1.         Vieille ville de Galle et ses fortifications (Sri Lanka) (C 451)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 3 334 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2002: mission Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; novembre 2007 : mission d’un expert de l’UNESCO ; avril / mai 2008: mission UNESCO

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Actions après le tsunami;

b) Nécessité d'un plan de gestion et de développement.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Suite aux inquiétudes exprimées par la Commission nationale du Sri Lanka quant à la construction d'un stade international de test cricket dans le périmètre de la zone tampon du bien et à un projet de développement portuaire dans la baie de Galle, deux missions ont évalué la situation et conseillé les autorités nationales. Avec l'aide du fonds-en-dépôt italien de l'UNESCO, la première mission s'est déroulée en novembre 2007, elle était dirigée par un expert en développement portuaire. La seconde mission s'est déroulée du 27 avril au 7 mai 2008, elle était dirigée par le Bureau de l'UNESCO de Delhi, et avait pour but d'évaluer l'état général de conservation de la vieille ville de Galle et de ses fortifications et l'examen des problèmes liés à la construction du terrain de cricket ainsi que des projets de développement portuaire dans la baie de Galle.

Etat général de conservation

Le bien rencontre un certain nombre de problèmes : des constructions illégales, des interventions non autorisées sur les biens et bâtiments historiques, des maisons privées et des bâtiments publics qui se délabrent, le tout lié à des problèmes de procédure dans la planification et les permis de construire, une absence de qualification professionnelle et de capacité à suivre le bien, un manque de conseil et de suivi pour les propriétaires publics et privés, ayant parfois pour conséquence de piètres normes de conservation, une absence de stratégie touristique, une absence de recherches archéologique et historique sur la base desquelles les décisions de conservation pourraient être prises, et dernier problème mais non le moindre, l'absence d'une conservation globale et d'un plan de gestion. Depuis plusieurs années, il a été envisagé de modifier les zones centrale et tampon du bien afin d'y inclure les exceptionnels vestiges archéologiques marins sis dans le port de Galle et de les protéger des menaces actuelles constituées par le développement du port. La recommandation de la mission de 2007 est d'améliorer la situation liée aux problèmes ci-dessus, d'embaucher du personnel et d'augmenter le financement de la Fondation du patrimoine de Galle (Galle Heritage Foundation).

Stade de cricket

La construction du stade international de test cricket est prévue depuis de nombreuses années, elle a connu diverses étapes et beaucoup d'objections ont été formulées. Dans l'état actuel de la construction, le stade est constitué de deux tribunes, d'un bâtiment d'observation de trois étages, d'un talus gazonné surélevé, de grillages et de portes, d'un grand écran ainsi que de fondations pour des constructions à venir. Ce stade n'a jamais été autorisé par les autorités de planification. Plusieurs bâtiments sont donc illégaux. En outre, bien que le Centre du patrimoine mondial ait fait des demandes incessantes de clarifications et de documents concernant ces constructions, et ce conformément aux Orientations, aucune documentation précise ne lui a été remise.

Le stade international de test cricket a un impact considérable sur l'intégrité physique et visuelle du bien. Les bâtiments, les grillages, les portes et l'écran obstruent les perspectives visuelles sur le Fort et la circulation accrue les jours de matches créera des encombrements dans cette partie centrale de Galle. 

L'autorité en charge de l'aménagement urbain et la Municipalité ont proposé un terrain de remplacement à la Fédération sri lankaise de cricket afin que soient construits un stade et des équipements sportifs, ce terrain est mieux placé tant en terme d'emplacement stratégique que de gestion de la circulation.

La mission a donc recommandé que le stade international de test cricket soit retiré de la zone tampon du bien du patrimoine mondial. La mission a cependant recommandé que cette procédure de déplacement se déroule en deux temps (à court et à long termes):

- A court terme (avant le 31 mars 2011) abaisser le bâtiment du milieu d'un étage, déplacer le bâtiment illégal à l'ouest du terrain ainsi que toutes les structures qui s'y rattachent (aire de frappe, bâtiments temporaires, talus, plantations, écran) et réduire l'impact des grillages.

- A long terme (au-delà du 1er avril 2011) retirer totalement toutes les structures du stade international de test cricket de "l'Esplanade", y compris les grillages, le parking, les talus et rendre à "l'Esplanade" son aspect antérieur établi sur la base des recherches archéologiques et historiques.

Port de Galle

Le développement du port de Galle en tant que port à multiples fonctions répondant aux besoins de toute la région est un important projet d'un coût de 150 millions de dollars EU, prêtés par des fonds japonais et proposé conjointement en 1991 par l'Autorité portuaire du Sri Lanka (Sri Lanka Port Authority – SLPA) et l'Agence japonaise de coopération internationale (Japanese International Cooperation Agency – JICA). L'étude de faisabilité et l'Etude d'impact environnemental (EIE) ont été achevées en novembre 2000 et réalisées respectivement par des experts japonais et par des experts ingénieurs sri lankais. La mission, qui s'est déroulée en novembre 2007, a évalué l'impact de la construction du port sur le bien, en faisant spécifiquement référence aux modifications attendues dans les typologies de houle induites par les nouveaux travaux et aux risques potentiels liés au dragage du fond marin rocheux au moyen d'explosifs. Sur ces deux aspects, la mission, tout en reconnaissant que ces travaux d'aménagement "auraient des conséquences sur les hydro, morpho et éco dynamiques", a conclu que le projet de port n'affecterait pas gravement le bien du patrimoine mondial et le patrimoine marin mitoyen, sous réserve que les recommandations de l'Evaluation d'impact environnemental soient pleinement mises en œuvre.

Le projet de développement portuaire aura cependant un fort impact sur l'intégrité visuelle et physique du bien et de la baie. Les recommandations faites par les deux missions sont de reconsidérer la faisabilité du projet global et, s'il s'avère impossible de l'abandonner complètement, d'en réduire l'envergure et de modifier la configuration et le plan du port en ce qui concerne son environnement sensible et son intégrité. Quant à la conservation de la baie et de son archéologie sous marine, les missions ont recommandé la révision des limites des zones centrale et tampon du bien.

Révision partielle ou totale du projet

A la lumière de l'aménagement d'un nouveau très grand port industriel et commercial à Hambantota, à 150 kilomètres à l'est de Galle, le port de Galle pourrait être réhabilité et modernisé pour accueillir des bateaux de croisière et de tourisme. Ainsi, l'aspect général et le cadre de la baie de Galle ne seraient pas modifiés et son principal attrait touristique en tant que port historique resterait inchangé voire amélioré. La mission de l'UNESCO a aussi appris que, parallèlement au projet de développement portuaire, l'industrialisation de la zone urbaine alentour et l'augmentation du nombre de cimenteries près du Fort de Galle étaient prévues, ce qui aura un impact sur l'environnement.

Modification du projet existant

Les modifications de la configuration et du plan du port visent à réduire l'impact physique et visuel négatif. Le port devrait être adapté à la géomorphologie de la baie et les constructions devraient être éloignées des zones sensibles et des sites historiques, tels que les épaves archéologiques sous marines, qui ont été cartographiées dans le cadre d'une étude menée par une équipe australienne en 2007. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.77

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.56, adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Note les conclusions et recommandations faites par les missions de l'UNESCO qui se sont rendues à Galle en 2007 et 2008, s'agissant des projets d'aménagement portuaire de Galle et du stade international de test cricket dans la zone tampon, et l'état général de conservation du bien ;

4. Prie instamment l'État partie de :

a) Supprimer les éléments de construction gênants et illicites à l'intérieur du stade de cricket, comme cela a été recommandé par la mission ;

b) Envisager l'abandon du projet d'aménagement portuaire en cours ou d'en réduire l'envergure dans des proportions acceptables tout en respectant la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

c) Soumettre au Centre du patrimoine mondial une révision des limites du bien et de la zone tampon ;

d) Améliorer les capacités et les procédures d'action des autorités chargées de la planification, du suivi, de la gestion et de la conservation du patrimoine urbain de Galle ;

e) Élaborer un plan global de conservation et de gestion ;

5. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport détaillé sur les progrès accomplis en ce qui concerne les recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.