l'Eglise orthodoxe géorgienne ont mis en place le projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati, avec la volonté commune d'y permettre le retour de l'usage religieux et des fonctions initiales de la cathédrale. Ce point avait déjà été discuté à la 28e session du Comité du patrimoine mondial (Suzhou, 2004), l'ICOMOS estimait alors que tout projet de reconstruction devait être mené dans le respect de la valeur universelle exceptionnelle du bien et de son authenticité et qu'il serait donc plus adéquat de considérer le bien comme une ruine. Le Comité du patrimoine mondial avait instamment prié l'Etat partie de ne pas entamer de travaux de reconstruction susceptibles d'avoir des conséquences sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien et avait également prié instamment l'Etat partie de ne pas entamer de travaux avant leur examen par le Comité du patrimoine mondial. La mission a informé les autorités des dispositions prévues par les Orientations aux termes desquelles la reconstruction de bâtiments historiques n'est autorisée que dans le cadre de circonstances exceptionnelles et accompagnée d'une documentation complète et détaillée et en aucun cas dans le cadre de présomption sur un usage futur. Les autorités ont confirmé que la décision finale ne sera prise qu'une fois l'analyse des différentes possibilités de reconstruction de la cathédrale achevée et l'examen du projet par le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et le Comité du patrimoine mondial.

La phase de préparation préparation, comprenant la documentation, l'examen détaillé des structures, de la stabilité des murs, des matériaux de construction, de la réutilisation de 400 éléments en pierre inventoriés ayant servi à la construction à l'intérieur et à l'extérieur du bâtiment, ainsi que l'évaluation de l'Etat général de conservation, sera achevée fin 2008.

Suite à l'évaluation de l'Etat de conservation de cet élément du bien du patrimoine mondial, la mission a remarqué la très fragile stabilité de la structure des murs et a recommandé que commencent immédiatement, sans attendre la décision finale concernant l'ensemble du projet, des travaux de conservation préventive de la cathédrale de Bagrati.

Ensemble architectural du monastère de Ghélati

La mission a évalué l'Etat de conservation général des éléments principaux du bien:

- Eglise de la Vierge Marie

La mission a noté des dommages sur le toit et sur les éléments en pierre et une accumulation d'humidité dans la partie nord-ouest de l'église et a conclu que l'extérieur de l'église avait un urgent besoin de travaux de conservation / restauration. Le Ministère de la culture a confirmé qu'un appel d'offre pour un projet de conservation architecturale a déjà été lancé. La mission a souligné l'absolue nécessité pour les autorités de soumettre ce projet à l'examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives.

La mission a également noté qu’aucune mesure préventive n’avait été prise par les services de conservation géorgiens pour les fresques de grande valeur. Une étude sur l’état des fresques a été effectuée seulement dans le narthex de l’Eglise de la Vierge Marie par le Fonds culturel et artistique géorgien en 2004-2005. Cependant, aucune mesure de conservation n’a été prise.

La mission a vivement recommandé que les autorités établissent, en coordination avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un programme de conservation systématique et à long terme des fresques et mosaïques, conservation mise en œuvre et assistée par des spécialistes internationaux en ce domaine.

- Eglise Saint Georges, église Saint Nicolas, campanile

Le projet de conservation architecturale de ces monuments est l'une des composantes de l'appel d'offre lancé par le Ministère de la culture évoqué au point précédent. La mission exprime son inquiétude quant à l'aggravation accélérée de l'état de ces monuments et prie instamment les autorités de mettre en place les travaux de conservation nécessaires afin d'assurer la survie à long terme de ces monuments.

Plan de gestion et problèmes des limites du bien

Conformément à la Loi de 2007 sur le patrimoine culturel et à l'Accord constitutionnel, la gestion des biens du patrimoine culturel religieux est placée sous la responsabilité de l'Etat partie mais est assurée avec l'accord de l'Eglise. Il n'existe pas de plan de gestion pour le bien. La mission recommande que l'élaboration d'un plan de gestion du bien du patrimoine mondial, élaboration réalisée avec toutes les parties concernées, soit ajoutée au Programme du patrimoine culturel, en tant que priorité.

La mission a en outre insisté sur le besoin de mettre en place une campagne de sensibilisation pour tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie. Dans le cadre de cette campagne, des plaques commémorant l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial devraient être installées.

Les autorités n'ont pas fait état de leurs propositions de 2007 visant à rédiger une nouvelle Déclaration d'authenticité / intégrité et à modifier les critères d'inscription du bien, y compris par la possible réinscription au titre de deux critères complémentaires (i) et (iii). La mission n'estime pas qu'une réinscription du bien sous de nouveaux critères est justifiée. L'Etat partie devrait cependant rédiger une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle.

La mission a recommandé aux autorités que le programme de travaux destiné à remédier aux principaux problèmes identifiés dans le bien et que la préparation de la conférence des donateurs pour tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie soient inscrits dans le Programme du patrimoine culturel géorgien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.91

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.97, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prie instamment l'État partie d'entamer immédiatement les travaux de conservation préventive sur la cathédrale de Bagrati et sur l'ensemble architectural de Ghélati, et d'élaborer, en coordination avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un programme à long terme de conservation systématique des fresques et des mosaïques, conservation mise en oeuvre et assistée par des spécialistes internationaux dans le domaine ;

4. Rappelant également les discussions antérieures entre les Organisations consultatives, des experts internationaux et le Centre du patrimoine mondial, prend note de l'intention de l'État partie de mettre en place un nouveau projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati afin de lui rendre son rôle et ses fonctions religieuses originelles, et souligne que conformément au paragraphe 86 des Orientations, la reconstruction de bâtiments historiques n'est autorisée que si elle est justifiée par des circonstances exceptionnelles ;

5. Demande à recevoir l'assurance que l'État partie n'entreprendra aucuns travaux de reconstruction avant d'avoir remis une documentation complète et détaillée sur le projet, pour examen par le Comité du patrimoine mondial ;

6. Demande également à l'État partie d'établir, de ratifier et de remettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives, et ce de toute urgence, le plan de gestion de la cathédrale de Bagrati et de l'ensemble architectural de Ghélati, comprenant le document de clarification des limites et définissant avec précision ses zones tampons ;

7. Encourage l'État partie à mettre en place une campagne de sensibilisation pour tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie ;

8. Invite l'État partie à établir les documents nécessaires à l'organisation d'une conférence de donateurs internationaux, destinée à remédier aux principaux problèmes identifiés dans tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie ;

9. Demande en outre à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport d'avancement, comprenant des informations complètes et détaillées sur le nouveau projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.